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Jérôme, le couteau suisse de l’équipe (1/2)

Publié le 25 mars 2014 à 12:33 par SC

Jérôme Renaud, le couteau suisse de l’équipe

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Il vit au plus près des joueurs et de leurs besoins. Où ils sont, Jérôme Renaud est. Son métier d’intendant exige cette omniprésence mais aussi une grande polyvalence. Il nous fait plonger dans les coulisses du Stade de Gerland, autour du choc contre Monaco. 1ère partie.

Le suivre n’est pas chose aisée. Surtout lors d’un avant-match. Il passe d’une pièce à l’autre, du vestiaire au local de rangement, des coulisses du stade à la pelouse…Bref, Jérôme Renaud est toujours partout mais jamais nulle part. L’intendant de l’équipe professionnelle doit se démultiplier s’il souhaite avoir toujours un temps d’avance et répondre à tout besoin, comme l’exige son métier. On est trois heures avant le match face à Monaco, un peu moins de deux heures avant l’arrivée des joueurs lyonnais, le moment où tout doit être prêt. Pour cela, il y en a déjà un qui s’active dans les coulisses du Stade de Gerland. Jérôme Renaud fait un métier qui ne nécessite pas d’études mais qui s’apprend sur le tas. C’est le cas de ce dernier qui, avant d’arriver ici, a été multifonctions au début de son parcours professionnel.  « J’ai eu une très belle opportunité quand un poste d’intendant s’est créé car il y avait trop de travail pour une seule personne. C’est comme ça que je suis arrivé ici. J’étais là au bon moment. J’ai fait tous les métiers du monde. J’étais boucher au départ. Puis, j’ai touché un peu à tout ». Comme il le fait aujourd’hui en tant qu’intendant. Les maillots, les ballons, les crampons, les serviettes…tout est entre ses mains.

L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare »

Maurice Blondel, philosophe du 19ème siècle

 

13 heures. Jérôme Renaud arrive au centre d’entraînement de l’OL alors que le coup d’envoi du match entre Lyonnais et Monégasques ne sera sifflé que dans quatre heures. « J’arrive au moins 1h30 avant les joueurs, c’est le minimum. Comme ça, je suis un peu moins dans le speed ». Sa journée de travail commence. Elle ne finira qu’aux alentours de 21 heures. Entre-temps, aucune pause. L’intendant a beaucoup à faire. Et il ne doit oublier aucune des tâches qu’il a à accomplir en ce jour de match. La première des étapes est de récupérer tout le matériel dont il aura besoin tout au long de cette journée et qu’il a soigneusement préparé un peu plus tôt dans la semaine. « J’essaie de prendre au maximum de l’avance, surtout quand on joue tous les trois jours comme c’est le cas en ce moment ». Des centaines de kilos d’affaires en tout genre rangées minutieusement dans pas moins de huit malles et dans cinq volumineux sacs de sport.

Jérôme fait un inventaire d’une partie de ce qu’il amasse méthodiquement dedans. Tout d’abord les maillots de match. « Il y en a une cinquantaine. Il en faut deux par joueurs de champ. Pour les gardiens, c’est différent. Il faut trois couleurs différentes minimum. L’arbitre peut décider de faire changer les couleurs, même si tout est décidé à l’avance lorsque j’envoie en semaine les couleurs que nous allons porter à la LFP, qui valide ». Qui dit maillots, dit shorts et paires de chaussettes qui vont avec…une cinquantaine de tenues complètes de match donc. Et pour l’échauffement ? « Il y a au moins un équipement maillot, short, chaussettes par joueur ». Comme si cela ne suffisait pas, selon le règlement, l’intendant du club qui accueille doit aussi prévoir pour les autres, ses hôtes. « L’équipe qui reçoit doit avoir un jeu de maillot, short, chaussettes numéroté du 1 au 18 et sans publicité, sans rien. C’est pour dépanner l’équipe visiteuse au cas où ».

Il lui faut aussi répondre aux demandes particulières des joueurs. « Après il y a des sous-maillots, des cuissards… c’est du cas par cas. Normalement, le joueur n’a qu’à venir avec ses chaussures, sa trousse de toilettes et ses protèges tibia pour certains. Il a besoin de rien d’autres sinon. Il veut un chewing-gum, je le lui donne c’est tout (sourire) ». Jérôme est prêt à tout. Mais, il est surtout préparé. Les joueurs et leurs mimiques n’ont plus aucun mystère pour lui. « Je connais tous les besoins de chaque joueur. Je sais qui met quoi…les tailles, les habitudes de tout le monde. On sait à l’avance ce qu’ils veulent ».

Le vestiaire, une tanière

13 heures 30. Les malles et le camion sont chargés à bloc. On dirait qu’il part en tournée. Mais non. Une rue à traverser et à peine quelques dizaines de mètres de parcourues, le voilà déjà au terminus. Tout ce qu’il vient de charger, il faut le décharger puis l’amener dans les vestiaires de l’équipe. Deux longs couloirs à sillonner, puis les portes d’un des lieux les plus secrets de l’OL. Le lieu de travail d’une des personnes les plus discrètes et méconnues du staff aussi…situation paradoxale pour celui qui est l’homme à tout faire. « Je suis un peu en retrait, je travaille dans un endroit non ouvert au public, où tu ne peux pas faire rentrer n’importe qui. Je fais partie de ces employés de l’ombre ». Dans ce lumineux et grand vestiaire mais encore vide, Jérôme est pour le moment le maître des lieux. A lui de le garnir. « Je pose un maillot de match sur le banc à côté de la tenue d’entraînement et d’une serviette. J’en accroche un autre au cintre, avec le derrière du maillot en vue ». L’intendant a d’ailleurs eu une attention toute particulière pour Bafétimbi Gomis, qui fêtait son 300ème match de Ligue 1. « J’ai préparé un souvenir pour Bafé en lui floquant un maillot avec le numéro 300 ».

15 heures 35. Les silhouettes des joueurs lyonnais apparaissent. Les mines extérieurement décontractées mais déjà très concentrés dans les têtes, ils font leur entrée dans le vestiaire. Un endroit forcément sacré pour tout footballeur. Rien ne doit venir perturber leur concentration d’avant-match, un moment crucial où la rencontre se joue déjà, peut se perdre ou se gagner. Jérôme s’en est assuré. « Mon objectif est qu’ils arrivent dans les meilleures conditions, celles qu’ils aiment bien pour que rien ne les tracasse avant le match et qu’il ne soit concentré que sur le match ». Rien ne doit donc être laissé au hasard. « La pire des choses qui pourrait m’arriver c’est d’avoir oublié quelque chose. Moins on parle de moi, mieux c’est. L’erreur est tout de suite visible ». Une fois encore les joueurs peuvent se préparer l’esprit tranquille, profiter de leurs habitudes et de leur place aussi. « A domicile, chacun a sa place déterminée. Les choses se sont faites naturellement. Il n’y a que 20 places dans le vestiaire. Les arrivants prennent les places libres. Les gardiens sont vers l’entrée, ils ont toujours été dans ce coin. Rémy (Vercoutre), Anthony (Lopes), Hugo (LLoris), Grégory (Coupet)…ont tous été là ». Et tous savaient qu’ils pouvaient compter sur Jérôme.

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