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« Il ne faut pas être rassasié de gagner des titres »

Publié le 07 mai 2011 à 13:14 par BV

A cinq journées de l’épilogue du championnat, plus que jamais animé de la soif de victoires qu’il a insufflée à l’OM depuis son arrivée, Didier Deschamps évoque la rencontre de la 34e journée de Ligue 1 face à l’OL, un choc avant lequel il assure que l’OM « ne jouera pas le match nul ».

   Après la défaite de l’OL à Toulouse (2 – 0) et le nul de l’OM à domicile face à Auxerre (1 – 1), quelle équipe aura le plus la pression dimanche ?
Les deux. Ce match est extrêmement important pour l’OL en raison du retour du PSG (4e, à égalité de points avec l’OL). De notre coté, il est évident que le fait de jouer à Gerland avec six points d’avance est mieux que de venir avec seulement un ou deux points. On se rapproche de la fin de la saison, avec des matches compliqués pour tout le monde. On sait que ce sera serré jusqu’au bout, que ce soit pour la première, la deuxième ou la troisième place, mais également pour ceux qui vont lutter pour se sauver. Ce qui est sûr, c’est que la meilleure des positions, c’est d’être devant. En partageant les points avec Auxerre, on a perdu la tête mais la déception vient surtout de n’avoir pris qu’un point car on avait réalisé un match que l’on aurait mérité de gagner en regard du contenu et du nombre d’occasions que l’on s’est procurées.

L’OM est deuxième de la Ligue 1 mais son jeu est souvent critiqué. Comment analysez-vous celui-ci ?
On a alterné de bonnes périodes et des périodes où l’on a eu moins de maîtrise, on est capable de faire mieux collectivement. Mais le football de haut niveau est surtout une question d’efficacité, offensive et défensive. Je sais très bien que je n’ai pas une équipe qui peut marquer trois – quatre buts à chaque match, la réussite passe donc par la solidité défensive. Le football est ainsi : c’est un sport dans lequel, en ne prenant pas de but, il suffit d’en inscrire un pour gagner le match. Les spectateurs qui viennent au stade viennent d’abord pour voir leur équipe gagner et si possible bien jouer. Pour mes joueurs, c’est pareil ; je ne leur dis jamais : « les gars, jouez mal et gagnez ! » Je suis persuadé qu’en jouant bien, on a plus de probabilités de gagner, mais le foot est l’un des rares sports où peu de points ou de buts sont marqués, où un seul peut permettre de l’emporter. Devant leur télévision, les gens préfèrent un 5 – 5, comme la saison dernière, mais les entraîneurs, que ce soit Claude Puel ou moi, on reconnait que c’était un très beau match tout en remarquant que lorsqu’il y a dix buts, c’est qu’il y a eu des erreurs. On ne peut pas sortir d’un match comme ça et être content de la performance collective.

Dans un sprint final comme celui-ci, ce sont surtout les qualités mentales qui font la différence

Comme la saison dernière, l’OM est en tête de la phase retour et a remporté la Coupe de la Ligue. Sentez-vous votre équipe dans les mêmes dispositions ?
Il est toujours difficile de comparer les saisons, chacune a sa vérité. Le point commun, c’est que l’on a à nouveau fait une première partie qui ne fut pas très bonne. On a également eu le bonheur de gagner la Coupe de la Ligue. En début de saison, on avait plusieurs objectifs : passer le cap des poules en Champions League, on l’a réalisé et on aurait même pu faire mieux avec un peu plus de réussite et d’efficacité ; la Coupe de la Ligue, on l’a gagnée ; enfin, se qualifier directement pour la prochaine Champions League, on est encore dans la course. Ce qui est vrai, c’est que je sens mes joueurs animés de la même motivation que l’année dernière, de la même envie. On a tout à jouer, il ne faut pas être rassasié de gagner des titres. Pour ceux qui étaient avec moi depuis l’année dernière, c’est le quatrième. Quand on peut gagner des titres, il ne faut pas laisser passer l’occasion.

Quels sont, selon vous, les principaux atouts de l’OM dans la course au titre ?
L’efficacité, la solidité défensive, notre capacité à être dangereux devant. Et puis le mental car des qualités, il y en a également en face de nous. Dans un sprint final comme celui-ci, ce sont surtout les qualités mentales qui font la différence.

Un match face à l’OL se prépare-t-il différemment d’un autre match ?
Pas spécialement. Comme pour tout match, il y aura l’aspect tactique, les points forts de l’OL et les points sur lesquels on devra insister pour les mettre en difficultés. La seule différence réside dans la préparation mentale, la motivation. Je n’ai pas à insister sur cet aspect contrairement à certaines rencontres où l’on peut avoir tendance à penser que le match est facile.

Je prépare mes joueurs à jouer n’importe quel match pour le gagner.

   Quelle vision avez-vous de cet OL 2010 – 2011 ?
C’est une équipe qui possède un gros potentiel offensif, capable de marquer énormément de buts, c’est la deuxième attaque du championnat derrière Lille. Ils ont rencontré quelques soucis défensifs, ils ont, comme nous, eu un début de saison qui ne fut pas bon, et ont ensuite été contraints de courir pour rattraper des points.

Dimanche, vous faudra-t-il gagner à tout prix ?
Dans la course à la première place, ce serait forcément un très bon résultat que de gagner à Lyon. En tout cas, on ne jouera pas le match nul. C’est l’un des trois résultats possibles mais on ne va pas commencer un match en pensant à faire un nul. Je prépare mes joueurs à jouer n’importe quel match pour le gagner. Après, un nul serait un bon résultat par rapport à l’OL, parce qu’on maintiendrait l’écart en perspective d’une qualification directe pour la Champions League, mais pour aller chercher autre chose, je ne pense pas.

SourceLa Tribune OL

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