masculins / OL - Auxerre J-1

Jean-Michel Aulas à Tola Vologe

Publié le 14 mars 2009 à 13:18 par R.B

Ce samedi matin, le président lyonnais est venu parler au groupe juste avant l’entraînement. Quelles étaient les raisons de sa visite ? Mais aussi quelles réactions à l’annonce faite par Karim Benzema ? Son commentaire à propos du calendrier ? Quel avenir pour Juninho ?

Président quel était le but de votre visite ce samedi ?

« Dans une famille, c’est important parfois de faire des petites réunions après des événements positifs ou non. J’avais besoin de discuter avec le groupe pour lui transmettre ce que je ressentais après une période difficile, après une élimination face à Barcelone à l’issue d’un match traduit par un échec cuisant contre une des meilleures équipes du monde. J’avais l’impression de revoir par moments le grand Ajax. J’ai donc livré un certain nombre d’analyses au groupe. Les plus personnelles, je ne les livrerais pas à l’extérieur du groupe. Ce que je veux dire de nouveau, c’est que je n’ai pas cherché d’excuses, je n’ai pas rejeté la faute sur d’autres. J’ai en revanche donné des explications structurelles comme au soir de l’élimination à Barcelone. Au passage je note qu’en Espagne, on ne jalouse pas comme en France, celui qui gagne. La réussite stimule les autres. J’ai tenu à dire au groupe qu’il ne fallait pas banaliser un titre de champion de France. Cette banalisation ne sert que ceux qui ont intérêt à ce que l’OL ne soit pas champion. Si l’OM ou le PSG était champion, ce serait extraordinaire. Je ne comprends pas.
Après 27 journées, nous sommes en tête du championnat, malgré le calendrier, les nombreuses blessures, les décisions de la Ligue qui ne nous ont pas toujours servis. Avec ces 11 matchs qui restent, nous pouvons faire quelque chose de formidable. Ce 8ème titre possible, on doit le revaloriser. La vie ne s’arrête pas à l’élimination à Barcelone. Cet objectif est formidable, aussi beau que le premier. 8 titres d’affilé, ce serait unique en Europe. Plus personne ne le ferait. Cela vaut le coup de se secouer mentalement. Nous avons l’obligation de nous redresser. Notre capacité à le faire ne doit d'avoir d’égal que la teneur de certains commentaires à notre égard. Cela doit avoir un effet de levier ».

Comme réagissez-vous à l’annonce de Karim Benzema ?

« C’est une réaction positive. J’espérais car je connais Karim. J’avais confiance dans sa maturité. Lui comme « Juni », Cris… ont répondu par avance aux interrogations légitimes des supporters et à mon attente. Tout ceci s’est fait sans concertations. La décision de Karim est un atout pour le futur du club. La motivation collective vient de l’exemplarité de ses meilleurs joueurs. Je les en remercie. La force de l’OL, ce sont les décisions que nous prenons aujourd’hui pour demain. Nous préparons toujours avec 1, 2 ou 3 ans d’avance. Gérer, c’est prévoir ! Mon rôle c’est de donner envie aux joueurs de rester. Mon rôle c’est de remonter le moral quand c’est nécessaire. Le club est serein, magnifiquement managé par Claude Puel. Il apporte ce que nous attendions de lui, même si ce n’est pas facile. Je le répète, nous avons avec ces 11 matchs à jouer un challenge formidable à relever. Ce match d’Auxerre est déterminant. Il faut que le public soit derrière son équipe. Les supporters ont prouvé à Barcelone en se déplaçant en nombre que l’OL faisait partie du gotha européen. Si nous franchissons ce cap auxerrois, ce qui ne sera pas évident après la série délicate, cela peut annoncer une fin de saison formidable. Le passé n’a aucun intérêt. Le prochain match, oui. Comme les futures saisons à préparer. Je tiens à remercier Jerôme Seydoux pour ce qu’il apporte aussi dans ces moments ».

Et si vous receviez une grosse proposition pour Karim ?

« Nous avons eu des offres gigantesques dans la première partie de saison. Aujourd’hui, des éléments nouveaux sont venus perturber les comptes des clubs. J’ai d’ailleurs annoncé des pertes pour l’OL. Et la situation économique pourrait pénaliser les éventuels transferts que nous faisions par le passé. De toute façon l'OL s'est organisé en fonction du marché en faisant une augmentation de capital (55 millions €). Karim Benzema ne partira pas ».

Pensez-vous que Juninho va rester à l’OL ?

« « Juni » est un joueur exceptionnel comme le fut « Sonny ». C’est le joueur le plus formidable que l’OL ait connu. Il a permis au club de passer du niveau national au niveau international. « Juni » a besoin d’être bien dans sa tête, d’être bien entouré. C’est un affectif. Aujourd’hui, il en est en contrat avec l’OL. Il saura me dire ce qu’il a envie de faire. Rester, changer de cap… Je m’en tiendrais à son choix. Il le sait. Je ferais comme j’ai fait avec « Sonny ». Le club a une reconnaissance formidable envers lui. On fera ce qu’il a envie de faire. Il connait les relations que nous avons avec lui».

Que vous inspirent les décisions liées au calendrier ?

« J’ai livré un combat après celui de Barcelone. Le combat du calendrier. Ce fut un vrai match jeudi et vendredi. Le championnat démarrera le plus près des autres championnats étrangers. Certains voulaient au départ qu’il débute le 25 juillet. Je voudrais remercier Claude Puel de m’avoir aider dans la préparation de ce dossier. Et remercier 2 personnes. Raymond Domenech qui a accepté une solution de consensus qui lui va moins bien. Le président de Fédération, Jean-Pierre Escalettes. Il a su écouter nos arguments. Prendre en compte la position de Raymond Domenech, puis trouver le consensus pour démarrer le 8 août. Moi, je souhaitais au départ le 15. La décision permettra à l’OL de bien démarrer la saison avec tous ses internationaux. La Coupe de la Ligue sera allégée pour les clubs européens. Le bilan ? Une bonne décision a été prise dont je suis satisfait ».