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« Il a fallu que je prouve pour avancer »

Publié le 28 septembre 2013 à 10:20 par R.B

René Girard a succédé à Rudi Garcia à la tête du LOSC… Ses premiers pas dans le Nord… le rôle d’entraîneur… sa nouvelle équipe… le match à l’OL… et quelques souvenirs avec ce méridional devenu nordiste…

René comment se sont passées vos premières semaines lilloises ?
« Très, très bien. C’est déjà une région très football. Il y a par exemple 30 000 abonnés au LOSC cette saison. Les gens sont très chaleureux, adorables. L’accueil a été simple, respectueux. Et puis la météo est au rendez-vous. Cela fait trois mois qu’il fait beau. En ce qui concerne le club, le LOSC a un passé. Je veux m’appuyer dessus. Je ne suis pas pour changer le monde. Mon caractère ? Je crois que l’on n’est jamais aussi bon que quand on reste soi-même. Je suis là pour remplir un contrat, être le plus performant possible. Je dois m’adapter au fonctionnement, aux valeurs du club. C’est bien de changer, de voir d’autres choses ».

Quel type d’entraîneur êtes-vous ?
« Je suis assez naturel en étant rigoureux. Je suis à l’écoute. J’ai eu des maîtres en la matière avec Aimé (Jacquet), Kader (Firoud), Hidalgo… Des entraîneurs avec des comportements différents. Contrairement à l’image que je pouvais donner, je recherche avec mes équipes la pratique du jeu en prenant du plaisir dans la rigueur. Je peux être intransigeant en étant aussi compréhensif. Mais un entraîneur dépend des résultats. C’est un vecteur important. Contrairement à ce que disait Pierre de Coubertin, l’essentiel n’est pas de participer. Il y a plusieurs profils d’entraîneurs (utilisateur, formateur…). Cela change la façon de fonctionner, mais il est condamné aux résultats ».

Vous avez toujours travaillé depuis que vous êtes jeune. C’était quelque chose de logique ?
« C’est important pour moi. C’était dans mon éducation. Après quand je suis devenu pro, je disais que j’étais un ouvrier du football. J’avais des qualités, mais surtout un mental à tout épreuve. Il y a la passion aussi. Moi, j’ai eu la chance de ne pas tout connaître tout de suite. J’ai quitté Nîmes à 26 ans ; j’ai été international sur le tard. Il a fallu que je prouve pour avancer. Je ne regrette rien. J’étais fait dans ce moule et je n’ai jamais eu envie de vendre mon âme ».

Le LOSC était en fin de cycle comme l’OL. La non-participation à la Ligue des Champions a changé la donne. Oui, l’équipe est moins armée que les saisons précédentes

Travailler avec son fils est-ce facile ?
« Nico a fait son trou. Ce n’est plus le fils de René. Par le passé, quand il jouait (en D2), c’était plus difficile pour lui. Il en a souffert. Aujourd’hui, il s’est fait un prénom. Il avance. Il s’est imposé. J’ai confiance en lui. Mais il reste un adjoint comme Bernardet. Je reste le responsable. Chacun amène sa personnalité, ses compétences. Mais je n’ai pas envie de me faire Hara-Kiri. S’il n’était pas compétent, il ne serait pas avec moi. Joueur dans une équipe que j’entraîne ? Ce serait, je pense, plus compliqué ».

Considérez-vous que le LOSC c’est l’étage au-dessus du MHSC ?
« Oui en termes d’infrastructures. Moi, je n’ai pas connu la rénovation du Haillan et celle à venir à Montpellier. Le LOSC a des installations remarquables. Depuis 10 ans, ce club fait partie du gotha français en termes de résultats, alors que le MHSC a connu le purgatoire avant de remonter et d’avoir des résultats. Le LOSC est un club qui fonctionne et qui a tout pour perdurer. C’est dans ce sens que je dis cela ».

Peut-on dire que le LOSC est moins bien armé cette saison ?
« Il faut être lucide. Il y a eu une génération exceptionnelle à l’époque de Claude Puel, puis une avec Rudi Garcia avec une remarquable qualité. Le LOSC était en fin de cycle comme l’OL. La non-participation à la Ligue des Champions a changé la donne. Oui, l’équipe est moins armée que les saisons précédentes. Elle est plus jeune, notamment offensivement. Il y a désormais un panachage entre des jeunes joueurs et d’autres plus expérimentés. Il faut l’amener vers le même but et construire quelque chose de solide ».



Quel est votre animation préférée ?
« Aimé Jacquet disait qu’un entraîneur est un chercheur. Après, il y a des choses qui perdurent dans le foot. On a des joueurs avec des qualités. Il faut les utiliser en fonction, les mettre dans les meilleures dispositions. Il faut qu’ils se sentent bien pour que je sois exigeant. Après,  je n’ai jamais été figé dans un système. Avec Lille, on a déjà joué en 4-3-3, 4-2-3-1, 4-4-2. Je m’adapte aussi en fonction de l’adversaire ».

Que vous inspire l’OL 2013-2014 ?
« Il y a eu une fin de cycle avec le départ de joueurs expérimentés. Ce club a eu un gros rayonnement. Il a porté haut l’étendard du football français. Le club a tourné une page. Aujourd’hui, il effectue un retour à la formation. Il repart avec des jeunes entourés de garçons plus expérimentés comme Gonalons, Malbranque, Briand, Gomis…Il a fait un bon début de saison et a connu ensuite un petit trou. J’ai vu les derniers matchs. L’équipe est solide, bien en place, déterminée ».

Comment voyez-vous ce match ?
« La confrontation de deux très belles équipes avec les mêmes valeurs en termes de football. Deux équipes qui aiment jouer. Il y a toujours eu cette culture à Lyon. Je vois un match ouvert ».

René un mot sur ce que vous avez connu avec Montpellier ?
« Il y a eu la construction d’une équipe avec les Belhanda, Aït-Fana, Giroud… et ce titre inespéré mais que l’on ne peut pas galvauder. Ce fut une saison aboutie avec ce titre acquis lors de la dernière journée à Auxerre. Un réel plaisir. Merveilleux à vivre. Cela n’arrive pas tout le temps de vivre ce genre de choses. Il faut savourer. C’est différent des titres gagnés en tant que joueur ».

Votre plus beau souvenir de joueur ?
« Jouer la Coupe du Monde 82. Ce n’est pas donner à tout le monde. Bien sûr il y a eu les titres. Il y a aussi un point culminant avec la ½ finale de Coupe d’Europe face à la Juventus de Platini. Elle a marqué tout le monde ».

Un joueur comme modèle ?
« Neeskens, mon idole. Il m’a fait le plaisir immense de venir à mon jubilé à Vauvert. Neeskens, c’était l’Ajax, le Barca. C’est le genre de mec que j’aurais adoré entraîner». 

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