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Le changement dans la continuité ?

Publié le 15 septembre 2006 à 20:08 par BV

« Match-piège ». L’expression convenue est sur toutes les lèvres au moment d’évoquer le déplacement des Lyonnais au stade du Moustoir pour y affronter les Lorientais.

Le quintuple champion de France qui rend visite au 3e du dernier exercice de Ligue 2. Un Olympique Lyonnais candidat à sa propre succession qui affronte un FC Lorient aux rêves de maintien. Une piégeuse enceinte du Moustoir loin de rappeler le Gerland surchauffé qu’ont connu les Rhodaniens mercredi. Une hypothétique décontraction après un récital européen sous les feux des projecteurs opposée à une volonté exacerbée des Merlus de faire tomber l’ogre lyonnais. Tous les attributs du parfait « match-piège » sembleraient réunis.

Pourtant, à y regarder de plus près, ce bref tableau de l’événement présente tous les traits du raccourci abusif. Les qualités des Merlus sont indéniables et bien connues du groupe lyonnais. Brillants vainqueurs du PSG et de Nantes, les hommes de Christian Gourcuff ont réalisé un prometteur début de saison marqué par 2 victoires, 2 matchs nuls et 1 seule défaite. Un Rhodanien averti en valant deux, Jérémy Toulalan et les siens ne pêcheront pas par excès de suffisance. « J’avais vu leur première période contre Bordeaux. Ils m’avaient impressionné. Ils avaient perdu mais s’étaient montrés très bons » précise l’ancien Nantais au moment d’évoquer leur seul revers en 5 rencontres. 8 points sur 15 possibles, 8 buts marqués, 6 encaissés, des jeunes en pleine réussite à l’image de Pierre-André Gignac auteur d’un triplé face à Nantes et une belle 8e place au classement, leur bonne entame de saison attire l’attention et les prive de l’habituel effet de surprise dont bénéficie traditionnellement tout promu. « C’est vraiment une bonne équipe qui a la même philosophie de jeu que Troyes, qui joue et développe du jeu » révèle ainsi un Gérard Houllier avisé.

Pour compliquer la tâche des coéquipiers de Steve Marlet, privés de Fabrice Fiorèse, le passé des Olympiens aux lendemains des matchs de Ligue des Champions ne plaide pas plus en faveur d’un relâchement coupable des champions de France. La saison passée, les Gones avaient ainsi très bien réussi leurs déplacements de lendemains de soirées européennes. 4 victoires (à Rennes, Metz, Toulouse et Troyes) pour 3 nuls (à Bordeaux, Nice et Saint-Etienne), soit un bilan de 11 buts marqués pour 3 encaissés. Une étonnante capacité des olympiens à se reconcentrer que Patrick Müller attribue à la formidable mentalité qui règne dans le groupe. « Grâce à notre passion de jouer, de nous retrouver et de prendre du plaisir tous ensemble sur le terrain, il nous sera facile de nous reconcentrer sur la prochaine rencontre contre Lorient ».

Si le contexte entourant ce troisième affrontement entre Merlus et Lyonnais diffèrera notablement de la démonstration de football infligée au Real Madrid, le onze titulaire pourrait également bénéficier du regain de motivation d’un banc ouvert. « Je vais en laisser certains au repos en prévision de la succession des matchs à venir » révélait Gérard Houllier. En tête du classement du total de minutes jouées, Jérémy Toulalan attendra-t-il avant de disputer son 100e match en Ligue 1? Florent Malouda son 200e ? Assistera-t-on à LA première apparition d’Alou Diarra sous le maillot olympien ? « C’est presque probable ». Seule assurance de l’ancien manager de Liverpool, Sidney Govou, blessé au genou laissera sa place.

Autre source de motivation pour les Lyonnais : frapper un peu plus, si besoin en était, les esprits en remportant leur 4e victoire consécutive à l’extérieur. Le 6e titre en « objectif numéro un », le coach lyonnais trace sa feuille de route avec application sans négliger le moindre point de passage. « Notre parcours de septembre comprenait 6 cols. Nous atteignons le 3e ». Avant d’accueillir Lille pour une affiche « européenne » et se rendre à Bucarest et Sochaux, les Olympiens ont en effet tout intérêt à accentuer leur avance sur leurs poursuivants directs pour s’économiser des matchs décisifs au cœur d’un automne déjà suffisamment chargé et reprendre la tête de Ligue 1 à l’Olympique de Marseille. « Le point positif c’est que ce qui est pris n’est plus à prendre se réjouit ainsi Florent Malouda au lendemain du succès contre Troyes. Marseille est toujours devant nous. On conserve cela en tête. On sait que l’on va entrer dans une période durant laquelle les points seront de plus en plus difficiles à obtenir». Les ambitions affichées sont claires : rompu dans l’exercice si malaisé de l’enchainement des compétitions, l’OL ne compte pas trainer en chemin.
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