masculins / OL 1 - PSG 1

L'abnégation récompensée

Publié le 22 décembre 2003 à 16:56 par TL

Mené depuis la fin de la première mi-temps après un but de Pauleta, l'OL a dû puiser dans ses ressources pour faire sauter le coffre-fort parisien et arracher une égalisation méritée à 5 minutes de la fin. Mais ce petit point acquis dans la douleur, s'il conforte les Gones à leur deuxième place, ne s'avère pas forcément une bonne affaire dans la course au leader monégasque...



Et Grégory Coupet s'est incliné... Pour la première fois en huit confrontations face au buteur portugais, le gardien international lyonnais a dû aller chercher un ballon de Pauleta au fond de ses filets. On jouait la 41e minute et la frappe enroulée du Parisien, à l'angle de la surface, faisait mouche, imparablement. Juste avant la pause le coup était dur à encaisser pour des Gones qui, jusque là, avaient inlassablement buté sur le mur parfaitement dressé par les hommes d'Halilhodzic.



En fait, dès l'entame de ce match au sommet entre le deuxième et le troisième de L1, les Champions de France prenaient conscience de la tâche qui les attendait. Les joueurs de la Capitale pressaient haut et les hommes de Paul Le Guen, qui alignait son traditionnel 4-5-1 avec Dhorasoo et Juninho en milieux défensifs, éprouvaient les pires difficultés à trouver des solutions. Peguy Luyindula, sans doute le meilleur olympien de la partie, en était ainsi réduit à prendre sa chance de loin (4').



Mais Paris n'était pas venu à Gerland, encore plein et chaud bouillant ce soir, seulement pour défendre. Et Fiorèse se retrouvait même tout proche d'ouvrir le score dans un face à face avec Coupet, mais le portier rhodanien prenait impeccablement le dessus (12'). Bref, les Lyonnais pouvaient d'ores et déjà se poser quelques questions quant à la suite des opérations. Néanmoins la réaction olympienne ne tardait pas puisque, dans la foulée, à la suite d'une bon mouvement collectif, Juninho, de la tête aux 6 mètres, obligeait Alonzo à une parade désespérée (13').



Alors que l'on croyait l'OL enfin lancé de cette rencontre, Pauleta faisait des siennes et, idéalement placé dans la surface lyonnaise, tirait juste au-dessus (15'). Et le Portugais de rappeler aux coéquipiers de Caçapa que leur marge de manœuvre serait très étroite... D'ailleurs, même s'ils reprenaient la possession du ballon et une certaine maîtrise du jeu, sous la houlette notamment de Dhoarsoo et Juninho, les Gones ne trouvaient que rarement des positions de tirs. On notait ainsi, en tout et pour tout, un coup-franc de Juninho, stoppé par Alonzo (21'), et une tête de Malouda, sur un corner du Brésilien, filant de peu au-dessus (23').



Trop juste pour véritablement inquiéter une arrière garde parisienne impressionnante dans sa couverture défensive et qui étouffait littéralement les attaquants olympiens. Arrivait alors la 41e minute et ce but de Pauleta qui, juste avant la pause, compliquait encore un peu plus les affaires des Gones.



Des Gones qui allaient donc devoir en montrer davantage au retour des vestiaires pour renverser une situation, si ce n'était désespérée, du moins particulièrement inconfortable. Habitué toutefois à ce genre de scénario, l'OL repartait alors tambour battant en ce début de seconde période et faisaient le siège des buts d'Alonzo. Le gardien parisien devait ainsi intervenir sur un premier tir d'Elber (50'), puis sur une nouvelle tentative du Brésilien qui oubliait malencontreusement Malouda au moment de délivrer la dernière passe (56'). Dans la foulée, c'était Heinze qui sortait en corner un centre tendu de Réveillère, venu prêter main forte à ses attaquants (57').



Cette fois l'OL avait sérieusement repris les choses en main et l'égalisation paraissait proche. Un tir rageur de Berthod semblait même être le bon, mais Alonzo sortait encore le grand jeu (60'). Paris, fidèle à la devise de la ville, tanguait mais ne coulait pas. Un superbe enchaînement contrôle et frappe enchaînée d'Elber n'y changeait rien, le ballon terminant sa course dans le petit filet extérieur (64'). Devant tant d'efforts vainement récompensés face, il est vrai, à l'une des plus solides défenses que l'on ait vu à Gerland depuis longtemps, les Lyonnais devaient se demander s'il parviendrait à leur fin. Paul Le Guen en étant réduit à ce même constat d'impuissance, il introduisait alors Carrière à la place de Malouda pour tenter de trouver la faille (69'). Un coaching qui allait se révéler particulièrement judicieux...



En attendant, même si les poussées lyonnaises se faisaient de plus en plus espacées, les efforts consentis et... les mouvements d'anti-jeu parisiens commençant à se ressentir, la physionomie du match ne bougeait pas d'un iota. Paris ne dépassait plus, ou quasiment, la ligne médiane et les Champions de France monopolisaient le ballon aux abords de la surface adverse. Et comme toujours, la solution allait venir d'un coup de pied arrêté de l'incontournable Juninho. Du moins le croyait-on, car le tir du Brésilien, armé près de la ligne de touche côté gauche, était enlevé de sa lucarne par un Alonzo de gala (78'). Dans la foulée, le gardien de la Capitale écoeurait encore un peu plus les attaquants lyonnais, en détournant une frappe sans angle d'Elber (82').



Le temps tournait inexorablement et cette fois l'heure devenait grave pour l'OL. Il restait tout juste 5 minutes à jouer dans le temps réglementaire et Paris se dirigeait, chaque seconde un peu plus, vers un succès de prestige. C'est alors que l'on reparlait du coaching de Paul Le Guen. Pourquoi ? Tout simplement parce que Carrière passait dans la surface parisienne pour reprendre un centre au cordeau de Luyindula et expédier le ballon sous la barre d'Alonzo qui, cette fois, ne pouvait rien (85') ! Le "10" olympien, et tout Gerland avec lui, pouvaient savourer l'instant ! Dans une ambiance qui venait de retrouver toute sa chaleur, la fin de match allait être totalement folle.



Moins de 60 secondes après son but, Eric Carrière, en pleine euphorie, était même à deux doigts de terrasser à lui seul le PSG. Malheureusement, au sortir d'un brillant enchaînement, son tir croisé venait mourir à quelques petits millimètres du poteau d'Alonzo, visiblement battu (86'). Les Gones étaient littéralement déchaînés et d'une défaite presque certaine quelques minutes plus tôt, ils passaient cette fois tout proche de la victoire. D'autant que M. Bré indiquait 6 minutes d'arrêts de jeu et permettaient aux Olympiens d'y croire encore davantage. Cependant, malgré une dernière tentative de Dhorasoo, qui passait juste au-dessus (93'), le renversement de situation des Lyonnais s'achevaient au stade des illusions et le score restait figé à un partout.



Difficile de dire si ce point glané de haute lutte est plutôt positif ou non, sachant a fortiori que Monaco peut compter 10 longueurs d'avance demain soir en cas de succès à Rennes, mais l'abnégation une nouvelle fois affichée par les Lyonnais dans une partie qui semblait leur échapper fut admirable et prouve plus que jamais leur désir de ne rien lâcher. Alors que la belle année 2003 qui les a vu conquérir un deuxième titre de Champion et une place dans le top 16 européen s'achève, c'est cet état d'esprit qu'il leur faudra désormais afficher tout au long de l'année 2004 qui arrive. C'est reparti pour un tour...
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