masculins / OL - Rennes J-2

John Mensah : "Je dois maintenant oublier"

Publié le 27 février 2009 à 18:00

Que s’est-il exactement passé lors de la rencontre face au Havre ?
Ce fut très bizarre pour moi. J’ai joué dans beaucoup de pays mais je n’ai jamais vu un supporter se comporter ainsi lors d’un match de foot. Pour moi, ce qu’il a fait n’est pas normal. J’ai été capitaine à Rennes et avec le Ghana, mais je n’ai pas compris pourquoi il a agi ainsi. Il était alors difficile pour moi de me concentrer et de ne penser qu’au ballon. Je ne sentais plus mon football, je pensais trop en mal. Quand je suis rentré aux vestiaires, j’ai dit au coach qu’il serait très difficile pour moi de jouer en seconde période, que j’étais très nerveux. Quelques minutes auparavant, Kader m’avait dit : « laisse tomber et joue, dans l’intérêt de l’équipe ». Ca m’a un peu calmé, sinon je serais sorti avant.

Avez-vous réellement souhaité rentrer au Ghana ?
J’étais tellement choqué que je ne m’imaginais pas à nouveau heureux de jouer au football, je voulais rentrer dans mon pays. Mon père est mort, ma mère est restée au Ghana ; ici je n’ai que ma femme. J’ai donc pensé qu’il était mieux d’être avec elle, avec mes proches au Ghana pour me calmer.

Cette pensée vous habite-t-elle toujours ?
Non. L’Olympique Lyonnais est une grande, grande, grande équipe. Je me suis dit que je devais rester ; je suis un footballeur, ce que je fais, je le fais pour moi-même. Toute chose qui ne me rend pas heureux me renforce pour la suite de ma carrière. C’est ce qui m’a incité à rester. Je dois maintenant oublier. Je lui pardonne ce qu’il a fait mais j’espère que cela n’arrivera plus jamais à un joueur africain. Nous jouons tous ensemble. Nous avons le même sang, la même couleur. Dieu a créé un seul monde. Il n’y a que la couleur de peau qui change.

Avez-vous vous distinctement vu le supporter qui vous a insulté ?
Non, car il y a avait trop de monde dans les tribunes. Il était difficile de voir qui c’était. Je ne pouvais pas regarder tous les supporters, j’étais trop loin.

Dans quel état d’esprit étiez-vous mardi face à Barcelone ?
J’ai concentré toute mon attention sur l’équipe. Je me suis calmé pour être concentré et bien défendre, même si mon physique n’était pas à 100%.

Comment vous sentez-vous au poste d’arrière droit ?
C’est un peu difficile car ce n’est pas mon poste de prédilection, même si en Italie, j’y ai déjà évolué. Mais depuis que je suis arrivé à Rennes, je n’évolue qu’au poste de défenseur central. Je suis content d’évoluer à droite si c’est pour les besoins de l’équipe. J’y joue comme un défenseur, pas comme un attaquant. Je perds parfois le ballon mais ce n’est pas de ma faute : je suis avant tout un défenseur.

Au regard des performances actuelles de Cris et de Boumsong, vous dites-vous qu’il va vous être difficile de vous imposer dans l’axe de la défense ?
Non. Je suis content pour tous les défenseurs de l’OL. Je suis venu pour jouer en défense centrale aux cotés de Cris mais je me suis blessé. Je suis heureux de jouer, quelle que soit ma position, du moment que l’équipe gagne.