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La conférence de presse des Lyonnais

Publié le 30 mars 2007 à 16:04 par BV à Enghien

A la veille de la finale de la Coupe de la Ligue entre Bordeaux Gérard Houllier, qui n’a jamais perdu une finale, et Juninho, qui n’a jamais disputé de finale de coupe nationale, se sont confiés à la presse.

Gérard Houllier :

Considérez vous qu’il s’agisse du dernier « gros » match de la saison pour l’OL ?
Non car pour moi, ce sera celui qui attribuera définitivement le titre. Cette finale est un rendez-vous important pour l’histoire du club et pour le palmarès des joueurs. C’est la raison pour laquelle j’ai tenu à ce que tous soient présents. Il y a là une sorte de logique entre notre premier match de qualification et la finale. Pratiquement tous les joueurs ont participé au parcours. De plus, pour moi, le match le plus important, c’est toujours celui qui va suivre. Les matchs qui vont suivre vont être déterminants pour l’attribution du titre.

Les Bordelais ont-ils un avantage au regard des semaines de préparation bien différentes des deux équipes ?
Je ne résonne pas ainsi. Si Bordeaux a cet avantage, l’OL a celui de disposer d’internationaux, de joueurs qui ont un niveau qui leur permet de jouer sur le plan international. De plus, notre équipe se connait bien. On a l’habitude d’évoluer ensemble. Le groupe est très heureux de se retrouver. Il y a une montée en puissance à l’approche de cette finale. Cette dernière ne vient pas trop tôt mais au bon moment. De plus, j’ai confiance. Au très haut niveau, les joueurs sont capables d’enchainer les matchs et de ne pas mélanger les choses. On a fermé le tiroir international, on ouvre celui de la Coupe de la Ligue et la semaine prochaine, on va s’attaquer à celui du championnat.

La préparation d’une finale diffère-t-elle de celle d’un match traditionnel ?
Oui. On est au vert. Ce n’est pas un sacrifice mais une contrainte privilégiée. C’est donc une préparation différente. Elle est également différente de celles des autres finales que j’ai pu connaitre car les joueurs sont rentrés dans la nuit de mercredi à jeudi pour la plupart. On sait que c’est un grand rendez-vous et qu’il faudra répondre présent. En tout cas, on est confiant : on va réaliser une très bonne performance.

Vous avez remporté toutes les finales qui vous avez disputées. Vous basez-vous sur cet élément ?
Non, pas du tout. C’est vrai que cela confère une forme d’expérience car vous savez quelles sont les qualités nécessaires à ce genre de rencontre. Ce qui me donne confiance, c’est la qualité et l’enthousiasme du groupe mais également sa solidarité. On a connu des moments difficiles que l’on a traversés ensemble. On s’est resserrés, même si ce fut quelques fois dans la douleur.

Voyez-vous cette finale comme une sorte de revanche après la victoire de Bordeaux à Gerland ?
Je n’aime pas le terme de revanche. Bordeaux a eu beaucoup de chance en s’imposant à Gerland. Je les ai trouvés également très physiques. On n’aime pas perdre sur notre terrain et en particulier contre notre dauphin.

A quoi tient l’issue de cette finale ?
Au très haut niveau, tout se joue sur des petites choses et des détails. La communication et le mental jouent un rôle important.

[IMG41770#L]La perspective de réaliser le premier doublé de l’histoire du club augmente-t-elle la pression qui pèse sur vos épaules ?
…Augmente la fierté et la responsabilité. Ainsi que l’envie des joueurs. Ce sera une sorte de progression logique pour le club. On s’est battus pour en arriver là. Le match contre le PSG est un symbole de la volonté des joueurs d’atteindre cette finale. Dans la causerie, je vais également mentionner le public. Vis-à-vis de nos supporters, de leur soutien indéfectible depuis le début de la saison et des 35 000 personnes qui vont faire le voyage, il y a une forme de récompense à leur donner.

Sera-t-il plus douloureux que d’habitude de composer la feuille de match ?
Douloureux n’est pas le terme. J’ai souhaité avoir tous les joueurs car tous contribuent au succès. On sait qu’il n’y a que 18 joueurs sur la feuille de match mais on sait que l’on est tous ensemble et que les onze sur le terrain sont les ambassadeurs d’un groupe uni. La déception sera forcément légitime pour certains mais sera probablement compensée par l’attitude et la qualité qu’ont souvent les joueurs dans ce genre de situation.




[IMG41803#R]Juninho :

Dans quel état êtes-vous à la veille de cette finale ?
Quand j’ai signé mon contrat de 5 ans à Lyon, je n’imaginais pas être ici aujourd’hui nanti de cinq titres de suite et pouvoir jouer une finale de la Coupe de la Ligue. Je suis bien sûr très fier de mon parcours personnel mais également de celui de l’équipe. Aujourd’hui, on se demande pourquoi l’OL n’a pas gagné la Ligue des Champions. Cela démontre l’évolution du club. Je suis fier et j’espère que le meilleur est encore à venir. Je n’ai jamais gagné de coupe nationale. C’est même la première fois que je joue une finale de coupe nationale. Je souhaite donc faire un bon match et aider l’équipe à gagner.

La perspective de réaliser un doublé compense-t-elle à vos yeux la déception de ne pas être parvenus à aller plus loin en Ligue des Champions ?
Gagner un sixième titre de champion de France serait historique. En début de saison, la priorité du club était le sixième titre. Le doublé serait historique pour le club. La photo va rester à vie. A nous de faire partie de cette histoire. Personne n’a jamais fait ce doublé. Cela vaut vraiment un effort.

Vos déclarations après la rencontre face à Rome vous ont-elles mis un peu plus de pression que d’habitude ?
Pour moi, qu’importe la compétition ou l’adversaire. La pression doit toujours être à 100% car c’est sous pression que l’on parvient à faire de bons matchs. Le football est un sport collectif. L’équipe gagne ensemble. La force de l’OL a toujours été le collectif.

Vous avez récemment affirmé jouer malgré une blessure aux adducteurs. Êtes-vous aujourd’hui à 100% ?
Aujourd’hui, dans le football de haut niveau, si tu attends d’être à 100% pour jouer, tu ne disputes qu’un seul match par mois. J’ai une petite douleur aux adducteurs depuis le début du mois de janvier mais on arrive à la contrôler. On a fait un match amical qui a facilité la récupération. De plus, tous les joueurs ont envie de jouer une finale.

[IMG41983#L]Que pensez-vous d’Ulrich Ramé ?
Ramé est un joueur clé de cette équipe, celui qui a le plus d’expérience. Je crois que je n’ai jamais marqué contre Bordeaux.

Redoutez-vous cette équipe de Bordeaux ?
Depuis deux mois ils montent en puissance et sont plus réguliers. Malgré le classement qui nous place devant eux, une finale, c’est toujours un match différent. Bordeaux est une équipe de qualité. De plus, cette finale est pour eux une chance de marquer leur saison.

Un petit mot sur vos relations avec les supporters lyonnais.
Avec le temps et les résultats, j’ai construit une histoire d’amour et obtenu la reconnaissance du public. Ce qui me donne du plaisir, c’est que les gens soient contents de ce que je fais sur le terrain. J’éprouve plus de joie à donner du plaisir qu’à en recevoir.
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