masculins / Derby J-3

« Il faut que le 100° derby reste lyonnais »

Publié le 22 septembre 2010 à 16:05 par DC

Ancien gardien de l’OL désormais entraîneur des jeunes portiers lyonnais du centre, Gilles Rousset nous parle du derby légendaire.

 Gilles, vous avez vécu quelques derbies en tant que joueur avec l’OL, quels souvenirs en gardez-vous ?
Le souvenir de matches âpres, importants pour nous les joueurs. Car à l’époque, nous étions beaucoup à être lyonnais de naissance. Genesio, Garde, N’Gotty, Billong, tous ces mecs-là et même d’autres. Notre staff également était lyonnais, avec Raymond Domenech, Bernard Lacombe, Michel Maillard, et c’était très important pour nous et pour le public. Le derby était vraiment attendu par tous.

C’est différent aujourd’hui ?
Il n’y a pratiquement plus de purs lyonnais dans notre équipe. D’ailleurs ils ont peut-être plus de Stéphanois à l’ASSE. Donc je pense que le derby a perdu un peu de sa saveur, étant donné qu’il se fait maintenant davantage dans les tribunes, et moins sur le terrain. Malgré tout, les joueurs qui sont au club depuis longtemps doivent transmettre cette volonté de garder la suprématie, l’invincibilité lyonnaise.
C’est important, car un derby, ce n’est pas rationnel, il n’y a pas de logique. Je pense notamment à la saison dernière, où Saint-Etienne a vécu un championnat très difficile, mais est venu ici arracher le match nul. Je pense qu’un derby, ça se joue à l’agressivité, à l’envie. A notre époque, c’était des matches d’hommes, attention.

Vous regrettez cet état d’esprit?
Oui d’un côté. Après on le retrouve un petit peu chez les jeunes, car beaucoup sont Lyonnais encore. C’est important de garder ce derby en mémoire, ce sont des matches excitants, qui te donnent presque envie de remettre le maillot, et les jouer. Ce sont des évènements comme ceux-là pour lesquels tu as envie de jouer au football.

La préparation était-elle différente des autres matches à votre époque ?
Bien sur, car déjà à l’annonce du calendrier en début de saison, la première chose que l’on regardait, c’était les derbies. Moi-même, n’étant que Lyonnais d’adoption, mes coéquipiers me disaient tous : « tu vas voir le derby, c’est vraiment le match à ne pas perdre, c’est un truc fabuleux… ».
Avant Lyon j’avais connu des Sochaux-Mulhouse, mais ce n’était pas vraiment des derbies. Après, quand arrivait la semaine du match, on sentait monter l’effervescence, la tension, l’engouement du peuple lyonnais pour cette rencontre. Et à Saint-Etienne, j’imagine que c’est la même chose.

Saint-Etienne justement est leader du championnat, ça doit vous rappeler des souvenirs ?
C’est vrai qu’à notre époque, les verts étaient souvent devant nous. Aujourd’hui les choses ont changé, depuis une dizaine d’années, c’est Lyon qui domine la Ligue 1. Après, c’est sur que le fait d’être leader va les aider, les transcender avant de venir. Ils sont très en forme à l’image de Dimitri Payet qui marque de n’importe où, ils sont très en confiance, ce qui n’est pas notre cas. Il va falloir faire attention, surtout que c’est symbolique, c’est le 100° derby, pas le 82° ou le 77°. Il faut qu’il reste lyonnais oui, absolument. Il faut gagner.

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