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Grégory Coupet : « Beaucoup de plaisir »

Publié le 12 mars 2010 à 14:02 par BV

Grégory Coupet connait bien le derby pour l’avoir disputé sous les maillots stéphanois et lyonnais. A l’occasion du 99e match entre l’OL et l’ASSE, il se souvient.

Vous avez repris l’entraînement il y a quelques jours. Comment se passe votre retour ?
Superbement bien. Je me contente pour l’instant d’entraînements individuels, je ne participe pas encore aux séances collectives. Les sensations ne sont pas mauvaises. Il me faut maintenant gagner en puissance et en réactivité de la cheville. Concernant mon retour à la compétition, je me suis fixé une date butoir : le 17 avril, contre Saint-Etienne à Geoffroy-Guichard. Ne pas être sur la pelouse de Gerland le 31 janvier dernier était une déception parce que ce n’est que du plaisir de jouer à Lyon. Jouer contre Lyon, en revanche, ce n’est pas un plaisir. (Rires.) Mais même dans les tribunes j’ai ressenti beaucoup d’émotions, c’était génial, très convivial.


"Je n'ai pas du tout

hésité au moment de

signer à l'OL"

Allez-vous suivre le derby entre l’OL et l’ASSE ?
Bien sûr. C’est un match qui m’intéresse. Pour moi, le derby, c’est avant tout beaucoup de plaisir, ce n’est pas de la haine. Ce sont deux clubs que j’aime beaucoup, que je porte dans mon cœur. Aujourd’hui, je suis lyonnais : j’ai une très grosse partie du cœur rouge et bleue, mais j’ai encore un petit bout de vert car c’est mon club formateur, cela ne s’oublie pas. J’ai beaucoup de chance d’avoir été formé à Saint-Etienne car cela t’apprend tout de suite à gérer la pression populaire. Tu apprends le métier différemment, surtout quand tu es gardien de but.

Imaginiez-vous lorsque vous êtes arrivé à l’OL que le public vous apprécierait autant ?

Pas à ce point-là, mais je savais que je lui donnerais tout. Je ne triche pas. Mon éducation m’a appris que le travail paie toujours. Malgré la rivalité entre les deux clubs, je n’ai pas du tout hésité au moment de signer à l’OL. Tout d’abord parce que, au regard de mes ambitions sportives, rejoindre l’OL constituait une progression. Je n’étais d’autre part pas du tout un adepte de cette rivalité : je ne suis pas un fan de la violence dans le sport, je fais du sport pour gagner des matches, mais pas pour revendiquer quoi que ce soit. Je ne retourne jamais à Saint-Etienne en bombant le torse et en disant : « je suis lyonnais et je n’ai jamais perdu un derby. »

Comment expliquez-vous cet amour que le public lyonnais vous a toujours porté ?
On a écrit tellement de grandes pages de l’histoire du club, avec tellement de grands joueurs, que j’ai été assimilé à ce noyau dur qui a gagné. Mais je n’ai rien fait tout seul, j’ai été bien entouré par le staff technique comme par les joueurs. De plus, des grands bonshommes, il y en a eu plein, et notamment avant nous avec « Flo » Maurice, Giuly, Devaux, Laville. Ce sont des joueurs qui ont porté ce maillot avec d’autant plus de fierté qu’ils étaient lyonnais. Ils ont inculqué beaucoup de choses à ceux qui les ont suivis. Encore avant, il y avait eu Bernard (Lacombe), Marcel Aubour. On a donc eu la chance d’appartenir une génération dorée mais on n’a pas davantage aimé le club que ceux-là. L’histoire d’un club est un élément très important. L’identité de celui-ci existait avant nous et existera après. On a simplement apporté une pierre à l’édifice de l’Olympique Lyonnais.

coupet

Pensez-vous que le derby soit plus important à Saint-Etienne qu’à Lyon ?
En termes de rivalité, oui. Dans les deux camps, c’est un match entouré d’une atmosphère spéciale, qu’il est important de gagner, mais il est évident que, depuis quelque temps, l’excitation extra sportive qui accompagne cette rencontre est plus forte du coté stéphanois. Pour l’OL, c’est surtout un match à gagner pour aller le plus haut possible. A Lyon, on ne s’arrête plus à la rivalité régionale. L’enjeu, c’est la suprématie nationale, c’est d’être champion. Le derby est d’ailleurs plus chaud à Geoffroy-Guichard qu’à Gerland parce que les tribunes sont plus proches de la pelouse, agissant comme une caisse de résonnance.

L’ASSE n’a plus gagné un derby depuis plus de 1994. L’OL a-t-il aujourd’hui un gros avantage psychologique ?
Oui. C’est inévitable. L’OL est en plus allé gagner à Saint-Etienne lors du match aller. On a l’impression que l’OL est insensible à cette pression extérieure inhérente au derby. Cela s’explique justement par le fait que, pour les Lyonnais, ce match est une rencontre comme les autres dont l’enjeu réside dans les trois points mis en jeu.

Quel est votre meilleur souvenir de derby ?

J’ai adoré la joie et la rage de Sidney Govou (2004 – 2005) et de « Tof » Delmotte (2000 – 2001). C’était top ! D’une part parce que ces buts ont été inscrits dans les dernières minutes, d’autre part parce que c’étaient des personnes hyper attachantes. Govou, comme « Juni », Cris, ou Karim (Benzema) sont des joueurs de derby. Cris, c’est un étendard, un exemple. Le fait qu’il ait été critiqué cette saison m’a énormément touché. Les gens oublient vite ! Ca demeure un mec très important pour le groupe et un sacré athlète.


"Un coéquipier ?

Mon "Flo" Laville.

C'est un mec

important pour moi"

Vous êtes le seul joueur lyonnais à avoir gagné tous les trophées remportés sous la présidence de Jean-Michel Aulas. Si vous ne deviez en retenir qu’un, lequel choisiriez-vous ?
Le premier titre de champion de France (2002). Même si j’avoue avoir été très attaché à la Coupe de France, car j’avais depuis très longtemps envie de la gagner et en raison du scénario, c’était mon dernier match avec l’OL. Mais le premier titre a enclenché tellement de belles choses, était la récompense de tellement de travail. Tout le monde oublie que l’on avait gagné la Coupe Intertoto quelques années plus tôt (1997), au terme d’une campagne fabuleuse. Avant le titre de 2002, on avait terminé troisième et deuxième, on entendait dire que l’OL était le Poulidor du football français, que l’on ne gagnerait jamais. Le titre de 2002 fut le résultat de toutes ces années de travail.

Et si vous deviez retenir un coéquipier…
Pfff… C’est trop dur ! Mon « Flo » Laville. C’est un mec important pour moi. Tant sportivement qu’humainement. C’était top de jouer avec lui. Quand tu es gardien, tu es rassuré avec un mec comme ça devant toi, c’est une sentinelle. Humainement, je n’en parle même pas.

Extrait de La Tribune OL / ASSE à télécharger en intégralité ici

 

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