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"Je suis un perfectionniste… Je ne lâche jamais…"

Publié le 17 janvier 2013 à 13:00 par R.B

Le défenseur serbe Milan Bisevac a une attitude, une personnalité… Il ne laisse pas indifférent… Il reconnait ses exigences… Il parle de son parcours de footballeur… de son envie de titres… de son bonheur…de sa fierté…

 Un voyage dans le temps, un voyage géographique, un voyage intérieur…  Le natif de Kosovska Mitrovica vous emmène au fil de sa vie, de sa carrière, de ses réflexions en une quarantaine de minutes d’interview. « Je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche ; elle était plutôt percée…  C’était compliqué tous les jours… J’ai toujours voulu devenir footballeur. Quand j’étais gamin à Belgrade, je partais tous les matins de chez moi à 7h avec deux sacs, un pour l’école et l’autre pour le foot. Je rentrais à 19h. Il fallait laver les affaires car je n’avais pas de change… Je passais tous les jours devant le Marakana (le stade de l’Etoile Rouge 55 000 places)… et  je me disais, p….., est-ce-que un jour moi aussi je jouerais dans ce stade ?». Le gosse a grandi et il a atteint son rêve lorsqu’il a signé son premier contrat avec le club de son cœur où il a joué de 2004-2006 et avec qui il a remporté une coupe et un championnat. « L’Etoile Rouge, c’est un grand club serbe comme le Partizan… Quand tu joues dans ces clubs, tu peux te faire remarquer…  Sans l’Etoile Rouge, je ne serais pas là… Plus tard, j’y retournerais peut-être… ».

En 2007, il a poursuivi sa route  en France au Racing Club de Lens, puis au VAFC, au PSG et désormais à l’OL. «A Lyon, je me suis adapté tout de suite. Cela avait été plus difficile en arrivant à Lens avec la barrière de la langue, la nouvelle culture… J’ai aussi plus d’expérience… Il  y a une superbe ambiance à l’OL… Je ne regrette pas mon choix, un super choix. L’OL reste un grand club avec un palmarès, une Histoire… Il y a vraiment tout ici ». Milan s’est tout de suite adapté… et imposé comme titulaire. Il a juste soufflé parfois en Ligue Europa (2 matchs disputés sur 6). Lens ? « Dommage que ce club soit en L2. Le Centre d’entrainement est magnifique… le VAFC ? J’ai passé trois belles années. Je n’oublierai jamais… Le PSG ? Un grand club, un grand stade… J’étais content là-bas. Après, c’est le foot… »

Quand tu as vu tombé les bombes en plein centre de Belgrade, après tu n’as peur de rien…

Ce solide défenseur central qui a dépanné au poste de latéral droit au PSG se connait parfaitement et ne s’en cache pas. « Je suis un perfectionniste. J’aime quand tout est nickel. Dès fois, c’est trop, je le sais. Quand ce n’est pas le cas, je peux m’énerver grave…  Je suis un guerrier ; je ne lâche jamais. Après l’élimination à Epinal, j’étais trop énervé pour parler… J’ai préféré rester dans mon coin… C’est une faute professionnelle… Dans la vie ? Je suis pareil mais je ne suis pas méchant…  Je sais mettre une barrière où tu ne passes pas derrière…   Mais je sais dire aussi excuse-moi  quand je suis allé trop loin! ».

 Le gaillard a du tempérament, celui d’un patron servi par sa stature, sa gueule, sa façon de parler, ses exigences, son vécu…. Pas du genre à se laisser intimider, ce gars que l’on verrait bien dans un polar, un film d’action où il ferait régner l’ordre! « C’est naturel…  La guerre en Serbie m’a donné une force…  Quand tu as vu tombé les bombes en plein centre de Belgrade, après tu n’as peur de rien… Alors la pression liée aux matchs, c’est bien de l’avoir, mais elle n’est pas gênante ». Et les attaquants adverses ? « J’y fais attention, mais pas plus que cela. Je suis concentré sur mon équipe, sur mon jeu. Il faut être toujours concentré, toujours présent pour ne pas faire de bêtises. Il y a de bons attaquants en L1 ». Et quand on lui dit qu’il ne fait pas beaucoup de fautes  sanctionnées par l’arbitre (26 en 21 matchs avec l’OL dont 8 fois 0 faute), il approuve. « Je n’ai d’ailleurs plus pris de carton en championnat (Un face à Bilbao début novembre en Ligue Europa.  Après, j’ai de l’expérience, je suis malin (sourire) et je continue d’apprendre… ». Il dit d’ailleurs : « je suis content de ma carrière, mais  elle n’est pas finie… ».

 Milan, 29 ans, a fait de sa passion, son métier. Mais, il n’est pas complétement comblé. « Gagner procure un plaisir immense. Mis à part avec l’Etoile Rouge, je n’ai pas remporté de titres. J’ai failli avec Lens et le PSG. J’espère le faire avec l’OL. Quand tu remportes un titre, tu te dis que tu as tout donné pour le foot  et que tu es récompensé.   Tu es fier de ton travail… ». Un espoir de fierté à venir avec  son nouveau club,  mais pas question de s’emballer pour l’instant. « On a bien réagi après notre élimination. C’était primordial de gagner même en faisant un mauvais match contre Troyes, sinon cela pouvait avoir un aspect négatif sur le groupe…  Pas question de s’enflammer pour autant. Il faut rester calme… Le championnat est serrée cette saison… ». Et lucide sur les chances de voir la Coupe du Monde au Brésil avec la Serbie. « Il faut déjà absolument gagner en Croatie et après ce sera encore très compliqué… Mais on ne va pas lâcher ».

Ne jamais renoncer, une des attitudes du numéro 15 olympien. Se battre, être exemplaire, positif et montrer son bonheur. « Oui, je suis toujours positif… et c’est difficile de vouloir être plus heureux dans ma vie… ».

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