masculins / OL - PSG J-1

Illuminer Gerland

Publié le 09 décembre 2006 à 21:22 par BV

« L’enjeu de ce match ? Les 3 points ». Malgré un titre de champion d’automne précocement acquis et une avance abyssale de 11 points au classement, Gérard Houllier n’infléchit guère la feuille de route des quintuples champions de France.

De la volonté de remporter le « mini-championnat » de 5 matchs menant les Olympiens à la trêve hivernale, élevée en principale ambition au soir du succès 1 but à 0 à Sedan, il ne reste plus que 3 actes. Le PSG dimanche, Lens à Bollaert la semaine prochaine et Monaco à Gerland comme épilogue. « Cette fin d’année s’annonce un peu chaude » reconnait Juninho qui y ajoute la délicate réception de Nancy en quart de finale de la Coupe de la Ligue. « Il ne faut pas lâcher la coupe de la ligue ».
Pour l’heure, c’est un PSG à la recherche de la convalescence qui se présente sur la route des Lyonnais. Pressenti comme l’un des plus sérieux rivaux de l’OL au soir d’un Trophée des Champions convaincant, les Parisiens ont très vite déchanté, multipliant les échecs sportifs, tant sur la scène nationale que sur la scène continentale, et les crises extra-sportives, confirmant un peu plus, si besoin en était, sa réputation de club tombant en dépression l’automne venu. Face à une équipe à la peine en championnat (14e), tout autre résultat qu’un succès des Rhodaniens serait perçu comme une ombe au tableau pour un groupe vainqueur de ses 6 derniers matchs à domicile en Ligue 1. Si les plus tatillons pointent du doigt la répétition des victoires par un seul but d’écart, le bilan olympien à domicile laisse pourtant rêveur : 9 victoires, 2 nuls, dont 1 concédé dans les ultimes instants ainsi qu’un autre obtenu lors d’un match sans enjeu, et aucun revers. L'inventaire n’offre qu’une infime place à la critique. C’est dire la difficulté de la tâche qui attend les Parisiens.

Les motifs d’espoir existent pourtant dans les rangs franciliens. Le premier tire son essence d’une spécificité symptomatique des difficultés actuelles du club parisien : les hommes de Guy Lacombe occupent la 18e et antépénultième place de la Ligue 1 à domicile mais la 9e à l’extérieur. Loin d’un Parc des Princes qui semble les paralyser, ils multiplient les prestations de qualité rarement récompensées. Hors de leurs bases, ils restent ainsi sur 3 matchs nuls « mal payés », à Auxerre, au Mans et à Nantes. « Ils méritent mieux que leur classement » répètent à l’unisson les joueurs lyonnais (Les Lyonnais sur leurs gardes).
L’autre source d’espérance parisienne réside dans leurs deux dernières venues à Gerland. Lors du trophée des Champions (1 – 1) et en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue, les coéquipiers de Mickael Landreau avaient longtemps tenu tête aux Lyonnais avant de céder dans les ultimes instants. Un bémol notable à apporter : les absences lors de ces deux affrontements de certains traditionnels cadres de l’effectif des champions de France, dont Grégory Coupet, Florent Malouda, Juninho, Abidal et Fred. Si l’attaquant brésilien, toujours en période de convalescence après sa déchirure de la face postérieure de la cuisse droite manquera de nouveau à l’appel, le retour des 4 premiers cités pourrait bien donner au onze lyonnais un tout autre visage que lors des 2 premiers actes. Autre motif satisfaction pour Gérard Houllier, la joie de pouvoir compter sur un secteur défensif au grand complet. Depuis les guérisons de Claudio Caçapa et Eric Abidal, l’entraîneur olympien a des problèmes de riche au moment de composer sa formation.
Les Parisiens ne pourront pas non plus compter sur des statistiques favorables : en championnat, depuis la saison 1994 - 1995, ils ne se sont imposés à Gerland qu’une seule fois, en 2005, alors que l’OL disposait de 14 points d’avance sur ses poursuivants à 5 journées de la fin, et sont repartis battus à 7 reprises en 12 confrontations.

Malgré le mauvais classement du club parisien, l’opposition entre l’OL et le PSG demeure un choc incontournable de la Ligue 1. « Paris reste toujours Paris » affirmait Juninho pour définir le caractère si particulier de cette rencontre, l'affiche la plus médiatique à Gerland depuis la venue... du PSG en Coupe de la Ligue le 25 octobre dernier. Chahuté par les turbulences nées du décès d’un de ses supporters au soir de la défaite face à l’Happoël Tel Aviv, le PSG sait qu’il se relèvera de la période délicate qu’il traverse. Il ignore toutefois quand. « La meilleure des choses pour eux serait qu’ils gagnent ici » analysait Florent Malouda. Une analyse relayée par Guy Lacombe. « La ville lumière vient chercher la lumière à Lyon ». Comme de coutume durant ce week-end si particulier entre Rhône et Saône, les Lyonnais voudront, en hôtes bien éduqués, se montrer dignes de leur histoire en illuminant Gerland… à leur façon.
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