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« Je ne supporte pas de me faire passer »

Publié le 03 février 2016 à 08:00 par R.B

Jérémy Morel est l’un des Lyonnais les plus utilisés depuis le début de saison... Arrière gauche, dans l’axe, il affiche la même détermination... Exigeant, humble, rigoureux... il sait prendre le recul qui sied pour éviter toutes formes d’excès...

414 matches en pro entre le FC Lorient, l’OM et désormais l’OL où il est arrivé cet été en signant un contrat de 3 saisons. Il a débuté sa 13ème saison et aura 32 ans le 2 avril prochain. Un Trophée des Champions et 1 Coupe de la Ligue avec l’OM à son palmarès. Arrière  gauche, il a plus que dépanné dans l’axe à l’OM avec Marcelo Bielsa ; un axe qu’il a aussi occupé à l’OL quand Sam Umtiti était blessé. Il est le 5ème joueur utilisé en termes de temps de jeu. Un gaucher qui avoue : « mon pied droit, il me sert plus dans la vie de tous les jours que sur un terrain même si je me suis amélioré ». Et sur le foot : «quand je ne joue pas, je ne suis pas focalisé dessus. Et en plus, je n’ai pas de mémoire sur les matchs que j’ai joués... ».


Après 7 mois, est-ce-que tu te dis que signer à l’OL était le bon choix ?
« A partir du moment, où je l’avais décidé, c’était le meilleur choix. Je ne le regrette pas. J’étais venu pour jouer, avoir du temps de jeu. Pour l’instant, c’est le cas. Espérons que cela continue ».

Peux-tu définir une de tes caractéristiques sur le terrain ?
« Je ne supporte pas de me faire passer. Et si cela m’arrive une fois dans un match, je ne vais retenir que cela. Je ne lâche jamais rien. C’est inné. Je me bats. Le foot ? Je n’imaginais pas devenir pro. A la base, on m’a mis au foot parce que bougeais tellement... j’étais un petit démon. Il fallait me canaliser.  J’étais simplement content de jouer avec mes potes. La suite, je n’y pensais pas. Quand j’étais dans les équipes de jeunes au FC Lorient, je me souviens avoir reçu des convocations pour des présélections et cela m’embêtait tellement que j’avais refusé de m’y rendre. Peut-être que les choses auraient été différentes... (Il n’a jamais eu de sélections nationales dans toutes les catégories d’âge)».

La régularité ?
«Oui, elle est importante au quotidien. Cela demande de la rigueur. Bien sûr, il y a des hauts et des bas dans une carrière, mais il faut par exemple essayer de ne pas tomber trop bas pour se relever plus facilement. Après, je ne me juge pas sur un match et quand je me juge si j’ai fait un très bon match, je me dis seulement qu’il a été bon.
J’ai toujours été comme cela. Dans le jugement des autres, il faut faire la part des choses que ce soit dans les louanges comme dans les critiques. Humble ? J’ai été élevé dans cet esprit ».

Ton tacle sur Sarr  lors du dernier OL – OM ?
«J’avais pris des coups. J’avais fait la remarque à l’arbitre de touche... Et puis, je prends un coup de coude qui aurait pu me péter l’arcade... Dans «l’excitation » de la rencontre,  je fais ce geste qui aurait pu me valoir un carton rouge... Et je me serais dit que c’était bien fait pour moi ».  

Ouvrir ton compteur but avec l’OL ?
« Ce serait bien... Mais même quand je me trouve en bonne position, je préfère le plus souvent faire la passe en me disant que l’équipe a plus de chance de marquer avec un attaquant qu’avec moi... ».

Te définirais-tu comme un sportif ?
« En tous les cas, j’aime faire autre chose que du foot quand je le peux. Cet été pendant la trêve, j’ai fait les 24h de Kayak du côté de Lorient... Après la carrière, j’envisage de faire la Diagonale du Fou à la Réunion (164kms avec près de 10 000 mètres de dénivelé). J’aime la défonce... »

Ton image ?
« Je peux donner l’impression de me méfier, d’être inaccessible alors que ce n’est pas ce que je suis. C’est peut-être dû à mon regard noir et si en plus je fronce les sourcils... Du coup les gens n’osent pas venir vers moi... J’essaie de gommer cette apparence en souriant plus souvent ».

Ton côté breton ? Et celui réunionnais ?
«(En souriant, il parle nourriture). Les crêpes pour le premier ; j’en raffole. Et pour le second, la rougaille saucisse. En ce qui concerne le foot avec les créoles de France on essaie chaque année de faire un match amical contre une équipe des créoles de la Réunion ou contre une autre équipe... C’est sympa... »

Est-ce-que tu as pris tes repères dans le nouveau stade ?
« Oui, cela a été facile, même si cela a fait bizarre lors du premier match par rapport à Gerland. Malgré la présence de nos supporters, on avait l’impression de jouer à l’extérieur. Cela n’a plus du tout été le cas pour la venue de l’OM ».

 

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