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« Le derby, un match vraiment à part »

Publié le 23 septembre 2010 à 17:00 par CC et DC

J-2 avant le coup d’envoi du 100° derby entre l’OL et l’ASSE. A cette occasion, Gregory Coupet, l’ancien de la maison nous livre son sentiment.

Gregory, parle-nous un peu de ce derby que tu connais très bien…
Après onze saisons et demie passées à Lyon et sept à Saint-Etienne, on peut dire que j’en ai joué quelques uns. C’est vrai que pour moi un derby, ce n’est pas anodin. J’avoue que quand je suis parti de Lyon, c’était comme un soulagement de quitter ce derby-là. Parce que, autant c’est excitant au niveau sportif, autant du point de vue humain, c’est assez compliqué. Je n’ai jamais caché mes origines, j’ai été formé à Saint-Etienne, et ça reste mon premier club. Après c’est vrai que les plus belles années que j’ai passé sont lyonnaises. En plus mon passage à Lyon a été plus long, donc aujourd’hui je me sens un peu plus Lyonnais que Stéphanois. Mais pour moi ce derby a toujours été quelque chose à part, et surtout sans animosité.

Quand est-ce que tu as pris conscience de l’importance de ce derby ?
Plus jeune, j’étais moins au fait de cet évènement. J’en avais entendu parler bien sur, mais il y avait aussi le Puy en Velay qui jouait contre Saint-Etienne en deuxième division. Une des plus grosses affluences là-bas. Après c’est vrai qu’on avait juste besoin d’ouvrir les journaux et d’écouter les conversations pour savoir que le match entre les verts et les Lyonnais était vraiment à part.

Est-ce que tu te souviens de ton premier derby avec Saint-Etienne?
Je ne me souviens pas trop de ce qui a précédé le match, mais j’ai quand même souvenir de l’arrivée en bus. Et puis les pronostics ne nous étaient vraiment pas favorables. Donc intérieurement, il y avait beaucoup de tension chez moi. Au final je me rappelle que l’on ne perd qu’un but à zéro. Après, un derby ça ne se perd pas, mais on annonçait vraiment une gifle pour nous, étant donné que l’équipe était jeune.

Et la pression du public, tu la sentais ?
Ce qui est impressionnant dans un derby, c’est la semaine qui précède. Autant à Lyon qu’à Saint-Etienne, on vous rappelle dans la rue, que c’est LE rendez-vous. On vous répète « qu’il ne faut pas perdre », donc on se rend compte que ce n’est pas un match à trois points. On pose tout sur la table et faut y aller. De toute façon, dans les deux clubs il y a une fierté et des valeurs bien spécifiques.

As-tu un derby en tête, peut-être plus que d’autres ?
Je crois que je garderais en tête celui ou Sidney Govou marque dans les derniers instants. Christophe Delmotte avait manifesté une joie exceptionnelle, et ce sont des moments qui marquent énormément. Et puis c’est la communion qu’il y a entre le public et nous les joueurs, en plus à notre époque il se passait toujours quelque chose. On a vécu de sacrées années.

Penses-tu qu’il soit unique en France ?
On dit qu’il y a aussi de grands derbies entre Lille et Lens. Je peux le concevoir, maintenant quand on a vécu un Saint-Etienne - Lyon, je ne peux pas affirmer que ce soit le plus grand mais j’ai tendance à le penser. La proximité des deux villes, l’histoire fait que ça reste des matches à vivre.

Le 4-0 de 2006 doit aussi être gravé dans ta mémoire ?
J’avoue que j’étais gêné ce soir-là. Tu as la réflexion de savoir comment ça va être interprété. Je pense qu’il fallait assumer, et être très costauds. De leur côté, les Stéphanois ont dû se dire que c’était un manque de respect, mais sincèrement ce n’était pas le cas. C’était juste une euphorie légitime quand on regarde la période dans laquelle on était. Après je crois que ça fait partie aussi des derbies, de la folie.

A ton avis, le derby se fait plus dans les tribunes maintenant ?
Les joueurs restent conscients de l’importance du match, car les supporters nous demandent de gagner ce match, on sent qu’il y a une atmosphère à part, donc on ne peut pas y être insensibles. Maintenant il a peut-être perdu de son intensité parce que Lyon écrase le derby depuis quelques années. C’est limite quand il y a match nul, que les Stéphanois on l’impression d’avoir gagné leur pari. Mais Lyon doit tout de même rester concentré pour garder cette suprématie.

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