masculins / Bayern Munich 1 - OL 2

Exceptionnel OL !

Publié le 05 novembre 2003 à 23:14

L'Olympique Lyonnais a réalisé une prestation absolument merveilleuse ce soir à Munich en venant à bout 2-1 du Bayern. Un but fabuleux de Juninho dès la 6e minute avait déjà lancé l'OL sur une voie royale avant que... Giovane Elber ne redonne un avantage définitif en début de seconde période après l'égalisation de Makaay. Surtout les Gones, monstres de courage, de générosité et de virtuosité ont surclassé dans le jeu le géant bavarois. Ces Lyonnais là sont magiques !



78e minute: Paul Le Guen appelle Giovane Elber, Claudio Caçapa s'apprête à remplacer l'avant-centre olympien. C'est alors que, d'un seul élan, les 60 000 spectateurs de l'Olympiastadion se levent pour réserver une exceptionnelle ovation à leur ancien goléador, leur enfant chéri. Un moment d'une rare émotion et assez incroyable. Incroyable car 25 minutes plus tôt, le Brésilien venait de crucifier Oliver Kahn et avec lui son ancien peuple.

53e minute, Giovane Elber est, en effet, servi par Florent Malouda après un ballon âprement gagné par Péguy Luyindula. La suite appartient désormais à tout jamais à la légende: Elber contrôle et, dans un angle difficile, place un tir croisé imparable ! Fabuleux ! Tout simplement fabuleux, comme le large sourire qui émarge du visage du Brésilien, venu savourer cet instant qu'il n'osait imaginer accoudé sur les panneaux publicitaires d'un stade qu'il connaît par coeur ! Un moment d'intense bonheur pour Giovane et pour tout le club champion de France. Car ce but permettait non seulement à Elber de gagner la mise de 10 000 euros pariée avec Franz Benckenbauer, mais aussi, et surtout, aux Gones de repasser en tête (2-1) dans une partie jusque là très animée.



Après 6 minutes de jeu, les hommes de Paul le Guen, qui avait reconduit intégralement, Govou mis à part, le même onze de départ que face à Nice, ouvraient en effet le score. Et pas n'importe comment. D'ailleurs il ne pouvait en être autrement puisque le buteur se nommait Juninho ! Le Brésilien trouvait ainsi la lucarne du meilleur gardien du monde sur une frappe phénoménale, magique, ahurissante même à la suite d'un coup-franc à près de... 35 mètres ! L'incroyable talent du Brésilien avait encore frappé !

Malheureusement, les Gones n'allaient pas vraiment avoir le temps de savourer cet exploit puisque, à la suite d'un bon mouvement entre Pizarro et Zé Roberto, Makaay s'en allait battre Grégory Coupet à bout portant, 8 minutes après cette somptueuse ouverture du score (14'). Qu'à cela ne tienne, les Olympiens étaient parfaitement dans le match, défendant avec une sublime volonté et, surtout, ne refusant jamais le jeu, n'hésitant pas à porter régulièrement le danger sur les buts bavarois.

Et même lorsque la pression du Bayern se faisait plus forte, notamment en fin de première mi-temps, les Gones tenaient bon, à l'image de ce sauvetage d'Essien sur une reprise de Ballack (38') ou encore de ce dégagement sur sa ligne de but de Réveillère sur une tête smatchée de Pizarro (39'). L'OL parvenait donc à préserver ce score, somme toute logique sur l'ensemble des 45 premières minutes, jusqu'à la pause.



Autant dire que la deuxième mi-temps s'annonçait passionnante, les deux équipes ne pouvant se contenter d'un nul. A commencer par le Bayern, où la crise couve depuis la défaite à Schalke samedi, et donc bien décidé à se relancer en Ligue des Champions. Oui, mais voilà, un joueur d'exception, un buteur aux pieds d'or allait passer par là, faire un petit tour, chez lui, dans son jardin. La suite, on la connaît. Ce but, fabuleux, cette sortie, grandiose, du "Fussball Got" Elber !

Le Bayern était dès lors K-O et Juninho, d'une frappe stoppée par Kahn (69'), puis Malouda, lors d'un face à face avec le portier allemand (82') se permettaient même le luxe de rater des occasions de troisième de but. Les Munichois, eux, se trouvaient dans l'incapacité de s'approcher des buts de Coupet, parfaitement gardés par Edmilson, Müller, Réveillère, Berthod, qui au passage à reussi un excellent baptême du feu en Ligue des Champions, puis Caçapa (remplaçant Elber, 78'). Et les hommes d'Otmar Hitzfield de perdre bien plus qu'un match ce soir puisque leur invincibilité du début de saison à l'Olympiastadion est tombée et leur qualification pour les 8èmes sérieusement compromise, la faute à de magnifiques Lyonnais.



Des Champions de France qui confirment ainsi leur excellente forme du moment et qui, surtout, deviennent la deuxième équipe française seulement, après le PSG d'un certain... Paul Le Guen en 1995, à s'imposer en Bavière ! Tous, c'est sûr, remplaçants de ce soir y compris, méritent pleinement un vibrant hommage. Tel que celui, prémonitoire, adressé au public allemand envers Giovane Elber à l'entrée du match: "Giovane unvergessen". Non, c'est certain, l'Olympiastadion n'oubliera pas Elber ! Ni même, sans doute, cet exceptionnel OL !







T.L.



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