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"Il faut remettre les pendules à l’heure"

Publié le 03 septembre 2010 à 18:05 par BV

Que pensez-vous des propositions qui ont été faites par l’UEFA concernant l’arbitrage et notamment celle de favoriser l’arbitrage à 5 arbitres ?
Concernant l’arbitrage, c’est un vieux débat. A cinq, c’est déjà un mieux puisque cela laisse un peu plus de possibilités à l’arbitre du centre de prendre la bonne décision, de se placer autrement et d’avoir une autre vision du jeu. Ce système va être testé pendant deux ans, on verra bien ce qui en sortira. Moi, comme plusieurs entraîneurs, j’aimerais bien que l’on utilise la vidéo sur certaines phases de jeu. C’est un vieux serpent de mer. Mais tout le monde est d’accord pour reconnaitre que l’arbitrage qui existe depuis maintenant 100 ans est révolu. Ces changements, ce n’est pas la panacée, on peut trouver à redire à tout, même à la vidéo. Mais devant les nouveaux moyens technologiques et le jeu qui va plus vite un arbitre central ne peut plus tout faire et est tout le temps remis en question. Malgré ça, des erreurs il y en aura toujours. S’il n’y avait pas d’erreurs, il n’y aurait pas de football et ça ne discuterait pas dans les cafés.

Avez-vous avancé dans vos recherches concernant les causes des nombreuses blessures qui ont touché l’effectif ?
On y travaille tous les jours, ce n’est pas aisé. On reprend tout ce qui a été fait, on a tout noté. On ne trouvera jamais une seule cause précise mais il faut plancher là-dessus afin d’éliminer tout ce qui a pu être préjudiciable. En tout cas, cela ne semble pas être le surentraînement. Il faut voir si un exercice, une semaine particulière, ou un enchainement ont pu éventuellement être préjudiciables. On ne peut pas se satisfaire d’avoir eu autant de blessures, surtout au même endroit et en début de saison.

Regrettez-vous de ne pas pouvoir travailler avec Cris et Diakhaté en cette période de trêve internationale ?
Ce qui m’embête, c’est de ne pas avoir sous la main tout mon effectif. C’est embêtant pour trouver les affinités, les repères, pour remettre en place notre collectif. On doit travailler à nouveau tout cela, or on va devoir le faire à travers les matches car on aura peu de séances collectives. C’est également embêtant pour intégrer les nouveaux joueurs.

Avez-vous été tenté de recruter Laurent Bonnart ?
On a eu cette possibilité. C’est un joueur qui présentait des caractéristiques intéressantes et la possibilité de pouvoir jouer à droite et à gauche. On a hésité et on a conservé notre ligne de conduite vis-à-vis de nos jeunes pour leur montrer que l’on a confiance en eux. A eux de nous la rendre et de continuer à progresser. Je pense notamment à Gassama et Kolodziejczak.

Le fait de recruter Diakhaté signifie-t-il que votre opinion sur le poste de Jérémy Toulalan a évolué ?
Elle est en perpétuelle évolution. On arrivait dans les derniers jours du mercato, il y avait un bilan des quatre premiers matches à faire. Il n’est pas conforme à ce que l’on attendait, on n’a pas encore trouvé l’équilibre. De plus, d’autres joueurs, dont fait partie Toulalan sont un peu déstabilisés non pas par le fait d’avoir changé de poste mais parce qu’ils ont vécu récemment des choses assez marquantes. Je pense que l’expression de Toulalan à son nouveau poste n’a pas été facilitée par tout ça. Je ne voulais pas que nous soyons prisonniers, d’autant qu’on avait la possibilité de recruter Diakhaté, ce qui donne un équilibre plus important au groupe.

Avez-vous discuté avec Jérémy Toulalan ?
Oui. Il y a eu des amalgames parce qu’il a changé de poste. Il y a toujours des interprétations, des supputations. Ses prestations, ainsi que celles de l’équipe n’étaient pas au niveau. Ce qu’il a vécu n’est pas propice à la bonne expression de ses qualités, ne favorise pas la prise de repères sereine. C’est pourquoi la venue de Diakhaté est importante, parce qu’elle nous offre d’autres solutions. On verra ensuite comment tous les joueurs, et notamment Toul’ peuvent reprendre confiance.

Va-t-il rapidement retrouver son poste de milieu de terrain ?
C’est une possibilité, oui. Sur le fond, cela reste d’actualité. J’ai toujours dit qu’il avait les qualités pour s’exprimer aux deux postes. Il se sent très bien, que ce soit derrière ou au milieu. Mais, en ce début de saison, il est plus facile de reprendre de la confiance en évoluant à un poste que l’on connait très bien et où l’on a pas mal de repères, plutôt qu’à un poste où l’on doit travailler. De plus, l’environnement n’est pas propice à la sérénité. Si tout s’était bien passé lors des premiers matches, cela lui aurait facilité la tâche, on n’aurait pas parlé d’un éventuel retour de Toul’ au milieu.  C’est une succession de choses ; les déclarations du sélectionneur, les résultats qui ne sont pas probants : il n’est pas dans les meilleures conditions pour s’exprimer.

Avez-vous le sentiment qu’il ait tout à fait tourné la page du cauchemar sud-africain ?
Oui, mais on revient tout le temps dessus. En fait, il n’y a pas grand-monde qui ait totalement tourné la page que ce soit les médias, le public. On a besoin de Toul’, de tous nos joueurs, que tout le monde se re-concentre sur le terrain, sur son expression individuelle et collective. On est trop loin de notre niveau initial. Il faut remettre les pendules à l’heure.

Êtes-vous pleinement satisfait du mercato lyonnais ?
Oui, mais on attend toujours de voir ce que cela donne sur le terrain. Les joueurs que nous avons pris sont de qualité, ils devraient bien s’intégrer dans le collectif, mais la vérité est sur le terrain. Le danger serait de se retrancher derrière le mercato, derrière Gourcuff, Diakhaté et Briand et de se dire que ça va automatiquement le faire. Il faut que chaque joueur ait conscience qu’il doit plus apporter et retrouver son esprit de compétition. Pour l’instant, on est toujours dans le train-train, dans le confort, on attend que le partenaire amène le petit plus et tire les autres. On a besoin de découvrir nos joueurs dans la difficulté, de découvrir de vrais compétiteurs.