masculins / PSG 0 - OL 1

La classe du champion

Publié le 16 avril 2006 à 22:50 par BV

C’est avec classe que les Olympiens ont remporté ce choc face au PSG. « Nous allons aller gagner à Paris » prédisait Sidney Govou. A l’inverse du match les sacrant lors de la saison 2003/2004, les quintuples champions de France ne se sont pas contentés de faire valider leur titre.

A l’image de leur fin de saison dernière, ils ont mis un point d’honneur à s’imposer avec la manière devant une équipe de Paris au jeu jusqu’ici chatoyant mais dépassée et dominée durant la quasi-totalité de la partie. Grâce à ce succès, les joueurs lyonnais égalent le record de 12 victoires à l’extérieur durant une saison. Un record qu’ils partagent désormais avec Marseille (1971/1972 et Saint-Etienne en 1978/1979).

Pourtant, au coup d’envoi, certains pouvaient douter de la motivation des rhodaniens, la défaite de Bordeaux à Lille ayant définitivement levé tout suspense et sacré le club olympien pour la 5e fois d’affilée. Les effusions de joie avaient été spectaculaires. A l’image de la formidable volonté des joueurs de l’OL de repousser toujours un peu plus les limites de l’histoire. A ce dessein, bon nombre d’objectifs occupaient encore les esprits rhodaniens au coup d’envoi. Au premier rang de cette quête inachevée, conserver leur invincibilité à l’extérieure tenait une place de choix. « Rester invaincus en déplacement vaudrait une coupe » déclarait ainsi Gérard Houllier pour mieux étalonner la qualité d’une telle performance. Afin d’atteindre cet objectif, le coach rhodanien n’avait pas modifié son traditionnel 11 de départ. Désireux de ne pas tronquer la suite du championnat, il alignait au coup d’envoi son équipe-type. Comme depuis plusieurs matchs, Fred était préféré à Carew et Réveillère à Clerc.

A tous ceux qui craignaient que l’OL ne soit démobilisé, Malouda répondait par de fulgurantes accélérations sur son coté gauche (3e, 10e). Juninho égayait un début de partie parfaitement maîtrisé par le milieu rhodanien et Sylvain Wiltord était à quelques centimètres d’ouvrir le score après une action litigieuse dans la surface parisienne (20e).
Les Lyonnais déroulaient et provoquaient les applaudissements nourris du Parc au terme d’un une-deux dans la surface entre Sylvain Wiltord et Juninho. Lionel Letizi claquait le ballon en corner (23e). Sur le coup de pied de coin, le Brésilien déposait le cuir sur le crâne de Fred qui inscrivait d’une tête à bout portant son 3e but en autant de rencontres (24e).
L’OL récitait ses gammes et lorsque Fred décalait Djilla Diarra dans l’axe de la surface parisienne, le Malien se lançait dans un subtil numéro d’équilibristes, butait sur le portier parisien et déclenchait l’ovation d’un Parc conquis par le jeu déployé par les joueurs de Gérard Houllier (34e). Juste avant la pause, Florent Malouda faisait une nouvelle fois passer des frissons dans les travées du Stade en adressant une lourde frappe contrée (45e) que Lionel Letizi regardait, heureux, effleurer son poteau droit.

Délivrance après le titre acquis la veille et parfaite expression de la prophétie du coach rhodanien, « notre jeu n’en sera que meilleur car nous irons jouer là bas sans pression », la qualité de jeu des Rouge et Bleu détonne et impressionne.
Seul instant d’inquiétude pour Grégory Coupet et les siens durant une première période largement à l’avantage des Gones : Pauleta frappait à deux reprises au ras du poteau du gardien international (1e et 40e).

Guy Lacombe faisait entrer Carlos Bueno en lieu et place du buteur portugais. Après une bonne frappe au dessus (46e), l’Uruguayen laissait volontairement traîner la semelle sur le genou de Grégory Coupet (48e) avant de s’écrouler à l’entrée de la surface (50e). L’heure de jeu et la pression parisienne passées, le rouleau compresseur lyonnais reprenait sa marche en avant mais ni Tiago (64e), Malouda (66e), Fred (69e), Juninho (79e) ou encore Abidal ne parvenaient à doubler le score. Derrière, Rémy Vercoutre entré en jeu à la place de Grégory Coupet (67e) sauvait à deux reprises les siens devant Kalou (70e) puis Paulo Cesar (71e).
Au bout du temps réglementaire, Govou touchait la barre transversale et Fred butait sur Letizi (89e). Dans les arrêts de jeu, le Brésilien était à quelques centimètres de dribbler le portier francilien mais le score n’évoluait plus.
Les 1500 supporters lyonnais se faisaient entendre dans un Parc déserté. Aux « Champions de France allez » succédaient les « Merci l’OL ». Dès la fin de la rencontre, l’ensemble du groupe s’en allait communier avec ce formidable 12e hommes avant que Patrice Bergues, Robert Duverne et Gérard Houllier ne viennent partager leur bonheur avec ce soutien de chaque instant. Epilogue de cette si belle soirée, Rémy Vercoutre leur offrait un streep-tease improvisé.
« Notre parcours va donner de la valeur au titre » affirmait Gérard Houllier. Après cette performance, chacun se réjouit que l’OL ait été sacré si tôt. Vivement la suite.
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