masculins / OL 4 - Metz 0

John Carew retrouve le sourire

Publié le 11 mars 2006 à 22:48 par BV

« Nous aurions pu inscrire plus de buts si John Carew s'était montré un peu plus adroit devant le but ».

Simple constatation d’après match dans la bouche de Gérard Houllier au soir de la victoire au Philips Stadion mais lancinante inquiétude dans les esprits des supporters olympiens : John Carew ne marquait plus.
Celui dont certains spécialistes se demandaient après 4 journées s’il n’était pas « trop fort pour notre championnat » ne parvenait plus à confirmer les énormes espoirs suscités par un début de saison exceptionnel. Après avoir inscrit 6 buts lors des 4 premiers matchs, le natif de Lorenskog avait très nettement ralenti l’allure…jusqu’à caler au soir de la 17e journée après un crochet sur Mario Yepes et une frappe du pied droit qui venait se loger dans le petit filet de Lionel Letizi.
John Carew n’est certes pas redevenu ce soir l’intraitable rouleau compresseur qui terrorisait toutes les défenses de Ligue 1 mais il a retrouvé le chemin des filets. C’est bien là l’essentiel pour cet insatiable buteur. Si sa seconde période fut plus calme, la première contribua grandement à fêter de la plus belle des manières ses retrouvailles avec les supporters rhodaniens.

Il dut pourtant attendre la 3e minute pour toucher son premier ballon, sur la ligne médiane. Après plusieurs appels en profondeur et une grosse débauche d’énergie, le grand Norvégien ne tardait pas à confirmer les propos de Rémi Vercoutre qui affirmait au soir de la qualification contre Eindhoven : « John revient de mieux en mieux même si sa soirée fut un peu incomplète car il souhaitait vraiment marquer ». Dès la 9e minute, il profitait d’une passe en profondeur lumineuse d’un Juninho omniprésent pour envoyer sa lourde frappe du pied droit de peu au dessus du but de Wimbée. Pas le temps de laisser retomber les « Carew, Carew » qui montaient des tribunes de Gerland qu’il voyait son ballon s’enfuir au ras du poteau droit du portier messin (10e). Jouant souvent en remises il complotait avec Tiago, Juninho et Florent Malouda pour permettre au Guyanais d’ouvrir le score (13e).
Durant un début de match largement dominé par les hommes de Gérard Houllier, il se montrait omniprésent dans les airs. Au terme du premier quart d’heure, il se positionnait ainsi aisément en leader du classement des têtes avec 5 prises aériennes. Une minute plus tard, il ajoutait une unité à ce superbe tableau de chasse en reprenant victorieusement un corner de Juninho (16e). Grâce à cette présence au premier poteau, il inscrivait son 13e but sous les couleurs olympiennes et mettait fin sous les « Carew, Carew » à un trop long mutisme de 13 journées de championnat, 2 matchs de Champions League et 2 de coupe de France. Plus qu’une traversée du désert, une éternité, ces 17 matchs!
Constamment accompagné d’un Stephane Borbiconi pratiquant un marquage (ultra) individuel, le Norvégien attirait à lui une défense lorraine qui n’hésitait pas à effectuer des prises à deux et à régulièrement mobiliser ses 3 arrières pour étouffer le numéro 9 olympien. Et, lorsque les mailles du filet jaune se desserraient, sa vitesse et sa formidable capacité d’accélération faisaient la différence. Après deux coups de reins dans la surface messine, son centre en retrait longeait dangereusement la ligne de but sans trouver preneur (28e) et sa frappe passait de peu à gauche du cadre (35e).

Au terme d’une première mi-temps durant laquelle il aura parfaitement alterné entre les remises, comme cette subtile offrande à Sylvain Wiltord (37), et ses 5 tirs, il regagnait les vestiaires en tête des classements des tireurs (5 frappes au but) mais également des ballons joués de la tête (7).
Visiblement très volontaire, il entamait la seconde période à grande vitesse. Après une course de 30 mètres, il regardait incrédule monsieur Lannoy lui refuser un penalty mérité suite à un accrochage de Bassong (46e). Quelques instants plus tard, il ne pouvait reprendre de la tête un centre puissant d’ Eric Abidal (52e). Epuisé et usé, Stephane Borbiconi abandonnait son marquage et laissait à Bassong la lourde tâche de subir le Norvégien.

Les 20 minutes suivantes étaient essentiellement consacrées à des remises et des courses sur le coté gauche. Cette position excentrée lui permettant d’offrir 3 centres. Sur une grosse occasion après un centre parfait de Benoît Pedretti, il était à quelques centimètres d'inscrire de la tête ce second but tant espéré (72e).
Il terminait cette rencontre avec des statistiques plus proches de celles entrevues lors de son début de saison. Trustant la première place des classements des tirs (8 devant Tiago à 5), des têtes (12 devant Bédia à 7) et des ballons perdus (26), il « semble revenir à son meilleur niveau au meilleur moment » selon Patrice Bergues. Au regard des rendez-vous cruciaux qui attendent les Rhodaniens, son retour en forme ne sera pas de trop pour des Lyonnais à l’ambition dévorante.
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