masculins / Caen 1 - OL 3

Le changement dans la continuité

Publié le 31 octobre 2007 à 23:38 par BV

L'OL ne s'était plus imposé à l'extérieur en Coupe de la Ligue depuis 2001. A Caen, les Lyonnais ont pris leur temps mais accompli l’essentiel : se qualifier pour les quarts de finale en faisant la différence dans le dernier quart d’heure.

Qu’importe que l’on ait un temps craint de possibles prolongations qui auraient compliqué un peu plus la délicate gestion des temps de jeu ; qu’importe que l’on ait douté, sans jamais vraiment tremblé, devant les assauts des promus normands : les Lyonnais ont entretenu leur dynamique de succès – ce n’est pas là le moindre profit -, grâce à leur cinquième succès consécutif, et ramené un succès loin de Gerland en Coupe de la Ligue pour la première fois depuis un déplacement à Amiens en 2001. Signe indien, malédiction ou mauvais œil ne sont désormais plus que souvenirs.

Sur la pelouse du Stade Michel d’Ornano, il y avait un écart entre l’OL et Caen, près d’une division pour être exact. Durant la moitié du match, cela s’est vu. Durant l’autre, on a craint que la « magie » des coupes ne joue un bien mauvais tour aux hommes d’Alain Perrin. Au final, une marge de deux buts a permis aux champions de France de passer presque sans encombre l’obstacle normand.
Tout ne fut pas parfait, certes ! Mais les points positifs ont largement suffi pour écarter de la route une équipe caennaise qui a beaucoup plus à perdre, et à sauver, en championnat de Ligue 1 qu’en Coupe de la Ligue. Une défaite des Olympiens aurait fait tâche. Celle qu’on subie les coéquipiers de Gouffran, absent, est tout de même porteuse d’espoirs. Celui de voir Kader Keita enfin étaler sous le maillot lyonnais un talent qu’il avait si souvent mis en exergue la saison passée à Lille a surgi dans les rangs rhodaniens. L’Ivoirien est l’un des grands bénéficiaires de ce déplacement victorieux. Son jeu à hauts risques a toujours quelques ratés mais, ce soir, on oubliera ces dommages collatéraux pour ne retenir que son premier but avec l'OL, inscrit sur une passe en retrait d’un Florentin bien mal inspiré (16e). Une réalisation qui pourrait bien le remettre sur les bons rails après un début de saison délicat.

La joie du buteur, l’ancien Lillois aurait pu la connaître quelques instants plus tôt. Il avait en effet été le premier à inquiéter Benoît Costil mais avait trop croisé sa frappe après une passe en profondeur de Sidney Govou (6e).

Le début de match était d'ailleurs largement à l'avantage des Lyonnais. Les centres de Nadir Belhadj et Anthony Réveillère ne trouvèrent pas preneur (7e et 10e). Et lorsque Fred, longtemps privé de ballons seul à la pointe de l’attaque rhodanienne, parvint à reprendre l’ouverture de Govou, sa tête n’attrapa pas le cadre (11e). L’entame de rencontre avait mis en évidence une maîtrise collective et individuelle supérieure des Lyonnais.
Pourtant privés de Cleber Anderson, suspendu, Juninho et Benzema laissés sur le banc, et une myriade de blessés, l’OL semblait s’acheminer tranquillement vers les quarts de finale de la compétition. Mais la belle machine se grippa. Les Caennais récupèrent le ballon plus haut et les transmissions olympiennes se firent tout d’un coup moins précises.
Sébastien Squillaci dévia le coup franc de Grandin (19e). Vercoutre capta aisément la tentative de Jemaa (20e). La tête de Squillaci vint raser le poteau du portier … lyonnais (28e). Et ce qui devait arriver arriva : à force de plier, le roseau rhodanien rompit. Sur un centre de Jemaa, Grandin effaça Réveillère d'un contrôle orienté et ajusta Rémy Vercoutre d’une frappe puissante (30e). Déjà auteur d’un but au tour précédent face à Toulouse, Grandin aurait même pu permettre aux siens de rejoindre les vestiaires en tête mais son coup franc s’enfuit au ras de la lucarne de Vercoutre (38e).

Dès lors, par vagues successives, Lyonnais et Caennais animaient à tour de rôle une rencontre au rythme irrégulier. La passe en profondeur de Fabio Santos échoua dans les pieds de Kader Keita mais ce dernier perdit son duel face au portier normand (50e). Le but de Fred fut logiquement refusé pour une position de hors-jeu (51e).
Les joueurs de Franck Dumas remontèrent d’un cran pour inquiéter à nouveau l’arrière garde Rhodanienne. Sans parvenir à prendre l'avantage : Hengbart au dessus (64e), Quellier et Thiam à côté (69e et 72e). Les Normands avaient laissé passer leur chance. Sur un coup franc d’Hatem Ben Arfa, de la tête, Mathieu Bodmer joua un bien mauvais tour à ses anciens coéquipiers, donnant un avantage définitif aux Lyonnais (75e).

Et Karim Benzema, entré en jeu en lieu et place de Fred à la 72e minute de jeu, inscrivit un nouveau but, son quizième toutes compétitions confondues cette saison, en 20 matchs ! Non, il ne marche pas sur l'eau. Il vole. Peut-être insatisfait de n’avoir pas trouvé le chemin des filets plus tôt, après avoir frappé sur le poteau (79e), puis manqué de peu de reprendre un centre de Squillaci (89e), l’international français éclaboussa la fin de rencontre de sa classe, d'un éclair "génialement génial". D’une feinte de frappe ahurissante, il élimina le portier normand avant de marquer dans le but vide (90e). Et l’on se surprend à se demander ce qu’il pourrait bien inventer la prochaine fois pour nous étonner.

L’OL devra attendre demain et la rencontre entre Niort et Le Mans, demain, pour connaitre son prochain adversaire en quarts de finale, lundi pour savoir s’il évoluera à domicile. Deux jours auparavant, les Olympiens auront reçu Valenciennes pour le compte de la 13e journée de Ligue 1. Place désormais à trois machs à domicile en une semaine. Pas le temps de souffler, ou alors de soulagement.
Sur le même thème