masculins / Bordeaux - OL J-3

Le président Jean-Michel Aulas fait le point

Publié le 04 octobre 2007 à 16:45 par R.B

Le président Jean-Michel Aulas est revenu sur la défaite face aux Rangers… Il livre ses réflexions et les décisions prises… A regarder aussi sur OLTV

Président qu’avez-vous fait depuis la fin du match face aux Rangers ?
« D’abord, il y a eu un sentiment de profonde tristesse avec cette défaite 3 à 0. Nous sommes malheureux. Cette défaite a suscité plein d’interrogations. C’est le rôle d’un dirigeant de faire les bonnes analyses et de trouver des solutions. Mardi, j’ai rencontré longuement Alain Perrin et Bernard Lacombe pour réfléchir à cela et ne pas partir tous azimuts. Un match reste un match et les joueurs portent une responsabilité même si je les ai défendus. Après, j’ai demandé à Alain Perrin d’expliquer ses choix pour mieux comprendre ce qui s’était passé. Le but, c’est de se faire une idée objective pour remettre ensuite la mécanique en route. Nous avons un effectif de qualité. Moi, j’ai une analyse du bon sens. J’essaie d’analyser objectivement ce qui se passe. J’ai donc indiqué qu’il fallait mettre les joueurs dans des dispositions plus proches de leurs aspirations sur le terrain et qu’il faut aussi s’appuyer dans ce genre de match sur des points de référence, sur les points forts plus que sur des innovations. Je tiens à affirmer que ce match face aux Rangers n’avait pas été pris à la légère.»

Si l’OL ne se qualifiait pas pour les 1/8èmes de finale ?
« Une non qualification pour les 1/8èmes de finale serait une déception, mais elle ne mettrait pas en difficultés les résultats financiers du club. Certes, une participation aux 1/8èmes engendre des recettes supplémentaires, mais elles sont moindres par rapport à celles d’une participation à la Champions League. D’autre part, en cas de non qualification, certaines charges disparaitraient comme celles liées aux primes aux joueurs… La Coupe Uefa ? Il faut être lucide. C’est une évidence. Aujourd’hui, nous avons plus de chance de terminer 3ème, voire 4ème. Il ne faut pas sous estimer la Coupe Uefa ».

[IMG42565#R]Pouvez-vous revenir sur le recrutement, Alain Perrin et le staff ?
« Le recrutement ? Je maintiens ma confiance à ce qui a été fait et à ceux qui ont pris les décisions. Il est injuste de faire un procès sur ce sujet. Nous avons investi 40M d’euros. Je condamne les procès d’intention faits à Grosso et Keita. Ce n’est pas la faute de Kader, si nous l’avons payé 17M ! Ces joueurs seront à la hauteur de leur valeur. Je rappelle que cela avait pris du temps lorsque Sonny et Juni étaient arrivés. C’est vraiment prématuré de tirer les conclusions que j’entends ou je lis.

L’entraîneur ? Là aussi je lui maintiens ma confiance. Si on veut qu’il soit bon, il faut qu’il sente la confiance de son président. C’est la seule façon d’agir.

Les difficultés entre Alain Perrin et le staff ? Oui, il y en a eu effectivement. Nous en avons parlé. Je pense qu’elles sont terminées. C’est de ma responsabilité de dire : si on gagne, c’est tous ensemble… et si on perd, c’est tous ensemble aussi. Je le dis, personne ne s’en sortira si les objectifs ne sont pas atteints. Les objectifs ? Se qualifier pour la Champions League, puis essayer d’aller le plus loin possible dans cette compétition. Pour l’instant, c’est mal parti dans cette compétition ; En revanche, en championnat, nous sommes revenus à un niveau correspondant à nos attentes. L’institution est toujours passé, et passera, en premier. Nous avons besoin des joueurs et des entraîneurs à 100, voire 120% de leurs possibilités. Des entretiens avec les joueurs ? C’est une erreur. Je n’ai jamais dit cela. En revanche je vais de nouveau discuter avec Alain Perrin, les membres du staff, Bernard et avec un certain nombre de personnes dont l’avis comptent dans ce genre de situation ».

[IMG42564#L]Avez-vous des regrets sur la prise de certaines décisions ?
« Oui, sans entrer dans les détails. En tant que président, il faut savoir écouter, déléguer. Je peux changer d’avis avant de prendre une décision, même si je peux avoir un sentiment très fort d’aller dans une autre direction. Après, la délégation n’exclut pas le contrôle. N’oubliez pas pour en revenir à ce match face aux Rangers, qu’il y a des constats liés à la défaite, mais aussi des paramètres positifs. Nous n’avons pas eu, par exemple, ce brin de chance que nous avons eu par le passé. Et n’oubliez pas qu’il nous manque des joueurs très importants comme « Greg » dans le but qui a souvent fait des arrêts déterminants. On note souvent l’importance des gens quand ils sont absents. Il y a encore celle de Cris, le meneur de la défense. Le rôle d’un dirigeant n’est pas de se regarder le nombril. Il faut prendre les bonnes décisions avec finesse. Cela ne doit pas être le Big Bang ».

Vous êtes vous fixé une ligne de conduite en fonction de vos objectifs ?
« Non. Les événements me guideront. Il y a toujours une marge de manœuvre. Les correctifs dont nous avons parlé vont permettre de redresser la barre. J’en suis convaincu. Si cela n’allait pas dans le sens attendu, je prendrais d’autres décisions. Nous ne sommes pas masochistes. A ce titre, j’ai toujours l’espoir d’une qualification pour les 1/8èmes de finale, même si cela sera difficile. Au passage, je tiens à féliciter les Marseillais pour leur victoire à Liverpool. C’est très bien pour le football français et pour ce qui va avec. Moi, je me félicite de cette victoire.»