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Le plaisir retrouvé de l’étalon

Publié le 27 avril 2013 à 08:00 par R.B

Bako Koné rejoue… Il n’a jamais lâché après avoir passé plusieurs semaines sur le banc … Du passé au présent en abordant un peu le futur avec le Burkinabais qui fête ses 25 ans à la veille du derby…

 « Le temps passe vite. Je prends de l’âge et, avec de la sagesse, de la maturité. Je me dis que la période d’apprentissage est terminée, que j’ai  envie de jouer plus. Je suis un compétiteur ».  Ses 25 ans (samedi 27 avril), Bako doit souhaiter les fêter face à l’ASSE en jouant. « C’est un plaisir d’avoir retrouvé le terrain. Quand je ne jouais pas, je n’ai rien lâché. Je travaillais, je donnais tout… et le coach fait ses choix.  Bien sûr que c’est compliqué, difficile de ne pas jouer. Ceux qui le faisaient été bons. Moi, j’ai fait mon autocritique. Cela m’a fait beaucoup réfléchir d’être sur le banc même si  j’ai appris en regardant les autres... »

Le natif d’Ouagadougou avait pourtant bien commencé la saison. Et puis il a disparu des onze de départ après son retour de la CAN. Il avoue s’être reposé, réfugié  dans le travail mais aussi sur sa famille, ses copains pour être bien ou mieux dans sa tête. Récemment, Rémi Garde a loué son attitude de coéquipier et d’homme. Et depuis 4 matchs, l’ancien Guingampais joue en ayant notamment livré deux solides prestations face au TFC et au MHSC. « Je ne lis pas trop la presse…  Tu sais quand tu es bon ou non… Quand je suis en confiance, je sais ce que je vaux…».

Je préfère les grands, les costauds avec qui il va y avoir des duels que les plus petits. Ces joueurs sont plus vifs. C’est fatiguant de jouer contre eux car ils bougent tout le temps à l’image de Gameiro…

En quelques mois, le grand Bako avait changé de monde de l’En-Avant Guingamp à l’OL. « La L2, c’est plus physique que tactique.  Depuis que je suis à l’OL, j’ai progressé dans la lecture du jeu et dans la concentration. Mais je dois faire encore mieux. La concentration, ce n’est pas à 100% mais à 200% et je dois progresser dans mes relances, l’anticipation ».  Pour ce guerrier, pas d’hésitation au sujet des attaquants adversaires : «je préfère les grands, les costauds avec qui il va y avoir des duels que les plus petits. Ces joueurs sont plus vifs. C’est fatiguant de jouer contre eux car ils bougent tout le temps à l’image de Gameiro… ». Avec  le derby à venir, Bako peut être rassuré…  à l’idée d’affronter l’armoire brésilienne Brandao.  Et quand on lui demande les défenseurs qui l’ont marqué, il sourit en évoquant deux Africains. «  Rigobert Song et Taribo West. J’aime bien les guerriers. Me battre, c’est ma philosophie sur un terrain et dans la vie. Il faut avoir plus envie que les autres ». Lui qui a connu cette saison six coéquipiers différents dans l’axe central (Bisevac, Umtiti, Lovren, Cris, Sarr et Gonalons) avoue que ce n’est pas complétement pareil d’évoluer avec l’un ou l’autre. « C’est normal, il y a des affinités qui se créent plus ou moins dans le jeu ».

En Afrique, il y a la famille, grande. Mais, il y a  aussi le quartier. Quand tu joues, tu le fais pour tous ces gens.

Cette forme de nonchalance et d’assurance liée à son apparence est-elle synonyme de la nature de ce garçon qui a vécu sa jeunesse à Abidjan où ses parents étaient partis pour travailler ? « Je suis plutôt calme. Je mène une vie tranquille en étant proche des miens, en étant disponible. En France, c’est différent de l’Afrique. Tu es plus seul en France. En Afrique, il y a la famille, grande. Mais, il y a  aussi le quartier. Quand tu joues, tu le fais pour tous ces gens.  Chaque fois que je retourne chez moi, il y a des cérémonies qui durent deux à trois jours… ».  Et de parler du bonheur engendré récemment par le parcours lors de la dernière CAN. « Les gens entraient chez mes parents… Ils prenaient tout… Pour la qualification à la prochaine Coupe du Monde, rien n’est perdu. Après l’épopée de la CAN, on peut faire l’exploit de se qualifier, même si ce sera compliqué ».

 Bako confiant pour la fin de saison lyonnaise. « On est sur la bonne voie. Le derby ? J’en ai joué avant comme les Guingamp-Brest. Mais cela n’a rien à voir avec les OL- ASSE. Et cela est très loin de ceux que j’ai connus en Afrique. Là-bas, c’était très, très chaud. Deux jours avant les supporters des deux équipes se battent. Il y a parfois des morts. L’envie, tu es obligé de l’avoir et tu as intérêt à te débrouiller pour ne pas perdre le match ! ». C’est certainement avec ses gènes d’ultra-guerrier qu’il a fait ses premiers pas en L2 comme il le reconnaît indirectement. « Sur un terrain, je me suis calmé. J’ai pris beaucoup de cartons jaunes et rouges avec Guingamp (11 jaunes et 5 rouges en 76 matchs de L2)… »

Remplaçant hier, titulaire depuis 4 matchs, « Général Bako » a appris comme il l’a dit. Et demain ? « Je préfère parler du présent. Je donne tout ce que je peux pour l’OL. Je suis bien à l’OL et à Lyon. Après, on verra. On sait tous ce qui peut se passer dans le football… »


Source : La Tribune OL spéciale "OL - ASSE"

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