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« Le temps nous est compté »

Publié le 07 avril 2012 à 08:00 par BV

Maintenir l’AJ Auxerre en Ligue 1 en 10 journées, c’est le défi qu’a accepté de relever Jean-Guy Wallemme.

Après le succès face à Valenciennes (2 – 0) le week-end dernier, l’ancien entraîneur de Lens reconnait qu’ « il y a un peu plus de sourires » mais prévient : « on ne compte pas s’arrêter là ! »


Dans quel état d’esprit est le groupe après votre victoire contre Valenciennes ?

On la savoure, même s’il a vite fallu se remettre à travailler. Il était important de l’emporter à domicile, après un premier match à Toulouse (défaite 1 – 0) d’où l’on aurait pu ramener quelque chose. Face à Valenciennes, on a récupéré quelques joueurs suspendus ou blessés, cela a mis une émulation intéressante, un peu de concurrence. Cette victoire était importante, primordiale, on sait que les échéances qui nous attendent sont difficiles, que venir jouer à Lyon ou accueillir le PSG ne seront pas des sinécures. On est obligés de faire de bons résultats chaque week-end, car il n’y a plus que 27 points en jeu. Il est évident qu’il y a un peu plus de sourires après cette victoire mais on ne compte pas s’arrêter là : rien n’est définitivement perdu, mais rien n’est encore gagné.

Qu’est-ce qui a bien fonctionné contre Valenciennes ?
La volonté de chacun de jouer en équipe, de mettre plus d’agressivité que contre Toulouse, l’envie de ne pas lâcher. L’équipe était meurtrie, subissait depuis quelque temps. On se devait donc de changer d’état d’esprit. On a également su être efficaces.

On est des hommes avant d’être des footballeurs. On ne peut pas parler de technique, de tactique quand la tête est encore polluée, avant que les esprits ne soient lavés

Quelles qualités allez-vous devoir montrer pour vous maintenir ?
C’est un cas particulier : je ne suis pas arrivé pas à la 15e ou 20e journée, il ne restait que 10 matches, l’échéance était très courte. Mais les valeurs pour se maintenir sont les mêmes que celles qu’il faut pour jouer le haut du tableau : l’état d’esprit, l’esprit d’équipe, l’équilibre entre l’attaque et la défense. Il faut se respecter, mais se respecter c’est également accepter de se dire certaines choses. En arrivant à 10 journées de la fin, sans avoir participé aux trois premiers quarts de la saison, on dispose d’un œil neuf, on peut se permettre de constater certaines choses, et d’apporter des solutions. Il faut équilibrer ce groupe sur l’aspect physique mais également sur l’aspect mental. On a ainsi dû donner des entretiens individuels pour que chacun se recentre sur ce qu’il avait à faire et retrouve ses qualités : on est des hommes avant d’être des footballeurs. On ne peut pas parler de technique, de tactique quand la tête est encore polluée, avant que les esprits ne soient lavés. Lorsque c’est le cas, on peut alors parler de ce qui est le plus important à mes yeux, le jeu.

A titre personnel, est-ce le plus gros défi de votre carrière ?
Sur le court terme certainement, mais j’ai également eu à relever un gros défi lorsque Lens fut rétrogradé en Ligue 2 et que le Président Martel m’a demandé de le faire remonter tout de suite.

Avec à vos côtés, Christophe Delmotte, qui entraîne aujourd’hui les U19 de l’OL…
Oui, quand j’ai repris l’équipe, j’ai constitué  un staff dont Christophe a fait partie. Il n’avait alors pas forcément l’expérience d’encadrant, en revanche il avait son expérience de joueur et d’homme que je connaissais très bien. Pour moi, ces valeurs d’honnêteté, de complicité sont importantes. On savait qu’avant de demander aux joueurs d’être unis, il fallait que nous, membres du staff, nous le soyons. Christophe a été dans la réussite du projet. Aujourd’hui, il s’occupe des 19 ans de l’OL, cela va apporter une corde supplémentaire à son arc. Je l’avais déjà placé dans une situation similaire avec la CFA, il faisait le relai, tout en restant mon adjoint.

Que pensez-vous de l’OL ?
On attend beaucoup de cette équipe qui n’a peut-être plus l’effectif qui fut le sien par le passé. L’OL est peut-être à un tournant de son histoire, dans une phase de reconstruction, sans jeu de mot avec le nouveau stade. L’OL a quand même été au sommet du sommet du football français ! Vous n’enchainez pas sept titres de champion de France par hasard. Faire mieux, c’est quasi-impossible. L’OL est donc logiquement attendu, et toujours dans la position d’accrocher quelque chose. C’est une équipe qui est capable de faire un exploit à tout moment, même quand elle est un peu plus fragile, de revenir grâce à ces qualités individuelles ou collectives, comme on l’a vu face à Rennes.

Avec quelles ambitions venez-vous à Lyon ?
On vient y chercher DES points, parce que notre classement et les opportunités qui s’amenuisent à mesure que la fin de saison approche nous forcent à prendre des points. Même si l’on serait contents d’arracher un nul à Gerland, on est dans un challenge difficile où le temps nous est compté, où les matches nuls ne nous feront pas avancer. Mais, c’est surtout le contenu de notre prestation qui nous permettra d’espérer un point ou plus.

 

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