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Histoire : Fernando Marçal, petit dernier d’une longue lignée de Brésiliens à l’OL

Publié le 26 juin 2017 à 10:00 par YM

Arrivé la semaine passée en provenance du SL Benfica, Fernando Marçal est devenu le 16e brésilien de l’histoire de l’OL. Retour sur ce lien très fort qui uni Lyon aux Auriverde.

Si l’OL est de nos jours l’un des clubs les plus réputés du Vieux Continent, il le doit en grande partie à ses performances réalisées lors de la première décennie du XXIe siècle. Le club rhodanien s’est construit un palmarès impressionnant à l’aube des années 2000, remportant pas moins de sept championnats de France consécutifs ainsi que plusieurs coupes nationales. Une ascension fulgurante puis une domination sans partage appuyée par de bons parcours en Coupe d’Europe et de solides prestations qui ont fait de l’OL l’une des équipes les plus attrayantes et les plus fortes sur la scène continentale. Une équipe qui a vu sa réputation grandir et s’étendre au-delà des frontières. Les succès de l’écurie olympienne ont eu un écho particulièrement fort de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil plus précisément. Un pays qui partage un lien unique avec l’OL, qui disposait d’une importante filière brésilienne au cours de son âge d’or. Rafael, arrivé l’an passé, et Fernando Marçal, débarqué cet été dans la capitale des Gaules, sont les successeurs d’une multitude de joueurs auriverde qui ont porté les couleurs du club. Portrait de ces Brésiliens qui ont marqué à jamais l’histoire de l’OL.

1 - Constantino Pires, le précurseur

C’est en 1956 que l’OL accueille le premier brésilien de son histoire. Constantino Pires, natif de Rio de Janeiro, débarque entre Rhône et Saône à l’âge de 27 ans. Arrivé en France en 1951 en provenance de Fluminense, il évolue à Nîmes puis à Marseille avant de rejoindre Lyon. À l'époque, le joueur quitte sa terre natale alors qu’il est aux portes de la Seleçcao, sous les conseils des dirigeants du club carioca. Son arrivée en fait l’un des premiers auriverde à laisser éclabousser son talent sur les pelouses de l’Hexagone. « C’était un joueur très élégant sur le terrain, un très bon technicien - explique Aimé Mignot, illustre défenseur de l’OL et ancien coéquipier de Constantino - Il était aussi élégant dans la vie de tous les jours. Un gars très gentil, très affable. » Surnommé affectueusement Tino ou Le Seigneur par ses partenaires et ses supporters, il va passer trois saisons dans la capitale des Gaules avant de partir à la découverte du sud du pays, à Nîmes puis à Marseille. En y laissant l’image d’un homme et d’un joueur irréprochable et agréable à voir évoluer, dans le plus pur style des footballeurs brésiliens. Le premier d’une longue liste sous les couleurs de Lyon…
constantino OL

2 - Marcelo Kiremitdjian, le premier international auriverde

Ce défenseur central né à Sao Paulo évolue avec les Corinthians au moment où il rallie Lyon. Débusqué par Bernard Lacombe en 1993, le joueur arrive à l’OL avec l’étiquette d’international brésilien du haut de ses 4 sélections avec la Seleçcao. En 4 saisons à évoluer sous les couleurs du club, il va subir une défaite en Coupe de la Ligue en 1996 avant de finir sa carrière en 2003, dans son pays natal. Sa retraite annoncée, Marcelo retourne auprès de Lacombe et deviendra l’oeil de ce dernier au Brésil. Un poste de recruteur, de dénicheur de talents qui contribuera grandement à assurer la prospérité de l’OL lors des décennies à venir.
Marcelo

3 - Sonny Anderson, la pierre angulaire

Sonny Anderson. Un nom scandé tellement de fois qu’il résonne encore les travées du stade de Gerland. Son arrivée à Lyon, 18 juin 1999, va faire basculer l’OL dans une autre dimension à l’approche du nouveau siècle. Anderson, c’est un transfert de 120M de francs, soit environ 20M€, un record à l’époque. C’est surtout le signe des nouvelles ambitions du club olympien. L’OL rêve de grandeur et son numéro 9 brésilien va l’amener au sommet. Dans le sillage de ses nombreuses réalisations, l’OL va s’imposer peu à peu comme la nouvelle puissance du football français.
Une Coupe de la Ligue, trois titres de champion de France et des premiers pas en Ligue des Champions. Lyon grandi parce que Sonny, son capitaine, le guide. Lui qui a écumé le continent européen (Servette Genève, Olympique de Marseille, AS Monaco et FC Barcelone), après avoir fait ses dents au Vasco de Gama et à Guarani, avant de venir se poser entre Rhône et Saône, va marquer de son empreinte l’histoire de l’écurie rhodanienne en la faisant basculer dans une autre dimension. L’international auriverde plante 94 buts sous la tunique rouge et bleue et régale le public lyonnais en déployant tous les artifices qui composent sa large palette : vitesse supersonique, puissance détonnante, dribbles dévastateurs et précision chirurgicale, de près, de loin, en force avec finesse… sans oublier ces petits pas de samba qui en clôture du spectacle.
« L’OL c’est mon club, celui qui va rester dans mon coeur », déclarait le goleador peu de temps après son départ, intervenu le 24 mai 2003. Et lui restera dans la légende de L’OL. Un club qui doit énormément à Sonny Anderson, le premier membre d’une longue lignée de Brésiliens qui feront eux aussi chavirer tout un peuple de bonheur.
Sonny Anderson 2

4 - Edmilson, la classe à l’état pur

Si le nom d’Anderson est encore audible du côté de Gerland, celui d’Edmilson provoque encore des frissons dans la nuque des supporters rhodaniens. De peur car le défenseur central, si doué techniquement et tellement sûr de sa force, prenait parfois des risques inconsidérés à seulement quelques mètres de sa cage. Mais de bonheur surtout, car voir Edmilson balle aux pieds, car il était aussi bon du droit que du gauche, est une faveur à laquelle ont eu droit plus d’une fois les fans de l’OL. Edmi est un artiste. Et qui dit artiste implique forcément une part de folie.
Ses montées ravageuses et ses détentes vertigineuses allaient de paire avec ses transversales millimétrées et ses délicieux coups du foulard. Un joueur d’une élégance rare qui effectuera ses débuts avec Lyon le 6 septembre 2000, lors du derby face à l’AS Saint-Etienne, à Geoffroy-Guichard (2-2). Un prodige dont le talent le propulsera en sélection nationale brésilienne, avec laquelle il remportera la Coupe du Monde 2002 aux côtés des Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho, qu’il rejoindra au FC Barcelone en 2004 après 4 saisons passées dans la capitale des Gaules et y avoir remporté 2 titres de champion, une Coupe de la Ligue et un Trophée des Champions.
Edmilson

5 - Claudio Caçapa, le roc au mental d’acier

« Moi, gros … je ne l’ai jamais été », déclara un Claudio Caçapa au sortir de ses débuts effectués en championnat sous les couleurs de l’OL, le 2 février 2001, à Gerland, face à l'AS Saint-Etienne en Coupe de France (1-1 a.p., 4-3 t-a-b). Il est vrai que sa première prestation avec les Gones, qui plus est lors du derby, laisse quelque peu à désirer et amène les critiques de certains observateurs, qui le trouvent « emprunté ». Pas grave, Claudio, arrivé en prêt en provenance de l’Atlético Mineiro lors du mercato hivernal, passant de la chaleur de son Brésil natal à l'hiver glaçant qui règne alors dans l'Hexagone, ne se laisse pas abattre. En six mois, il va mettre tout le monde d’accord.
Enfin, sur un but surtout : celui qu’il inscrira en finale de la Coupe de la Ligue, le 5 mai, face à l’AS Monaco et qui contribuera à offrir aux Lyonnais le premier trophée d’une longue série. Son entrée dans les cages monégasques et la façon dont il tient les filles adverses au moment de sa célébration sont annonciateurs de la façon dont l’OL va s’immiscer tout en haut du football hexagonal pour le dominer un bon bout de temps. Claudio Caçapa fait taire les sceptiques et s’engage définitivement avec le club olympien. L’aventure sera belle et, en même que les titres, Captain Claudio va conquérir le coeur des supporters rhodaniens. Le départ de Sonny Anderson fait qu’il est promu capitaine de l’OL. Moins spectaculaire que son compatriote attaquant, Caçapa règne en maître sur la défense lyonnaise de par sa sobriété et sa force de caractère. Son mental impressionnant lui permet de faire face à la concurrence et d’être un titulaire indéboulonnable aux côtés d’Edmilson, de Müller et de Cris.
International brésilien à quatre reprises, il est doté d’un très bon jeu de tête et d’une capacité d’accélération fulgurante qui lui permet de prendre de vitesse les attaquants adverses. Malheureusement, ce sont les blessures à répétition qui finiront par le rattraper et Caçapa ne jouera presque plus lors de son ultime saison à Lyon, ce qui le poussera à plier bagage en juin 2007. Mais, malgré la fin de sa carrière, l’histoire d’amour entre Claudio et l’OL va reprendre son cours. En janvier 2016, celui qui a obtenu la nationalité française en 2006 est nommé entraîneur des défenseurs de l’effectif professionnel, un poste qu’il occupe encore à l’heure actuelle.
Claudio Caçapa OL

6 - Cris, le policier

Qui pour épauler Claudio Caçapa ? Edmilson est parti en direction du Barça, Patrick Müller s’est envolé pour Majorque. Parti superviser les talents brésiliens avec l’aide de Marcelo, Bernard Lacombe revient à Lyon avec un défenseur central de Cruzeiro aux caractéristiques diamétralement opposées à celles des deux premiers. Un joueur moins technique que le Brésilien, moins sobre que le Suisse mais qui va tout de suite impressionner par son extrême rigueur, son imposante carrure et sa force colossale.
Supporters, spectateurs, coéquipiers ou adversaires, Cris gagne très vite le respect de tout le monde et s’impose très vite comme une bonne pioche, malgré une première expérience plus que mitigée en Europe, au Bayer Leverkusen, un peu plus tôt dans sa carrière. L’avenir ne fera que confirmer l’énorme potentiel du Policier, surnom que lui donnera un autre monstre doté de qualités physique exceptionnelles : Michaël Essien. Le gaillard va passer huit saisons à Lyon et y remportera autant de trophées : quatre championnats de France, deux Coupe de France et deux Trophée des Champions. En même temps qu’il empile les titres, Cris enchaîne les rôles sous le maillot de l’OL. Rapidement devenu le patron de l’arrière-garde rhodanienne au sein de laquelle il fait régner l’ordre, ce super flic va par la suite s’emparer du brassard de capitaine tout en devenant la nouvelle coqueluche du public olympien.
Capable d’annihiler n’importe quelle attaque adverse grâce à l’intelligence de son placement, de part ses tacles rageurs ou à l’aide de son crâne chauve, Cris sait aussi se servir de son corps pour partir au front et marquer des buts. Pied droit, pied gauche, de la tête … et même du dos ! L’impact qu’a Cris sur les performances de l’OL lors des joutes nationales et continentales est tel qu’il lui ouvre les portes de la Seleçcao, avec laquelle il fera le voyage en Allemagne lors du Mondial 2006.
Leader sérieux et féroce sur le pré, Cris affiche un tout autre visage en-dehors. Adorable, blagueur, souriant, le Brésilien est un joueur et un homme remarquable qui occupe une place à part dans la légende de l’OL. Parti de Lyon en 2012, Cris y reviendra pour inculquer aux jeunes footballeurs lyonnais toute l’expérience qu’il a acquise au cours de sa carrière, en entraînant les U15, les U17 puis les U19 du centre de formation.
Cris OL 2

7 - Giovane Elber, le pari manqué

Au cours du mercato estival 2003, Giovane Elber, 31 ans, débarque à Lyon avec une étiquette de buteur racé dont la réputation n’est plus à faire en Europe après ses six années pleines de succès passées au Bayern Munich. Mais il arrive aussi avec la lourde tâche de remplacer le mythique Sonny Anderson, parti de l’OL quelques semaines plus tôt. Si sa saison entre Rhône et Saône est plutôt réussie, avec 10 buts inscrits en championnat et plusieurs passes décisives délivrées, sa seconde sera un véritable cauchemard. Tout avait pourtant bien commencé pour l’international auriverde, avec un but inscrit lors de la victoire en Trophée des Champions. Mais une grave blessure dès le 3 journée de Ligue 1 édition 2004-2005 va précipiter la chute du numéro 9 olympien. Le 22 août 2004, à Metz, il est victime d’une luxation et d’une fracture de la cheville qui le tiendront éloigner des terrains de longs mois. Le joueur se fait opérer à Lyon et souhaite partir en Allemagne pour en subir une seconde, provoquant un conflit avec l’OL. Le désaccord est profond et les deux parties se quittent au terme de la saison avec un sentiment de gâchis.
Elber OL 2

8 - Nilmar, un prodige et des regrets

La blessure de Giovane Elber va pousser Bernard Lacombe à dénicher un autre buteur de talent outre-Atlantique. C’est ainsi qu’Honorato Nilmar pose ses valises à Lyon à l’été 2004. Ce jeune joueur, réputé pour être l’un des attaquants les plus prometteurs de sa génération, fait immédiatement des siennes. Dès son premier match disputé sous les couleurs de l’OL, à Rennes, Nilmar inscrit un doublé quelques minutes seulement après son entré en jeu. Mais les étincelles jaillis de sa sublime prestation vont rapidement s’éteindre. Il ne marquera plus en Ligue 1 et, même s’il brillera en Ligue des Champions avec quatre réalisations et un penalty décisif qu’il aurait dû obtenir face au PSV Eindhoven en quarts de finale retour, source d’immenses regrets et d’une expression qui lui restera collée à la peau pour l’éternité, il ne parviendra jamais à s’imposer sur le front de l’attaque lyonnaise. Prêté la saison suivante aux Corinthians, il quittera l’OL en 2006 pour retourner chez lui,à l’Internacional, club de ses débuts, avant de découvrir l’Espagne avec Villarreal puis le Qatar et les Emirats Arabes Unis.
Nilmar OL

9 - Juninho, le Roi Lyon

Fleury Di Nallo, Serge Chiesa, Bernard Lacombe, Sonny Anderson, Grégory Coupet, Nestor Combin, Aimé Mignot … Juninho. Parmi tous les joueurs qui se sont succédés pour porter la tunique lyonnaise, le maestro brésilien est celui qui l’aura le plus marqué de son empreinte. Au cours des huit années qu’il a passé dans la capitale des Gaules, Juninho s’est battu pour ce blason qu’il arborait fièrement sur sa poitrine, qu’il enlaçait avec tendresse ou embrassait avec amour.
Juni aime Lyon et l’OL, l’inverse est tout aussi vrai. Pour tout ce qu’il a fait pour le club, ce joueur a gagné le respect éternel de la part du peuple rhodanien. Arrivé dans la continuité des Anderson, Edmilson et Caçapa, Juninho a été le porte étendard du contingent brésilien qui s’est installé par la suite entre Rhône et Saône. Epaulé par Nanard et Sonny au moment de sa venue, il a suivi les traces de ses glorieux ainés pour guider son club vers les sommets. Après une première année d’adaptation, il va finir par devenir le véritable chef d’orchestre de l’entrejeu lyonnais. Il est de toutes les campagnes victorieuses de la formation rhodanienne en championnat et en deviendra le capitaine emblématique. De même, il sera le symbole du passage de l’OL dans la cour des grands sur la scène européenne.
Son coup franc décisif inscrit face au Bayern d’Oliver Kahn, à Munich, lors de la saison 2003-2004 de Ligue des Champions est un bijou resté dans les annales, l’un de ses 44 coups francs inscrits en rouge et bleu. Ses coups de pattes traversent les frontières et il est sans aucun doute l’un des tous meilleurs tireurs de coups de pieds arrêtés que le monde du football ait connu. Dans la foulée, son doublé réalisé face au Celtic Glasgow la même saison en est la preuve et sa sublime performance ce soir là permis à Lyon d’accéder pour la première fois de son histoire aux huitièmes de finale de C1 avant que sa frappe du gauche, à Gerland, face à la Real Sociedad, ne porte Lyon jusqu’au stade des quarts.
Un niveau historique pour l’époque que l’écurie olympienne atteindra encore par la suite, en suivant les traces de son numéro 8… « J’ai voulu marquer l’histoire de l’OL. Et Lyon a marqué ma vie », avoua-t-il en 2015, plusieurs années après la fin de son aventure dans la ville des Lumières. Une cité qu’il a ébloui tout au long de son passage et qui continue de briller grâce à son héritage.
Juninho OL 2

10 - Fred, un buteur redoutable et fantasque

Au mois d’août 2005, c’est un véritable prédateur qui débarque à Lyon en provenance du Brésil. Frederico Chaves Guedes dit Fred arrive avec une réputation grandissante dû à ses formidables statistiques qui ont accompagnées ses passages du côté de l’Atlético Mineiro, où il plante 34 buts en seulement 57 rencontres, et de Cruzeiro, où il fait encore mieux avec 56 réalisations en 74 matchs. Il confirme tout le bien que l’on dit de lui en inscrivant un doublé lors de son baptême du feu avec l’OL, face à Monaco, à Gerland. Un but du pied, un autre de la tête… son arsenal est impressionnant et fait de Fred un avant-centre redoutable pour n’importe quelle défense.
Il plante des buts mémorables sous le maillot lyonnais, comme cette frappe de mule envoyée transpercer les filets lorientais en février 2007. Il réalise des gestes de grande classe souvent utiles, comme ce flip-flap qui se conclu par une frappe en lucarne contre le PSV Eindhoven ou encore cet enchaînement de dribbles ponctué d’une reprise de volée victorieuse lors du derby face à l’ASSE. Et il a cette part de folie qui divise les supporters olympiens : cette tétine cachée dans ses sous-vêtements pour fêter son merveilleux but inscrit face aux Néerlandais; cette joie démesurée où lui et ses coéquipiers, les cheveux teintés de rouge et de bleu, s’enlacent pour célébrer sa réalisation contre les Verts; ce coup de coude venu s’encastrer sur le visage de Chivu, sorti avec le nez cassé, un soir d’élimination en Ligue des Champions face à l’AS Roma en 2007 … Un joueur au génie indéniable mais qui laissera un goût amer du côté de l’OL au moment de son départ.
Fred OL

11 - Cléber Anderson, l’erreur de casting

Lors de l’intersaison 2007, Cris de blesse gravement au genou et l’OL s’active pour dénicher un potentiel remplaçant. Déjà observé par le passé, Cléber Anderson débarque à Lyon en provenance du SL Benfica, qui l’avait acheté auprès des Corinthians deux ans plus tôt. Mais ce défenseur central ne parviendra jamais à s’imposer au sein de l’effectif. Et pour cause, au cours des trois saisons qu’il passe sous contrat avec l’OL, entrecoupées de prêts dans son ancienne équipe paulista et à Cruzeiro, Cléber Anderson enchaîne les blessures et les pépins physiques. Il ne dispute que 19 rencontres avec l’OL et, à l’aube de l’exercice 2010-2011, les deux équipes décident de se séparer d’un commun accord.
Cléber Anderson

12 - Fabio Santos, un flop malgré de belles promesses

L’histoire de Fabio Santos à l’OL est drôlement similaire à celle de son compatriote brésilien cité ci-dessus. Les blessures vont empêcher à ce milieu défensif de caractère, rugueux dans l’impact mais bon techniquement, de faire son trou au sein du club olympien. Les quelques belles prestations qu’il livre au cours de ses 29 matchs disputés à Lyon, où il fait le boulot lorsque les titulaires indiscutables que sont Thiago, Toulalan ou Juninho commencent à grincer des dents, ne suffisent malheureusement pas à cacher sa fragilité. Le joueur rentre au Brésil pendant six mois pour raisons personnelles avant de revenir dans la capitale des Gaules. Mais une altercation avec Claude Puel survenue en plein été 2010 met un terme définitif à son passage dans la cité rhodanienne.
Fabio Santos OL

13 - Ederson, un beau gâchis

Ederson, c’est le souvenir d’un joueur au talent immense qui n’aura jamais su l’exposer avec constance du côté de Gerland. Celui qui est passé de Nice à Lyon au cours de l’hiver 2008, en terminant la saison du côté des Aiglons, en l’échange de 14M€ ne laissa pas un souvenir impérissable du côté de l’OL. Comme ses plus proches prédécesseurs, le milieu offensif brésilien n’a jamais su se dépêtrer des blessures à répétition pour montrer l’étendue de ses qualités hors du commun. Technique exceptionnelle, frappe puissante, excellente vision du jeu, Honorato Ederson est le prototype du footballeur auriverde, adepte du joga bonito. Un joueur de niveau international que Juninho voit comme son successeur. Un type capable, sur une action, un mouvement, une feinte, de déstabiliser n’importe quelle défense, de casser les reins de ses adversaires et de se montrer décisif.
Une chose qu’il a fait avec brio sur le Côte d’Azur et qu’il ne reproduira que par intermittence entre Rhône et Saône. S’il remporte la Coupe de France 2012, il n’inscrit que 11 buts en 115 matchs avec les Rouges et Bleus. Des statistiques bien loin de celles qu’il avait avec le Gym. Souriant et avenant, Ederson est une personne attachante qui, paradoxalement, aura du mal à s’intégrer pleinement au sein de l’effectif lyonnais. À l’hiver 2012, le droitier, en fin de contrat en fin de saison, décide de signer un contrat qui lui permettre de rejoindre la Lazio lors de l’édition suivante. Un départ dont les conditions sont difficilement acceptées à Lyon et qui terne encore un peu plus son parcours sous le maillot olympien.
Ederson OL

14 - Michel Bastos, spectacle garanti

Arrivé à l’OL en 2009, le gaucher arrive avec l’étiquette de joueur confirmé du championnat de France. Malgré des débuts difficiles dans le Nord de la France, l’ancien Lillois est en effet devenu l’un des tous meilleurs joueurs de Ligue 1 et, surtout, l’un des plus spectaculaires au fil des ans. Passé du poste de latéral, son poste de formation, à celui d’ailier gauche, il dynamite les arrières-gardes adverses grâce à ses accélérations fulgurantes, à ses dribbles déroutants et à ses terribles frappes du gauche toutes plus précises les unes que les autres. Sa première saison est de bonne facture puisqu’il trouve le chemin des filets à 15 reprises et qu’il offre quelques offrandes à ses partenaires. La dimension prise par le feu follet lui ouvre les portes de la Seleçcao, avec laquelle il s’envole même pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Là-bas, sous le maillot jaune du Brésil, il retrouve le rôle de ses débuts, sur la gauche de la défense auriverde. Il réalise une campagne des plus abouties sous les couleurs de son pays et revient à Lyon avec le statut de star.
Mais, comme une malédiction qui touche tous les Brésiliens passés par l’OL, les blessures se mettent à lui compliquer la tâche. Michel Bastos baisse en régime et commence à subir quelques critiques. Mais son orgueil est tel qu’il parvient toujours à renverser la situation en sa faveur. Ses gestes de classe masquent son irrégularité mais sauvent l’OL à plusieurs reprises. Bastos est un artiste qui, malgré d’importantes pannes d’inspiration, accompli quelques chefs-d’oeuvres mémorables. Un joueur doté d’un vrai sens du spectacle : cette frappe pure venue se loger dans le but d’Anderlecht en tour préliminaire de C1. Ce retourné expédié dans la lucarne troyenne à Gerland. Ce coup franc magistral inscrit sur la pelouse d’Evian. Cette frappe tendue plantée face à Lorient. Cette reprise d’anthologie, toujours avec ce fameux pied gauche, partie s’écraser dans la lucarne du PSG au terme d’un match époustouflant ou encore ce but marqué contre Bordeaux en quarts de finale aller de Ligue des Champions et qui aura l’importance que l’on connaît…
Si Lyon aurait sans doute pu attendre un peu mieux de Michel Bastos, ce dernier aura malgré tout laissé pas mal de souvenirs aux supporters lyonnais avant de plier bagage. Des souvenirs dont on ne se lassera jamais.
Michel Bastos OL 3

15 - Rafael, la joie de vivre

C’est avec un grand sourire, celui que tant de Brésiliens ont déjà arboré avant lui sous les couleurs de l’OL, que Rafael s’est présenté à son arrivée dans la capitale des Gaules. Le latéral droit, qui a souvent été sélectionné avec la Seleçcao, est un est apport de choix pour le club septuple champion de France. Un joueur qui a acquis une sacrée expérience avec son passage à Manchester United, où il a passé huit saisons couronnées de succès : trois titres de champions d’Angleterre, une Coupe de la Ligue et un titre de champion du monde des clubs. Elément quasi incontournable des Red Devils de Sir Alex Ferguson, il y aura disputé au total 170 matches, dont 26 en Ligue des Champions, pour 5 buts inscrits.
Outre de vraies qualités de footballeurs, Rafael est avant tout un homme en tout point charmant, très populaire à Old Trafford, que ce soit auprès du public ou de ses partenaires. Un côté humain qu’il ne va pas tarder à prouver à Lyon. Blessé à la cuisse en septembre 2015, il demande au club de ne pas le payer durant son indisponibilité. Une démarche légalement impossible à laquelle Rafael trouvera une parade pleine de classe : il décide d’utiliser cet argent pour offrir un robot à l’OL Fondation. Une machine mobile, qui parcours le Parc OL les jours de matchs et qui permet aux enfants hospitalisés du centre Léon Bérard de vivre les rencontres de leurs idoles de l’intérieur, des vestiaires au rectangle vert, avec la possibilité d’échanger avec eux à l’aide d’une webcam.
Une initiative gardée secrète mais qui a fini par être connue de tous. Un geste magnifique qui a ému beaucoup de Lyonnais et qui a valu à Rafael une salve d’applaudissements et de remerciements de la part des supporters rhodaniens. Critiqués à ses débuts pour quelques errements défensifs, Rafael s’est rapidement fait une place de choix dans le coeur des suiveurs de l’OL par cet acte mais aussi par des performances beaucoup plus convaincantes réalisées lors de sa deuxième saison.
Premier auriverde à rallier Lyon depuis le départ de Michel Bastos, Rafa dispose désormais de son pendant côté gauche, Fernando Marçal, recruté cet été et à qui l’on souhaite d’inscrire, comme bon nombre de ses compatriotes brésiliens l’ont fait jadis, son nom dans la légende de l’OL.
Rafael OL