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Lacombe: "La Coupe... tu ne peux pas savoir!"

Publié le 05 janvier 2005 à 08:57 par R.B

[IMG725L]Ceux qui ont quelques dizaines de bougies à leur compteur personnel se souviennent peut-être des belles histoires de <b>l'Oncle Paul</b> dans le journal <b>Spirou</b>. Quel merveilleux narrateur! A l'OL, pas besoin d'Oncle Paul… il y a <b>Bernard Lacombe</b>. Si ce délicieux Oncle commençait toujours ses récits mis en image par un «il était une fois… », «<b>Nanar le Lyonnais </b>» débute les siens de façon « lacombienne » : «Ecoute moi… oh si tu savais… je vais te dire… » ; avec lui, en plus, il y a le son et l'image. Un régal...

Ceux qui ont quelques dizaines de bougies à leur compteur personnel se souviennent peut-être des belles histoires de l'Oncle Paul dans le journal Spirou. Quel merveilleux narrateur! A l'OL, pas besoin d'Oncle Paul… il y a Bernard Lacombe. Si ce délicieux Oncle commençait toujours ses récits mis en image par un «il était une fois… », «Nanar le Lyonnais » débute les siens de façon « lacombienne » : «Ecoute moi… oh si tu savais… je vais te dire… » ; avec lui, en plus, il y a le son et l'image. Un régal !



Fort de ses 63 matchs de Coupe de France (27 à l'OL, 5 à l'ASSE et 31 à Bordeaux), de ses 3 finales disputées, de ses 2 succès et de ses 39 buts, le natif de Fontaines-sur-Saône n'a pas oublié, mais Bernard n'oublie jamais rien, cette compétition. Il avoue même, mis à part son premier match en pros, le 7 décembre 1969 à Paris contre le Red Star, couronné par le premier de ses 255 buts en championnat qu'il a 3 souvenirs inoubliables avec l'OL… à ce jour : le soir de la remontée en D1 après un match contre Cuiseaux en 89 ; le soir du premier titre de Champion de France contre Lens et… la victoire en Coupe de France contre Nantes 2 à 1 le 17 juin 73. Trivic avait ouvert le score à la 29ème minute sur pénalty ; Bernard allait doubler la mise à la 63ème minute de jeu. Une balle en profondeur… une petite amortie coquine de la main pour s'amener le ballon sur son pied… et quelques secondes plus tard Bertrand–Demanes avait le museau dans le gazon. L'irascible canari, Didier Couécou, réduisant le score à 5 minutes de la fin en inscrivant lui aussi un but « non valable ».



Alors raconte Bernard… raconte… «Tu ne peux pas savoir. Je me souviens de ce retour à Lyon le lundi 18 juin vers 17h. Nous avions pris le Mistral à Paris et quand nous sommes arrivés au quai n°2 à Perrache, la gare était noire de monde. Le quai n° 1 était littéralement envahi ; il y avait des gens sur le toit… après cela avait été de la folie dans la ville. A cette époque la rue de la République était ouverte à la circulation ; avec Raymond Domenech, nous l'avions descendue en sens interdit… puis pendant les vacances, nous avions amené la Coupe à Bandol… ».



Bernard avait encore 20 ans. Malgré ses 23 buts en championnat et sa place de dauphin du grand Josip Skoblar (26 buts) au classement des buteurs, l'OL n'avait pas brillé dans la saison régulière (13ème). Maintien assuré, les Gones avaient un peu laissé « quiller » le championnat pour se consacrer à cette épreuve. « Notre entraîneur Aimé Mignot, nous avait rapidement annoncé la couleur en nous disant que si nous voulions sauver notre saison, il fallait gagner la Coupe de France… ». L'ancien goleador (315 buts toutes compétitions confondues en 626 matchs officiels) a mis en route la boîte aux souvenirs ; plus personne ne peut l'arrêter ! Et avec lui, on refait le parcours victorieux. «D'abord, un succès contre Noeux les Mines 3 à 1 (But : Lacombe 2 et Chiesa 1) ; en 1/16ème, on bat le Racing 2 à 1 (Di Nallo et Lacombe) ; puis Bordeaux 3 à 0 à Gerland (Lacombe, Trivic, Di Nallo) et 1 à 3 en Gironde (Di Nallo) ; en quart on perd à Marseille 1 à 0 avant de les dominer chez nous 4 à 0 (Lacombe 2, Baeza, Chiesa). En demi-finale, on élimine Avignon. Te souviens-tu de cette équipe? Il y avait une belle brochette de givrés ! On perd 1 à 0 dans le Vaucluse et ici, on leur a marché dessus ; victoire 4 à 1 (Lhomme, Baeza, Trivic et Lacombe). Et puis il y a cette finale arbitrée par M. Wurtz, surnommé le Nijinski du sifflet".



« Tu ne peux pas savoir ce que sait de remporter la Coupe de France. Les anciens comme Baeza, « Louba », Di Nallo… étaient remontés comme des pendules à chaque match… Ils la voulaient absolument. « La Fleur », tu ne le reconnaissais pas quand il entrait sur la pelouse… ». Les yeux heureux d'un gamin qui vient de décrocher la lune, Bernard avoue qu'il ressent toujours des frissons lorsqu'il passe par la gare Perrache… En revanche, la défaite 2 à 0 contre Marseille en 76, il aimerait bien la gommer de sa mémoire. «Perdre en finale, c'est terrible. Au moment de la remise de la Coupe, je n'ai pas voulu rester sur la pelouse. Je suis rentré dès la fin du match aux vestiaires… ».

De son succès bordelais en 86, il considérera qu'il était plus attendu ; quand à la finale 87, « Mémé » Jacquet lui avait préféré Fargeon pour conduire l'attaque girondine ; un Fargeon qui inscrira d'ailleurs l'un des deux buts bordelais de la victoire contre Marseille (2 à 0). « Le matin, quand « Mémé » a annoncé l'équipe, cela m'a fait bizarre… Celle là, je ne l'ai pas gagnée». De toute façon, on a le sentiment que la plus belle à soulever c'était celle aux côtés de son idole Fleury Di Nallo. Et il l'a fait pour la vie...



R.B

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