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Gambardella: Une superbe journée dans le Nord

Publié le 02 mai 2005 à 11:51 par R.B

[IMG5461L]Une journée sous le soleil du Nord... et une qualification aux tirs au but. Des heures inoubliables, enrichissantes avec la découverte du somptueux centre de la Gaillette. Il ya eu ces 2 matchs du dernier carré avec les qualifications de Toulouse et de l'OL. Il y eut cette générosité des Gones pour ne pas sombrer au plus fort de la domination héraultaise. Il y eut le bonheur au final... et la perspective d'aller au Stade de France le 4 juin pour soulever la quatrième coupe Gambardella de l'histoire du club olympien...

En dehors des 2 matchs du dernier carré, la vedette de ce dimanche 1er mai a été la Gaillette, le centre d'entraînement du RC Lens situé à Avion. Sur 15 hectares, les installations sont tout simplement somptueuses : 5 terrains au nom évocateur (San Siro, Wembley, Maracana…); 2 plaines des jeux soit 6 terrains potentiels; le tout doté de véritables moquettes et protégés de la visite des lapins par une bordure en bois; un terrain couvert; une fosse; 120 chambres; des bureaux; des salles de réunion; un amphi; un restaurant; un parcours sportif… « C'est un exceptionnel outil de travail. Tout est au même endroit. Il y a 10 personnes à plein temps pour le centre de Formation et cela commence dès les moins de 12 ans. C'est fonctionnel, calme… c'est remarquable… ». Alain Olio est sous le charme chaque fois qu'il vient dans ce centre. Patrick Paillot, Gérard Drevet, qui le découvraient, aussi. Les coéquipiers d'Eric Carrière viennent y faire leur mise au vert… chaque joueur a son parking personnalisé devant l'entrée des vestiaires… et pas question pour le quidam d'entrer si la grille ne s'ouvre pas !



Alain Olio, ici sur le syntétique du stade couvert, sous le charme donc qui vient de boucler avec son équipe le recrutement pour la saison prochaine et qui a finalisé aussi la liste des jeunes que l'OL gardera ou pas. «Je t'assure, c'est toujours un moment très délicat. J'apprécie d'avoir à mes côtés Paul Le Guen quand nous recevons les jeunes pour leur expliquer nos choix. Pour le futur, pour que nous progressions dans notre travail, je suis persuadé que tout part au niveau du recrutement des 12 et 13 ans. Après, c'est souvent trop tard… ». Alain est un passionné, un compétiteur ; il avoue qu'il a eu que du mal à se passer de compétitions après l'arrêt de sa carrière. Et le dernier marathon de Lyon, son premier, a été pour lui une découverte inoubliable : « je n'avais jamais souffert comme cela dans le football… ».



Avant les 90 minutes contre Montpellier, Alain a rencontré Sylvie Poirier, l'entraîneur de l'équipe féminine d'Hénin-Beaumont, dans la même poule que les lyonnaises. Une discussion enrichissante entre les 2 éducateurs. Alain confiant qu'il avait été surpris par la qualité du jeu proposé par l'équipe féminine de l'OL. Quant à la Nordiste, elle rêve d'intégrer la structure de RC Lens comme les équipes de Farid Benstiti.



C'est le moment de la reconnaissance du terrain. Il est 12h ; le soleil tape fort sur la pelouse du stade François Blin d'Avion situé à 50 mètres des installations de la Gaillette. Rémy Riou est parti en solitaire vérifier les dimensions des cages. Le reste de la troupe devise tranquillement en prenant quelques repères. Tout est calme… Que se passe-t-il dans la tête de ces gamins dont certains ont déjà connu des ambiances de feu ? A 13h, il sera temps de prendre des forces à table: au menu, crudités, poisson grillé, pâte ou riz, tarte, fruit… «Les gars ne dormez pas après le déjeuner ; rendez-vous à 15h 45 pour la causerie… ». Patrick Paillot donne ses recommandations. A table, cela plaisante gentiment.



Le Nord, ce n'est pas la porte à côté. Il y avait cependant des maillots et des drapeaux lyonnais dans l'enceinte artoise. Ce sont des Hexagones. Il y avait aussi les membres des familles de plusieurs joueurs dont par exemple le papa de Karim Benzema. Ils se sont faits entendre encourageant dans les moments de domination comme dans ceux plus délicats. Le président Jean-Michel Aulas était présent avec Bernard Lacombe, Robert Béroud, Jacky Guieu. Il y avait même Dominique Cuperly dans le camp des Lyonnais. Le président lensois Gervais Martel était venu en voisin.



Au terme de la séance des tirs au but, les Toulousains ont été les premiers à obtenir leur billet pour le stade de France. Après la tension, les espoirs et les craintes -ils avaient manqué un pénalty en seconde période-... c'est la délivrance, la joie intense. Une charnière centrale solide ; un numéro six travailleur ; un Constant rapide et puissant ; Dupuis, un avant centre excellent en point d'appui (c'est le grand gaillard allongé au premier plan)… ce groupe ne sera pas facile à bouger le 4 juin au Stade de France.



Anthony Mounier. Pas question de privilégier la performance d'un lyonnais par rapport à un autre. Riou a fait la différence dans la séance des tirs au but… la charnière Paillot-Brugnaud a démontré une fois de plus sa solidité et sa complémentarité… Benhamida est un beau joueur… Sur un geste, une action, Ben Arfa, Benzema ont eu les occasions de faire la différence… Cuenca a apporté, en entrant en jeu sur la fin, son dynamisme… mais « Moune » a montré pendant les 90 minutes son activité incroyable, son culot permanent, son pied gauche de feu. Ce gamin n'a pas de rate. Il a été un danger permanent pour les Héraultais et il a livré un duel « de géant » au latéral Chakouri qui a déjà joué en Ligue 2. A la 71ème minute de jeu, en autre, il a enrhumé le côté gauche montpéllierain de ses remarquables arabesques techniques exécutés toutes en vitesse. Enfin, il a inscrit le 4ème tir au but de sa formation d'une frappe généreuse (notre photo... au moment où il va vers le point de pénalty). Bravo Anthony.



C'est le moment où il faut récupérer, évacuer et se préparer. L'arbitre a sifflé la fin de la rencontre sur ce score de 1 à 1. Pour aller au Stade de France, il faut réussir sa séance de tirs au but. Les Gones ont battu Marseille dans cet exercice en 1/8èmes de finale. Montpellier s'est toujours qualifié avant cette « torture ». Il y a des joueurs à désigner… l'ordre à déterminer… le gardien Riou est déjà ailleurs. Il sait qu'il doit compter sur ses partenaires pour passer, mais que lui, il peut filer un sacré coup de main à ses potes. Contre l'OM, il a joué son rôle à la perfection. Dans les tribunes, on se dit qu'il serait dommage de se faire sortir après avoir tout donner… Le président Jean-Michel Aulas n'est pas rassuré en repensant aux avatars récents des pros dans cet exercice. Dans quelques instants, les Lyonnais vont se lever pour débuter la séance… dans quelques minutes, ils seront fixés... ces mômes généreux.



Le bonheur… l'explosion… Riou a sorti le tir au but de Prosda… l'OL est au Stade de France contre Toulouse. 6 finales Gambardella pour l'OL… 1er pour ce groupe habitué aux succès depuis sa plus tendre enfance et qui a toujours autant faim de victoires, de trophées. Le sport en tant que spectateurs, supporters, journalistes génère de l'émotion. En tant que pratiquant, c'est pareil, mais avec plus d'intensité. Quelques instants après les embrassades, Riou avouera qu'il a du mal à réaliser… mais il sait cependant que le 4 juin il sera au Stade de France, en lever de rideau de la finale de la Coupe de France. Il y aura 80 000 personnes et ce trophée à remporter… C'est dans un mois…



Patrick Paillot est heureux ; son équipe aussi… Gérard Drevet, Alain Servais, Michel Dumont et Frédéric Rolland. Ils ont souffert comme leurs joueurs. "on est passé par toutes les couleurs..." reconnaissait ce lundi matin ce bon Gérard. A cet instant les difficultés pour se qualifier sont oubliées. Ils voulaient aller à Paris ; ils y seront. « Je crois que notre jeunesse nous a pénalisés en seconde période, mais les gamins n'ont rien lâché ; ils ont tout donné. Je suis content pour eux … maintenant, il faut aller au bout ». Vers minuit, on croise de nouveau Patrick à la Gare de la Part Dieu. Le voyage retour est presque terminé. «Nous avons oublié les licences à Avion ; nous étions pressés par le temps pour prendre notre TGV. Heureux ? Forcément, même si la qualité de notre jeu en seconde période me laisse sur ma faim… ».



R.B