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Gilles Rousset: "La Coupe... c'est fantastique"

Publié le 04 janvier 2005 à 12:01 par R.B

[IMG4252L]La Coupe, c'est magique... la gagner laisse un souvenir impérissable. <b>Gilles Rousset</b>, ancien gardien de but lyonnais, aujourd'hui entraîneur des gardiens du Centre de Formation de l'OL a eu la chance de remporter celle d'Ecosse avec les Hearts et la tristesse de perdre en finale celle française en 88 avec Sochaux contre Metz. Le "Grand" n'a rien oublié...

« La Coupe… c'est fantastique. A chaque tour, tu restes en vie ou tu meurs ». Gilles Rousset est intarissable sur ce sujet qui lui tient vraiment à cœur. L'ancien gardien de but international, lyonnais de 90 à 93, aujourd'hui entraîneur des gardiens du Centre de Formation de l'OL, a disputé 4 finales de Coupe dans sa longue carrière. Une en France avec Sochaux en 1988 et 3 en Ecosse avec les Hearts d'Edinburgh (2 coupes d'Ecosse et une coupe de la Ligue). « Ce sont des moments magiques, uniques. Je me souviens de notre victoire en 1998 avec les Hearts contre les Rangers 2 à 1. Pour nous, la Coupe était le seul moyen de gagner un titre. En championnat, on ne pouvait rivaliser avec les Rangers et le Celtic. Alors chaque fois, on la disputait pour la gagner, même si cette idée fait son chemin au fil des tours. En Coupe, il faut que tu aies de la chance au niveau tirage. En 98, on avait reçu chez nous à chaque tour jusqu'à la finale et en plus on vait rencontré des équipes inférieures hiérarchiquement. Et cette finale ! On marque dès la première minute de jeu ; puis on ajoute un deuxième but. A 10 minutes de la fin, les Rangers marquent à leur tour. Inutile de te faire un dessein sur la fin de la rencontre ! Notre surface de réparation s'est transformée en Fort Alamo. Et on a tenu… heureusement. Si les Rangers avaient égalisé, on était cuit. Après, tu ne réalises pas complètement ce qui t'arrive. Tu es ailleurs. Nous étions restés ¾ d'heure sur la pelouse après le coup de sifflet final de l'arbitre. Dans les vestiaires, c'était champagne et euphorie. Moi, j'avais contrôle antidopage, je n'arrivais pas... alors j'en ai bu "des bulles". Le lendemain, il y avait 300 000 personnes dans les rues d'Edinburgh. Nous avions gagné le premier trophée de l'histoire de club… ».



Ce jour là, le grand Gilles avait été élu Homme du match. «J'ai reçu un magnum de champagne que j'ouvrirais le jour du mariage de ma fille et je garderais la bouteille vide avec cette étiquette qui mentionne ce jour si particulier ». Et comme il n'y a pas de mal à se faire du bien, l'ancien sochalien se passe de temps en temps la cassette de la rencontre. «J'ai l'impression que je n'en ai pas assez profité sur le moment. Mais quel bonheur. D'en reparler me file la chair de poule… ».



4 finales, un seul succès lors de sa dernière participation. Ouf ! Parle-nous de celle perdue avec Sochaux en 1988 contre Metz (1 à 1 et 4 tirs au but à 5). «Même aujourd'hui, c'est douloureux. Tu ne peux pas savoir à quel point. J'y repense souvent. J'en parle encore avec mes coéquipiers de l'époque (Sauzée, Paille, Silvestre, Thomas, Colin, Croci, Hadzibegic, Henry, Bazdarevic, Morin, Madar). Je n'ai pas envie de regarder les images. A quoi bon… Quand tu vois tes adversaires brandir le Trophée, tu te dis que tu aurais préféré une élimination en demi-finale. Une finale, il faut la gagner… Le soir, on s'était retrouvé au même endroit que les Messins. Les Lorrains nous ont convié à faire une photo avec eux en prenant en main la Coupe de France. Moi, je n'ai pas voulu. Elle n'était pas à moi ; je ne l'avais pas gagnée. C'est le plus gros regret de ma vie de footballeur comme ce succès avec les Hearts est le plus grand bonheur de ma carrière. Un titre de champion de France c'est super beau ; c'est la récompense d'une régularité. Mais remporter une Coupe, j'ai envie de dire que c'est plus fort. Il n'y a rien de plus beau…. Chaque match est une lutte pour rester en vie. Tiens, j'imagine ce qu'on du ressentir les joueurs lyonnais lorsqu'ils ont gagné leur premier titre de Champions de France contre Lens. Ils ont gagné aussi une véritable finale de Coupe. Cela te transporte littéralement… ».

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