masculins / OL 0 - Milan AC 0

Gerland à la hauteur de l'événement

Publié le 29 mars 2006 à 22:49 par BV

Si l’OL avait besoin d’un test, force est de constater que cette rencontre aura quelques peu mis en lumière ses atouts sans hypothéquer son avenir.

Pour atteindre les sommets qu’elle s’est fixée, cette équipe devra bénéficier d’un peu plus de réussite et cultiver les qualités entrevues durant ce quart de finale. Elle sait en tout cas qu’elle pourra constamment compter sur le soutien sans faille d’un public depuis longtemps conscient du rôle majeur qu’il sera continuellement amené à jouer comme le confirmait le président Jean-Michel Aulas en affirmant : « Nos supporters font le match ».

Premier à humer le parfum de cette soirée unique, Gerg Coupet sortait des vestiaires à 20h. Juste le temps pour un virage sud déjà plein de faire retentir les « Coupet, Coupet, Coupet... ». Le portier international leur répondait en se tapant le cœur tandis que Dida faisait son apparition et recevait les foudres de Gerland. A peine plus de 10 minutes plus tard, les « Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais » accueillaient les Lyonnais. Entre encouragements et véritables instants de fusion entre un public et son équipe, les noms rhodaniens repris par les deux virages venaient rythmer un échauffement au terme duquel les Olympiens se rassemblaient au centre et devançaient les Milanais dans la course aux vestiaires, laissant les coéquipiers de Pirlo, seuls sur la pelouse, essuyer une bronca nourrie.
A 20h30, le speaker de Gerland égrenait un à un les noms des Rossoneri. A tous les sceptiques qui craignaient que Gerland ne se laisse envahir par une retenue empreinte de gêne et de respect, les spectateurs répondaient par une pluie de sifflets sans précédent. Pas impressionné par les 42 buts en Champions League d’Andrei Chevtchenko ou le palmarès du club lombard, le 12e homme lyonnais donnait le ton d’une soirée tant attendue.
Dans un Gerland sifflant comme rarement Kaka et Chevtchenko donnaient quant à eux le coup d'envoi de 20 premières minutes frustrantes pour une arène habituellement si prompte à s’embraser. Et, tandis que Dida effectuait des étirements aux abords de sa surface, les occasions milanaises se multipliaient sous les chants ininterrompus d'un Gerland, si souvent acteur et spectateur privilégié des récitals des siens.

Durant ces 20 premières minutes, tout l’apport d’un public exemplaire ne suffisait pourtant pas à enrayer l’implacable machine milanaise. Par devoir et par foi, les 39313 spectateurs ne relâchaient pas leurs efforts mais souffraient devant la douloureuse image de leur équipe pliant sous les assauts répètés des Rossoneri.
Imperméable aux ambiances hostiles, Pirlo éclaboussait le début de rencontre de toute la classe tandis que Chevtchenko faisait briller Coupet. Soudain le leitmotiv de Gérard Houllier « surtout ne pas prendre de but » prenait toute son importance et sa prégnance. A 4 reprises (8e, 13e, 43e et 45e), le portier international rassurait les siens en multipliant les arrêts de grande classe et permettait aux locaux de revenir aux vestiaires sur un score nul et vierge.

Sitôt la seconde période entamée, chacun croyait entrevoir dans les premiers allants offensifs des Olympiens les retombées d’un soutien constant. « Champions de France allez » scandait un virage nord imperturbable et inarrêtable avant d’en appeler à Govou et Fred patiemment installés sur le banc. Dès la 62e minute, Gérard Houllier exauçait ses vœux en remplaçant Carew par le Brésilien sous une formidable ovation. Les frappes de Tiago (64e et 82e) et Fred (70e) embrasaient un public plus que jamais chantant mais qui n’hésitait pas à copieusement siffler Seddorf lorsque le Hollandais allait tirer ses corners ou à "encourager" Nesta dans un italien chatié.
L'ombre de Juninho planait sur Gerland lors de chaque coup de pied arrêté accueilli par tout un stade avec un coutumier rugissement de plaisir. Mais Pedretti ne parvenait pas à accrocher le cadre ou trouvait sur sa route un exceptionnel Dida.
[IMG40392#R]Deux ovations touchantes et respectueuses ponctuaient cette seconde mi-temps et confirmaient, s'il en était besoin, la qualité du public de Gerland. Maldini recevait des applaudissements chaleureux pour son entrée en jeu (62e). Même récompense pour un Benoît Pedretti à la courbe de progression ascendante (68e).
Est-ce l’effet direct de ce soutien continu ? Les Lyonnais prenaient définitivement le jeu à leur compte mais ni les « Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais », ni les « Allez l’OL, allez » ne leur permettaient de débloquer un tableau d’affichage désespérément vierge. Chacun offrait les derniers encouragements habituels des arrêts de jeu lorsque Monsieur Plautz provoqua l’effroi de tout un stade en donnant à Tiago un carton jaune synonyme de suspension pour le match retour.

C’est avec une pointe de regrets mais dans une ovation empreinte de soulagement que Gerland accueillait les 3 coups de sifflets de l’arbitre. Si ce soir, l’OL n’a pas réussi à faire sauter le verrou Milanais, il a probablement sauvegardé l’essentiel en n’hypothéquant pas ses chances de qualification avant le match retour. Gerland espère désormais bien vite revoir ses protégés tout de noir vêtus.

Retrouvez le résumé de la rencontre en vidéo sur OLWEB Premium.
Sur le même thème