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I ... comme Inzaghi

Publié le 08 juin 2006 à 13:10 par BV

C'est l'heure de l'ABECEDAIRE. Une lettre et un mot par jour. Place aujourd'hui au I ... comme Inzaghi, bourreau des Lyonnais en quart de finale de la Champions League.

Sans 2 terribles dernières minutes à San Siro, Iker Casillas, Charles Itandje ou Ilan auraient tous trois constitué de parfaits représentants de cette 9e lettre de l’alphabet. Sans ces inimaginables rebonds sur les deux poteaux et cette frappe à bout portant, Filippo Inzaghi n’aurait pas cristallisé l'essentiel des regrets et des déceptions d’une superbe saison lyonnaise.

« Super Pippo » ne dispose pourtant pas d’une vitesse hors du commun ni d’une frappe de balle redoutée de tous les portiers. Toutefois, à l’image de Gerd Müller ou Van Nistelrooy, ce buteur d’1 mètre 81 pour 74 kilos, né à Plaisance le 9 Août 1973, est continuellement attiré par le but.
Grâce à un placement hors pair et un jeu dos au but exceptionnel, l’ancien Turinois a vécu une véritable renaissance lors de cette saison 2005/2006. Après une année 2005 très largement amputée par une succession de blessures, il effectua un formidable retour en inscrivant 12 buts en 22 matchs de série A, et 4 en 6 rencontres de Ligue des Champions, et revêtit rapidement les habits de sauveur lorsque Gilardino, en manque de réussite dans la compétition continentale, ne parvenait pas à faire la différence.

En ce 4 avril 2006, le mutisme récurrent d’Alberto Gilardino en Ligue des Champions avait conduit Carlo Ancellotti à préférer Inzaghi à l’ancien Parmesan afin de forcer l’hermétique défense lyonnaise. Dès la 25e minute, l’attaquant milanais répondait aux attentes de son entraîneur en ouvrant le score avant [IMG40659#R]de porter le coup de grâce à la 88e minute de jeu. Cruellement prophétiques, les mots de Vikash Dhorasoo, quelques jours auparavant, nous revenaient alors funestement en mémoire : "méfiez-vous de Pippo Inzaghi, les ballons frappent les poteaux et lui reviennent dessus".

Si « Pippo », à l’image de Roth ou Vata, illustres bourreaux des clubs français en Coupe d’Europe, hantera longtemps les mémoires des supporters olympiens, et Français, il symbolise pourtant mieux que tout chiffre ou statistique la superbe prestation de l’Olympique Lyonnais durant une double confrontation au cours de laquelle le grand Milan AC aura très fortement vacillé. 178 minutes durant lesquelles les hommes de Gérard Houllier auront fait rêver Lyon et la France du football. Personne n’oubliera la tête de Fred sur le poteau, les longues séquences de conservation du ballon ou cette image d’un Milan asphyxié et dominé sous la pression rhodanienne.
Le club de Jean-Michel Aulas n’aura jamais été aussi proche d’accéder au dernier carré de la compétition. Si « Pippo » Inzaghi a marqué de son empreinte cette saison lyonnaise 2005/2006, c’est parce qu’il symbolise plus que tout autre joueur cet OL conquérant et enfin à même d’aspirer aux plus glorieux honneurs.


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