masculins / Werder 0 - OL 3

Laissez nous un peu savourer...

Publié le 24 février 2005 à 02:07 par R.B

[IMG4760L]Le football de haut niveau va vite ; très vite ; trop vite. Pas le temps de se poser ; d'apprécier. Partir, revenir ; s'entraîner, jouer, récupérer… enchaîner… Mais pour cinq petites minutes… une éternité… laissez nous savourer en paix sans penser tout de suite à demain. Demain et ce <b>Derby</b> tant attendu... Il est déjà dans tous les esprits...

Le football de haut niveau va vite ; très vite ; trop vite. Pas le temps de se poser ; d'apprécier. Partir, revenir ; s'entraîner, jouer, récupérer… enchaîner… Mais pour cinq petites minutes… une éternité… laissez nous savourer en paix sans penser tout de suite à demain.



Mercredi soir sous les coups de 23h dans la zone mixte du Weserstadion de Brême. Une cinquantaine de journalistes attendent la sortie des artistes. Le car de l'OL attend lui aussi pour filer vers l'aéroport. Pas besoin de caméra, de micro, de magnéto, de stylo pour fixer les images. Inoubliables… Paul Le Guen passe le premier. Les titres, les succès, la victoire du jour ne modifient en rien sa haute silhouette élégante. Il pourrait avoir le port altier… mais cet homme de peu de mots, aux propos réfléchis en toutes circonstances, penche toujours la tête vers vous pour s'exprimer, vous saluer. La tape amicale, rare, signifie tellement chez lui… Cela s'appelle le respect. Paul était très heureux après le match et mesuré : « pour entrer dans le cœur des gens, il faut gagner des titres». La saison n'est pas encore finie…



Diarra le Malien, a livré une prestation de standing mondial. Plus bel animal que jamais, il parle de travail. « L'action du but, nous l'avions répétée… le travail te fait toujours progresser… J'ai aimé notre état d'esprit… ». Lamine Diatta redescend du car pour répondre à un journaliste. Calme, discret… comme toujours, « Lame » savoure en silence. Malouda s'exprime de nouveau. «Je suis toujours très disponible. Mais à force tu as envie de prendre un peu recul pour laisser parler les autres. Cela évite aussi de te répéter… J'avais besoin tout simplement de cette coupure médiatique… ».



L'heure du départ approche, dans un coin, Wiltord, Coupet et Micoud discutent le bout gras en se marrant. « Greg » confie ensuite cette chose incroyable : «très rapidement dans les vestiaires, j'ai dit aux gars que samedi, il y avait le derby ! Pas le temps de se relâcher. Il faut tout de suite passer à autre chose ». Heureux de retrouver la Champions League après sa blessure contre Fenerbahçe, le gardien international est sur un nuage en pensant à la performance collective du groupe.



Puis, Juninho, cravate en vrac, s'arrête ; répond à toutes les questions avec ce débit rapide qui le caractérise. Le match ; son coup franc… mais surtout le derby à jouer. Toujours se projeter vers la rencontre suivante. Tout le monde s'impatiente. Il y a un papier, un son à envoyer ; un avion à prendre ; du matériel à ranger. Le « Boss » savoure. En costume malgré le froid, Jean-Michel Aulas est fier de son équipe, de ce groupe, de son club. L'épaule douloureuse l'a privé d'un séjour complet dans la Cité Hanséatique, mais ce succès efface le passé. « Une revanche exceptionnelle… reste maintenant à finir le travail… ». Favori de la compétition cet OL ? « Difficile de répondre aujourd'hui… ». Une chose est sûre : moins il restera de matchs à disputer et plus le titre sera en vue. Cris, paupière en berne, recousue à la hâte sur la pelouse enneigée, ferme quasiment la marche avec Nilmar dans ses pas. La troupe victorieuse peut s'ébranler vers son chez soi.



Le Weserstadion a éteint ses lumières avec la gueule de bois. Le retour de la colonie française sera d'une douceur exquise en repensant à ces 90 minutes. Fermons les yeux… les souvenirs se bousculent… Au choix, les nombreuses tentatives des locaux (26 tirs); l'accumulation des corners (14) ; la bataille aérienne (9 têtes en direction de la cage lyonnaise) dans un ciel allemand plombée par les flocons de neige ; la résistance superbement organisée des Gones. La capacité de ces derniers à contrer avec réalisme : 3 buts et un poteau en 8 tirs ! Ces 2 buts merveilleusement bien construits ; un troisième de l'éternel Juninho : son 18ème coup franc olympien, son 4ème loin de Gerland, pour un total de 47 unités en 3 saisons et 7 mois. Les 20 buts lyonnais en 7 rencontres de Champions League! Les arrêts de Coupet ; 13 en tout dont 2 décisifs à des moments cruciaux. La puissance du collectif ; l'intelligence situationnelle ; le respect évident des consignes… Le plus apporté par des individualités qui font désormais rêver les plus puissants d'Europe. Il y a même eu 2 ou 3 approximations qui font douter « un peu ». Il y a ce constat : c'est la première fois que le Werder ne marque pas de but à domicile cette saison ; la deuxième fois après le match à l'Inter Milan qu'il n'en marque pas… tout court ; la première fois qu'il en encaisse 3 chez lui… Et pour finir des conditions climatiques à l'extrême limite de l'entendement qui nous ont laissé personnellement les jambes tétanisées par le froid !



Le spectacle a été total ; le résultat a dépassé les espérances. Cette soirée est entrée dans la légende personnelle de la maison olympienne. Cependant, il faut de nouveau passer à autre chose ; avancer… La prochaine étape sera verte, mais d'un Vert domestique. Inutile d'en rajouter… tout le monde connaît la chanson. Ce Derby était déjà bien présent dans l'esprit des héros de Brême. Rassurés en le constatant, cela devrait éliminer plus facilement la fatigue accumulée et le peu de temps pour souffler avant samedi 17h 15. Après avoir savourer, place maintenant au match suivant… en imaginant rien d'autre qu'un nouveau succès. L'OL a les ailes du plaisir qu'il dispense quasiment à chacune de ses sorties. Comme ce beau moulin brêmois au coeur d'un hiver rigoureux...



R.B

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