masculins / OL 1 - Toulouse 1

François Clerc a du caractère

Publié le 25 mars 2006 à 19:53 par BV

4 jours…et un match. Dans 4 jours l’Olympique Lyonnais accueillera le Milan AC. Dans 4 jours seulement les hommes de Gérard Houllier y verront un peu plus clair sur leur avenir continental et leurs chances de continuer leur chemin vers le stade de France.

Si cette rencontre occupe une place de choix dans les médias, staff et joueurs lyonnais s’appliquent à prendre les matchs les uns après les autres afin de ne pas gâcher un superbe tableau de Ligue 1 et entretenir une dynamique de victoire. Si Gérard Houllier répètait à l’envi son refus d’évoquer le quart de finale de mercredi, Juninho lui faisait écho en affirmant « ayons la tête à Toulouse ». Dans ce concert de bonnes intentions, certaines voix dissonantes mettaient en exergue les inquiétudes bien naturelles qui entouraient cette opposition face à Toulouse. A l’image de Grégory Coupet qui prévoyait que « l’opposition face à Toulouse serait vraiment très difficile » bon nombre d’observateurs redoutaient un relâchement lyonnais.

Autour de François Clerc ne subsistait pourtant aucune inquiétude quant à sa motivation. Après un passage obscur et « plutôt difficile » dans la ville rose durant la saison 2004/2005, c’est fort d’un exceptionnel hiver que le Bressan accueillait ses anciens partenaires garonnais pour un moment « un peu particulier ». Dès la présentation des équipes, la succession de poignées de main ne laissait guère planer l’ombre d’un doute quant à l'intéret de "Bibi" pour ce match avancé de la 32e journée. Accolade chaleureuse et bise affectueuse à Bryan Bergougnoux donnait le ton de cette rencontre pas comme les autres.
Avant le coup d’envoi, il avait défini les contours de la tâche qui l’attendait : « l’important pour moi est de demeurer solide défensivement afin de bien tenir mon poste ». Une solidité dont pâtissait Fodé Mansaré. Malgré ses dribbles, accélérations ou appels en profondeurs, l’ancien montpelliérain ne parvenait pas à se défaire du marquage serré de son garde du corps. Multipliant les tacles et interventions propres (6e, 14e, 18e, 45e), Bibi étouffait son adversaire direct, pourtant en réussite ces derniers mois. Au sein d’une défense olympienne où Cris débutait pour la 42e fois de la saison, le Bressan respectait à la lettre ses obligations défensives.

« ...et par la suite, si on se sent bien et qu’on bénéficie d’un peu de liberté, on peut tenter d’en faire un peu plus » avait-il renchéri, se laissant ainsi la possibilité de démontrer une nouvelle fois ses formidables aptitudes offensives. Il n’aura attendu que 4 minutes avant de s’engouffrer dans son couloir droit délaissé un instant par Fodé Mansaré. Happé par les grands espaces du coté droit, il renouvelait son aventure offensive mais ses centres pour Sylvain Wiltord étaient trop longs puis contrés (7e et 13e). Carew perdait un duel de la tête face à Dominique Arribagé et privait le numéro 2 olympien d’une passe décisive après un nouveau centre tendu (27e).
Sur un service de Nino, Bibi était même tout près d’inscrire le premier but de sa carrière en L1 mais sa frappe passait au dessus des buts de Douchez (21e).
Preuve de sa formidable activité, il terminait la première demi-heure en tête des classements des ballons joués (32) et des passes en profondeur (7).
Advint la cruelle 44e minute ! Un instant d’inattention, quelques centimètres laissés à Daniel Moreira venaient quelque peu ternir une remarquable prestation à mi-parcours. Alors qu’il s’apprêtait à regagner les vestiaires avec le meilleur total de passes réussies (37) et de ballons joués (49), il voyait l’ancien Lensois filer dans son dos après un centre parfait de son ami Bryan Bergougnoux (44e). Seul et la tête basse, éternel perfectionniste, il s'engouffrait déçu dans les entrailles de Gerland.

C'est dans l'adversité qu'on voit le mieux ce que chacun a de vertus. De qualités et courage, François Clerc n’est pas dépourvu. Les premiers instants de la seconde période abondaient dans ce sens. Le latéral droit olympien débutait sa seconde mi-temps pied au plancher. Après une première incursion infructueuse (46e), son centre en retrait était repris victorieusement en trois temps par John Carew (49e). Le point serré, à l’écart de ses coéquipiers partis à la poursuite du grand norvégien, il pouvait laisser éclater sa joie, fier et heureux de sa réaction.
Désireux de ne pas reproduire son oubli de la 44e minute et fidèle à sa mission défensive, il s’appliquait à réduire Mansaré à la portion congrue grâce à des interventions pleines d’autorité puis passait la dernière demi-heure bien seul dans un espace totalement abandonné par le Toulousain. Malgré ses montées autoritaires, ni son centre pour Fred (75e), ni ses deux touches profondes pour Florent Malouda (72e et 76e) ne permettaient à ses partenaires de donner à l’OL l’avantage tant espéré. Pas plus de réussite après un somptueux une-deux avec Juninho suite auquel Fred trébuchait dans la surface (81e).

« Ce sera à n'en pas douter un plaisir de jouer contre mes amis » avait-il annoncé. Pour confirmer cette prophétie, il terminait la rencontre en seconde position du classement des joueurs ayant touché le plus de ballons (93 derrière Juninho avec 95), largement en tête des meilleurs passeurs (75 alors que Diarra en affichait 63) et joueur ayant le plus centré (3).
Déçu de son instant d’inattention mais fier de sa réaction et de son match, il pouvait rejoindre le vestiaire satisfait de sa performance après avoir embrassé son pote Bry. Dans le long chemin qui le mène aux plus hauts sommets, sa réaction d’orgueil et de talent vaut bien plus qu’un point.

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