masculins / OL 2 - OM 1

Gérard Houllier l'avait-il prévu ?

Publié le 12 janvier 2006 à 15:00 par R.B

Mardi lors de sa conférence de presse d’avant match, Gérard Houllier avait montré un visage déterminé et tenu des propos d’un homme qui souhaite que son équipe se fasse respecter dans « sa maison », laissant de côté les déclarations adverses.

Nous avions senti qu’il devinait qu’il faudrait gagner le combat marseillais en faisant preuve de solidarité, d’abnégation, de solidité au-delà de la somme des talents représentée dans son groupe. Solidarité, solidité, abnégation et envie inexorable de prendre cet indispensable ascendant physique dans les débats.

Au fil des minutes, notamment à partir du début de la seconde période, les Lyonnais se sont imposés en puissance en détruisant la résistance phocéenne. Des Phocéens, très bien organisés en première période au point de semer le doute dans l'esprit des supporters, qui ont ensuite abandonné l’idée de jouer, sans oublier de montrer qu’ils étaient, comme le prévoyait Gérard Houllier, d’impavides combattants… souvent exaspérants à l’image de certains d’entre eux. Ils concéderont au total la bagatelle de 28 coups francs. Bonnissel, Ferreira, César, Dehu ont donc lâché le morceau d’une façon ou d’une autre. Comment passer sous silence l’entrée en jeu (60ème minute) de Fred. Le buteur a enfilé sa tunique de guerrier dynamisant ainsi un peu plus, par son exemple, les ambitions locales de victoire. 30 minutes à mordre les mollets, souvent avec virulence, du Marseillais qui aurait le malheur de se trouver dans sa zone. Fred a eu un rôle prépondérant dans ce 15ème succès du quadruple champion de France. Le Slovène César n’a pas apprécié ! Et puis, à un moment donné Cris et Diarra ont fait comprendre qu’ils étaient eux aussi capables de sortir les coudes et les crampons…

Il y a eu beaucoup d’engagement physique dans ce match, le plus engagé de la saison à Gerland à ce jour ; du suspens et énormément de bonheur dans le comportement du groupe lyonnais après les buts de Tiago et de Govou. De la pure folie à consommer sans modération. Une folie qui avait gagné tout le stade y compris la tribune de presse. Ces moments là sont d’une rare beauté ! Comme le but de « Sid » qui a l’art de planter des merveilles et des buts qui rapportent gros. A Toulouse et contre Olympiakos, cela fait 3 points avant ceux liés à la venue de l’OM. A Nice, il égalise. A Nantes, en Coupe de la Ligue, il envoie l’OL en prolongations… Son bijou face à Lille étant le seul à n’avoir eu aucun effet. Sidney qui pousse César à la faute avant le centre de Wiltord pour l’égalisation de Tiago.

Clerc mérite aussi une citation à l’ordre du mérite. Ribéry est d’abord passé inaperçu et le Bressan a multiplié avec bonheur son activité offensive. Un 9ème match de L1, son second avec l’OL, solide comme celui qu’il avait réalisé à Rennes. Bravo gamin.

Un match d’hommes comme on dit pudiquement dans le jargon sportif ; une rencontre qui avait par instant « le côté sauvage » de quelques actions ovales. Pour en revenir à la veille de ce choc, nous constatons que Gérard Houllier a l’art d’annoncer souvent ce qui va se passer en plus de réussir dans quasiment toutes ses entreprises depuis qu’il est arrivé au club. Il donne aussi l’impression d’avoir cet extraordinaire pouvoir de convaincre grâce à son sens de la communication et son expérience. Oui, Gérard Houllier l’avait prévu. Bravo.
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