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« Le sport féminin, c’est le sport tout court »

Publié le 01 février 2014 à 08:50 par SC

Paul Piemontese, Président de l’OL féminin, s’est exprimé sur la journée événementielle « 24 heures de sport féminin ». Cette opération organisée par le CSA ce samedi 1er février a pour but de donner une exposition médiatique au sport féminin.

Que pensez-vous de cette opération ?

« D’abord c’est un plaisir de mettre en valeur les filles. Cette opération, c’est bien qu’elle soit là mais c’est presque dommage qu’il faille en arriver là. Mais il faut bien que les choses se fassent et quand elles sont dans le sens qu’on le souhaite, c’est encore mieux. C’est vrai que nous sommes les précurseurs et je pense que la solution elle tient dans l’expression. Le sport féminin, c’est le sport tout court. Il faut intégrer le fait que les filles doivent être capables de faire le sport qu’elles aiment, comme elles l’aiment en restant féminines. Tout le système n’avait pas intégré ça. Il fallait adapter les filles au sport, ce qui était anormal. On a voulu ça puisqu’on pensait que c’était fondamental et inéluctable. L’OL s’est donné les moyens que cet objectif soit atteint et est un exemple ».

Le regard sur le sport féminin a-t-il changé, notamment dans les médias ?

« Je pense qu’il a changé, d’abord par curiosité. Ils ont vu des sportifs de haut niveau, et c’est toujours agréable à voir, dans la performance. On avait l’assemblage de la qualité et de la féminité, de l’esthétique. C’est la qualité de l’expression sportive et expression esthétique de nos filles dans leur élégance, dans leur capacité de s’exprimer dans le sport qu’elles ont choisi…Le rôle des médias a été son rôle habituel, c’est-à-dire la promotion de ce en quoi ils croient. Ils sont honnêtes et reconnaissent que c’est de qualité, et que ça attire du monde. C’est la course à la réussite. C’est le juste retour des choses. J’espère que ça va continuer. Mais attention, ce n’est pas encore une bataille gagnée. Ce n’est pas encore un réflexe, c’est encore aujourd’hui un calcul. Le foot est populaire. Il faut que ce que nous avons démontré puisse continuer. Il faut que ça devienne de plus en plus commun, beaucoup plus courant. C’est encore de l’élitisme reconnu et il faut que ça devienne de la normalité reconnue ».

Une fierté de faire partie de cette aventure avec l’OL féminin ?

« Je ne me mets jamais en avant. Celui qui croit en quelque chose et qui n’a pas les moyens de le faire a forcément tort puisqu’il ne peut pas les exprimer. Ce qui compte ce n’est pas d’avoir les bonnes idées, c’est d’avoir les moyens de les exprimer. Et là, je pense que la reconnaissance doit être totale en l’OL. On a mis en place une sorte de super école féminine. On a compris que c’était le cœur d’une réussite potentielle. On a mis les moyens qu’il fallait. Derrière, la réussite est là, les gens sont contents, on est reconnus partout. Sur la durée des cinq dernières années, c’est probablement la plus belle équipe au monde. On doit être tous ensemble fiers de cela, notamment ceux qui ont cru au projet et ils étaient rares. Ce que nous avions souhaité prouver et amener se réalise et c’est une fierté tranquille et discrète ».