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J-A Boumsong : "Sérénité, solidarité, humilité"

Publié le 11 décembre 2009 à 16:04 par BV

Au terme de l'entraînement à huis clos, Jean-Alain Boumsong s'est présenté devant la presse pour évoquer la période que traverse l'OL ainsi que la rencontre de dimanche face à Bordeaux.

Quel est l’enjeu de la rencontre de dimanche contre Bordeaux ?
Il est indispensable de faire un bon match et de prendre des points face à un adversaire direct dans la course au titre. Mais un match nul ne serait pas forcément une contre-performance, cela dépend de la physionomie du match.

BoumsongBordeaux n’est-il pas désormais le patron de la Ligue 1 ?
Si on regarde le classement de la saison dernière, forcément puisque Bordeaux a été sacré champion. C’était lui le patron. L’OL joue le titre chaque saison mais il faut bien reconnaitre que Bordeaux est aujourd’hui du même acabit que l’OL. C’est dur mais c’est la réalité. J’espère qu’on ne va pas l’accepter et qu’on va se battre pour récupérer le titre de champion de France.

A quel point la victoire face à Debecen a-t-elle fait du bien ?
Elle a donné plus de confiance. Cela faisait un moment que l’on n’avait plus gagné, surtout à Gerland.

La défense lyonnaise est très critiquée en ce moment. Comment le prenez-vous ?
La critique, quand on joue à l’OL, on s’y attend. Cela fait partie du milieu. Et puis, il faut reconnaitre qu’on n’a pas été très bons ces derniers temps. Mais cela ne s’adresse pas uniquement à la défense mais à l’ensemble de l’équipe car c’est l’équipe entière qui doit attaquer et défendre. Il y a un équilibre défensif à retrouver. Moi, je ne lis pas beaucoup en ce moment, je ne regarde pas la télé mais cela fait partie du jeu, il faut se battre pour avoir de bonnes critiques. La saison dernière, on avait l’une des meilleures défenses alors qu’on devait avoir la 6e attaque. Il y a peut-être là un parallèle à établir.

Duel en Champions League Toulalan/NgogQuel est l’impact de l’absence de Jérémy Toulalan sur la période difficile que traverse l’OL ?
C’est un joueur majeur de l’effectif. Son absence a une incidence sur le jeu et le bloc défensif de l’équipe. Il apporte une valeur ajoutée à l’équipe. On est actuellement dans une spirale un peu négative mais cela va repartir. Toutes les séries ont une fin et j’espère que celle-ci arrivera bientôt… (il se reprend) qu’elle a commencé, la fin. Il ne faut pas se désunir. Au cours de toute saison, il y a des mauvaises périodes. On est dedans, elle dure un peu. Mais je suis sûr que cela va repartir. Chez moi, un proverbe dit : « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil va arriver. »

Bernard Lacombe a déclaré ce matin dans France Football que l’équipe manquait de leaders. Est-ce un avis que vous partagez ?
Je n’ai pas lu cet article, mais non, je ne le pense pas. Cet effectif vit bien. Certains joueurs ont un peu plus d’expérience que les autres et sont un peu plus écoutés comme Govou, Cris, Vercoutre ou moi-même, ainsi que Toulalan dans une autre mesure. Il n’y en a peut-être pas assez. Des leaders qui se font suprêmement écouter, peut-être qu’il n’y en a pas, mais dans le foot moderne, avec la nouvelle génération, il est souvent très difficile de se faire entendre, surtout quand ils marquent des buts et que les médias les encensent. Mais la meilleure façon d’être un leader, c’est d’être bon sur le terrain. Moi, j’y suis volubile, peut-être parfois un peu trop même, ce qui me fait faire quelques erreurs de concentration et m’attire les foudres de mes partenaires. Vous connaissez Bernard (Lacombe). Il est authentique, il y a certainement dans ce qu’il a dit une part de vérité. Peut être cela nous amènera-t-il à faire un travail sur nous et à progresser.

Quels sont vos points forts par rapport aux Girondins de Bordeaux ?
On a une certaine expérience dans la gestion de ce type d’événement. En règle générale, quand l’OL est dos au mur, il a souvent su réagir. Il y a également l’homogénéité de notre équipe et le soutien du public. Celui-ci sera très important dimanche, ce sera même un élément essentiel.

En cas de défaite, le titre sera-t-il perdu ?
Non. La saison dernière, on avait 9 points d’avance après notre succès contre Bordeaux. En mars, on avait encore 6 points d’avance. Et pourtant, Bordeaux est revenu et nous est passé devant. Après ce match, il restera encore 22 journées. Si on perd, la bataille sera bien sûr encore plus âpre mais tout sera encore possible.

Quelle sera la clé de cette rencontre ?
Sérénité. Sérénité, solidarité, humilité.

La solidarité, c’est ce qui a manqué à l’OL ces derniers temps ?
Non, au contraire. Mais quand on n’a pas de bons résultats, il faut davantage se concentrer sur l’unité. A Lille, on a été solidaires en début de match. On ne s’est pas désunis mais on n’a pas été bons. Il faudra tirer des enseignements de ce match qui a stigmatisé la fragilité dont nous sommes l’objet en ce moment. Il y a un déséquilibre défensif, des joueurs qui ne sont pas à 100%, et cela crée forcément des déséquilibres  un peu partout. Il faut renforcer cette homogénéité. Cela passe par plus de solidarité et élever notre niveau de jeu.

Les oreilles de Claude Puel doivent siffler parce que la presse parle beaucoup de lui en ce moment…
Toutes nos oreilles doivent siffler, pas uniquement celles du coach. Je suis contre l’idée qui voudrait que si cela ne marche pas, c’est à cause de lui. C’est faux. C’est un ensemble. Les joueurs et le collectif ne sont pas au niveau. Il est bien entendu concerné mais il n’est pas le seul. Chaque joueur doit apporter plus au collectif. Il n’y a, en tout cas, pas de désunion entre le coach et le vestiaire. Nous sommes aussi fautifs que lui.

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