masculins / Stage à Tignes

« L’apprentissage de la souffrance »

Publié le 04 juillet 2013 à 14:16 par RB

Rémi Garde

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La difficile montée de l’Iseran est un symbole de dépassement de soi, d’atteinte d’objectif… Rémi Garde détaille l’importance de ces efforts pour un sportif de haut niveau…

L’entraineur lyonnais vient de boucler les 11 kilomètres de montée qui se terminent à 2 760m. La pente est raide, l’air plus rare. Le cadre magnifique embellie par la présence de la neige. 1h et 39 secondes d’efforts avec certainement l’envie de tout envoyer bouler dans les instants de grande souffrance. Pas évident de tout apprécier. Le visage logiquement marqué, blanchi par le sel, Rémi récupère et attend ses joueurs sur la ligne d’arrivée. Il y a dans son attitude du contentement, des souvenirs, des attentes et des exigences. Cette montée n’est pas seulement une parenthèse dans la saison et elle ne représente absolument pas un divertissement. L’acte sportif dans sa dureté, sa beauté, son plein d’émotions.

Rémi trouve facilement les mots pour exprimer ses idées, ses sentiments. « Cette montée, elle se fait d’abord au mental ; c’est le premier critère. Et comme dans un match de foot, avant de lutter contre les autres, tu te bats contre toi-même. C’est cela le sport de haut niveau ».

Et sans se mettre en avant, les efforts fournis en ce 4 juillet le renvoi à son passé de joueur. « J’ai appris cela entre 18 et 20 ans, l’âge de nombreux joueurs du groupe actuel. J’avais de grands rêves et je me suis brisé les deux genoux. Mon rêve de devenir pro s’est cassé. C’est bien plus terrible que de monter l’Iseran. Pendant deux ans, j’ai dû me battre pour me reconstruire. J’ai fait du vélo pour ma rééducation et à chaque coup de pédale, je me disais que personne ne m’empêcherait de réaliser ce rêve de jouer au foot, de porter le maillot de l’OL, mon club. J’ai réussi ; je l’ai fait. J’ai même porté celui de l’équipe de France à 6 reprises. Ma carrière, je l’ai faite au mental. Les jeunes doivent se rendre compte de la chance qu’ils ont ».

N’oublions jamais que les plus grands joueurs ont souffert pour réussir

Le mental ingrédient indispensable du sportif de haut niveau. Cela semble évident Rémi ? « Oui, mais je veux que les jeunes le comprennent. D’abord lutter contre soi. C’est ce message que je veux faire passer. Avoir la rage de vaincre pour réussir. Et ensuite quand je vois les premiers, qui ont plus de facilités dans cet exercice car ils ne sont pas tous naturellement pareils, attendre les autres pour les encourager dans leurs derniers mètres de souffrance après avoir tout donné, cela me plait ». L’esprit d’équipe déjà entrevu chaque jour à un niveau plus fort que certaines fois.

Dans cette période pourtant délicate, Rémi était content comme cela l’est souvent depuis le début de ce stage. « Oui, je suis satisfait de ce qui s’est passé ce jeudi matin. Devant l’inégalité des moyens que possèdent les uns et les autres pour pratiquer ce sport, aucun n’a lâché. L’épreuve de ce matin est une réussite. C’est fantastique de voir cela ». Une image, celle par exemple du « vétéran » Steed Malbranque qui grimpait pour la première fois l’Iseran. Sa rage de se surpasser, sa motivation, sa rage de vaincre ne peut laisser insensible l’amateur de sport. Un symbole.

Avant de partir féliciter les derniers arrivants épuisés, les jambes tétanisées pour cette satanée pente, l’entraineur lyonnais conclut : « le sport de haut niveau, c’est dur. Il y a un apprentissage de la souffrance. N’oublions jamais que les plus grands joueurs ont souffert pour réussir ».

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