masculins / OL 4 - Toulouse 0

"Juni" et "Bry" sous le feu des projecteurs

Publié le 06 février 2005 à 10:32 par R.B

[IMG4444L]Servis idéalement par un très bon collectif, ils ont marqué l'un et l'autre la rencontre face à Toulouse. Pour diverses raisons. Le Brésilien n'en finit plus d'être décisif sur coups de pied arrêtés et dans le jeu. Le gamin a franchi une grosse étape depuis quelques semaines au point de le voir de plus en plus dans la peau d'un titulaire. Ces 2 là respirent le football, marquent des buts et participent grandement à la belle aventure olympienne...

Sport collectif, le football se nourrit d'actes individuels qui ont parfois tendance à faire oublier l'importance de la collectivité. Une équipe n'existe pas sans cet amalgame parfois précaire où l'ambiance joue aussi un rôle déterminant. Lorsque la machine tourne à plein régime comme samedi soir pour celle des Lyonnais face aux Toulousains, il est toujours difficile de mettre en exergue un ou deux éléments. Personne n'est dupe, si Juninho inscrit ses coups francs, il le doit à la qualité exceptionnelle de son pied droit dans cet exercice, à sa science de justicier, à son travail. Il le doit au boulot de ses potes ; il le doit aux fautes qui sont commises, même si ce coquin sait les provoquer lui-même à l'approche de la surface de réparation adverse. Si Bergougnoux brille, tout le monde s'accorde à dire que c'est le résultat d'une évolution dans son jeu, d'une prise de conscience individuelle mises au service de ses énormes qualités. Cependant, contre Toulouse, sans la fausse piste de Nilmar, il n'aurait peut-être pas marqué son 4ème but en championnat.



Ces quelques remarques tout à fait « standards », afin de ne froisser personne, avant de revenir sur « Juni » et « Bry ». Le Brésilien a encore fait parler son pied droit. 9ème but de la saison en championnat, soit 5 coups francs (Ajaccio, St-Etienne, Metz, Toulouse x 2), 3 pénalties (St-Etienne, Sochaux, Lille) et un but dans le jeu (Auxerre). Et mis à part sa réalisation, tous ses buts sont décisifs soit pour débloquer la situation, soit au tableau d'affichage final. Samedi soir il n'a tiré que 3 fois vers la cage de Revault ; 3 coups francs tous cadrés. Il en est en 20 rencontres à 49 tirs (1 but tous les 5 tirs) : 42 hors de la surface de réparation dont 37 coups francs (16 cadrés) ! 7 frappes dans la surface de réparation dont 3 pénalties réussis et un but. Et l'on n'oublie pas son coup franc en Coupe de France contre Viry-Châtillon. Ce jour là 2 tirs, 2 coups francs (1 but et 1 transversale).



2 buts donc contre Toulouse pour porter son chiffre de coups francs lyonnais à 17. 17 parce que celui inscrit contre Sedan le 10 août 2002 à la 69ème minute de jeu en combinant avec Anderson est bel et bien un but sur coup franc. Et puis ses coups de pied arrêtés ont aussi amenés directement des buts en servant de passes. Depuis son arrivée à l'OL, toutes compétitions confondues 12 corners ont servi de passes décisives (OM x 2, Sochaux x 3, Monaco, Auxerre, Montpellier, Metz, Bastia, PSG, Troyes) ; 18 coups francs ont eu le même résultat (Fenerbahce x 2, Manchester, Guingamp, Le Havre, Strasbourg, Sochaux, Bordeaux x 2, Monaco x 2, OM, Celtic, PSG, Sedan, Rennes, Troyes, Bastia). Le seul accroc dans le domaine de ces exercices arrêtés étant le pénalty arrêté par Landreau le 1 février 2003 pour un nul 0 à 0 contre Nantes à Gerland.



Avec ce diable de bonhomme qui vient de fêter ses 30 ans le 30 janvier, nous avons l'impression de nous répéter, mais comment s'en lasser ! D'autant que sa prestation contre les Toulousains a été quasi parfaite dans tous les autres domaines du jeu. 1 à 2 passes manquées en 75 minutes et quelle importance dans le collectif. « Juni », c'est un joueur plein de talent au service de ses partenaires.



Il a 8 ans de moins, mais Dieu qu'il devient lui aussi important dans les rangs olympiens. Le môme, que l'on devinait bourré de qualités il y a 4 saisons, explose au grand jour. Il a minci ; il a épuré son jeu des scories liées à sa facilité technique et à son envie de réussir. Il est certainement toujours obsédé par le but, mais plus au point de se la raconter trop perso. En 2001-2002, il avait joué 20 minutes à Lens pour l'ouverture du championnat en remplaçant Née. Qui se souvient que quelques jours plus tôt, il avait « claqué » en amical à Annecy contre le Dukla Prague sur un joli lob synonyme de succès 1 à 0. C'était le 19 juillet. 2 jours plus tard, il remettait cela à Gerland contre le Sparta dans le but adossé au virage Sud ? Il va rejoindre ensuite le groupe CFA pour le reste de la saison 2001-2002. En 2002-2003, il ne sera jamais aligné par Paul Le Guen. La saison dernière, il portera 15 fois le maillot lyonnais (1 trophée des champions ; 11 en championnat et 3 en Coupe de France). Il inscrira son premier but officiel le 3 janvier 2004 à St-Omer contre Aire-sur-la-Lys à la 72ème d'un lob lointain. Au total, 274 minutes de jeu.



Tout s'accélère ensuite cette saison après un Tournoi de Toulon accompli avec l'Equipe de France Espoirs (meilleur buteur) . Il entre d'abord en jeu le plus souvent en fin de rencontres, jusqu'à débuter son premier match le 10 novembre 2004 à Lille en Coupe de la Ligue avant ce fameux soir contre le Sparta, le 8 décembre et ce but à la 92ème minute. « Bry » franchit incontestablement un cap. Il sera titulaire pour la première en championnat à Sochaux, puis de nouveau face à Rennes et contre Toulouse. 4 buts en championnat en 404 minutes de jeu. Soit quasiment 1 but par match si on ramène ses prestations au temps de jeu réel ! 24 tirs ; 11 hors de la surface (6 cadrés) de réparation dont 2 buts ; 13 dans la surface (9 cadrés) dont 2 buts. Soit un but tous les 6 tirs. Sans oublier la passe décisive contre Rennes à Govou. Il a joué cette saison 20 des 34 rencontres de l'OL pour un temps de jeu de 659 minutes. Bryan le gentil qui se dit parfois « chiant » a un football spectaculaire. Il y a mis l'efficacité et Gerland en a fait un de ses chouchous. Samedi contre Toulouse, sa maman était pour la première fois dans les tribunes. Son fiston a dû lui procurer du bonheur et nous on se dit que si les petis cochons ne le mangent pas, il n'a pas fini de grandir. Au fait connaissez vous son souhait pour la saison prochaine? "Je veux être titulaire à Lyon...". Samedi soir contre les Violest il a touché 47 ballons: 29 passes à destination, 6 manquées, 5 récupérations, 3 tirs cadrés et 4 non cadrés, 1 faute subie. Sur ses 35 passes 17 ont été faites vers l'avant, 4 latéralement et 14 en arrière.



Enfin pour que l'histoire soit encore plus belle, "Juni" et "Bry" ont un point commun: ils ont débuté le même jour dans le championat de France le 28 juillet 2001 à Lens!



R.B