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« Ils me subliment comme moi je peux le faire »

Publié le 11 mai 2013 à 08:02 par R.B

Joël Bats a passé 13 saisons au PSG et boucle sa 13ème à l’OL… Large tour d’horizon avec cet entraîneur dont les qualités techniques et humaines ont toujours été mises en avant par ses différents poulets…

Mardi 7 mai. Il sort d’une séance avec de jeunes gardiens belges et ne boude pas le plaisir qu’il a pris. En une heure de temps, il les a fait travailler et a forcément décelé qualités et défauts. Il ne voulait pas s’exprimer avant cet OL – PSG, mais il est gentiment revenu sur sa décision. L’entraînement, la relation avec ses différents gardiens… Le PSG… l’OL… et le match de dimanche… Propos d’un affectif rigoureux qui ne s’est pas installé dans la routine malgré sa très longue carrière.     

 Jo, quelle est la différence entre un bon gardien et un très bon gardien ?
« Un bon gardien, c’est celui qui est capable d’arrêter tous les ballons qu’on peut arrêter. Un mauvais gardien arrête un ballon impossible, mais laisse passer les autres. Un très bon gardien peut arrêter tous les ballons. Un gardien doit avoir du courage et un brin de folie. La taille ? Certains entraîneurs ne veulent que des grands gardiens et comme les méthodes de travail ont changé, ils peuvent aller aussi vite que les plus petits. Ces grands ont plus d’envergure, mais cela ne garantit pas pour autant le courage, la lecture du jeu. Un gardien doit être agressif, ne jamais subir… ». Il parle encore d’élargir son champ d’intervention.

Est-ce que tu as dû t’adapter au fil du temps ?
« Il a fallu s’adapter aux exigences du foot moderne comme la texture du ballon, le règlement, Tout va aussi plus vite. Il faut gagner du temps partout. Il y a de plus en plus de monde dans les surfaces de réparation… Il faut gérer les coups de pied arrêtés… »

Ton travail est-t-il différent en fonction de l’âge, de l’expérience des gardiens ?
« Oui, cela dépend. Par exemple, quand j’ai commencé à entraîner Greg, il avait 27 ans. On a d’abord fait un état des lieux. On a appris à se connaitre, à se faire confiance. On a fait des exercices en fonction des manques tout en continuant à travailler les points forts. Il a progressé. Avec les plus jeunes, c’est apporter le vécu, l’expérience. On leur apprend aussi à gérer un début de carrière. Faire un bon match, c’est donner à tout le monde, mais le répéter, c’est autre chose. Le but est toujours le même : être prêt le jour J »

Est-ce-que il y a une routine ?
«  Je ne connais pas ce mot dans le travail. Il faut surprendre en permanence. Le but étant d’avoir les mêmes objectifs. Après, il y a des gestes à faire, à répéter… Mais je les varie aussi. L’imprévu, c’est important. Et puis le travail dépend aussi de la psychologie de chaque gardien »

Il y a un échange. Ils me font repousser mes limites ; il y a des moments où c’est un peu plus dur. Ils me subliment comme moi je peux le faire. Et puis je suis affectif tout en étant rigoureux, juste. En ce moment les deux (Anthony Lopes et Mathieu Gorgelin), ce sont comme des fils.

Comment vis-tu la blessure d’un de tes gardiens ?
« Je culpabilise tout le temps que je sois fautif ou non. Je me dis que j’aurais pu faire différemment, donner un autre ballon. C’est donc une grosse tristesse quand cela se produit. Je sais ce que sait de ne pas jouer et de devoir regarder ses copains le faire ».

Quelle sont tes récompenses en tant qu’entraîneur ?
« Déjà de faire mon métier chaque jour, de venir à l’entraînement, d’apporter quelque chose à tous mes gardiens et les voir faire en match ce que l’on a travaillé à l’entraînement. C’est cela le haut niveau. J’ai dans ma tête tout ce qu’ils ont pu faire dans leur carrière… Pas besoin de photos, de vidéos, d’articles… Tout ceci, ce sera pour mes petits-enfants (sourires).

Jo et ses poulets ?
« Il y a un échange. Ils me font repousser mes limites ; il y a des moments où c’est un peu plus dur. Ils me subliment comme moi je peux le faire. Et puis je suis affectif tout en étant rigoureux, juste. En ce moment les deux (Anthony Lopes et Mathieu Gorgelin), ce sont comme des fils. Moi, j’ai attendu la  saison 84 avec Gérard Banide, pour avoir un vrai entraineur de gardien. De 76 à 84, je n’en n’avais pas eu. Cela m’a manqué… »

 Que représente le PSG ?
« Une aventure humaine avec Canal+ et Michel Denisot. 2 titres de champion de France et des Coupes. Cela représente des victoires. Les victoires, c’est ce que l’on retient en fin de carrière. Elles sont très importantes. Elles te poussent à travailler. Le PSG, c’est aussi une génération avec des gars que j’ai entraînés et qui sont devenus entraîneurs… J’ai joué puis entraîné Paul (Le Guen) et j’ai été son adjoint. Gérard (Houllier) m’a entraîné et j’ai été son adjoint… C’est marrant. Les victoires en tant que joueur et entraineur sont différentes. Joueur, tu ne penses qu’à toi… Entraîneur, c’est plus difficile au quotidien…  et tu vis  ces victoires par procuration»

Que représente l’OL ?
« Je dirais que cela prouve que je suis un homme fidèle et que j’ai quelques qualités… ».

Et ce match de dimanche ?
« Si on veut retrouver la Ligue des Champions la saison prochaine, il faudra faire un match de Ligue des Champions. Le PSG va le faire… Ce ne sera pas le PSG d’Evian ou de Valenciennes. Dimanche, ce sera celui de Barcelone… »


Source La Tribune OL spécial "OL - PSG"

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