masculins / Lille 3 - OL 2

Lendemain d'une élimination...

Publié le 11 novembre 2004 à 09:45 par R.B

[IMG3684L]Avant de revenir sur cette élimination lyonnaise, pas question de se cacher derrière une attitude de supporters « aveuglés » par sa passion. Lille méritait logiquement de se qualifier dans le temps réglementaire. Mais il y a plusieurs constats à faire au lendemain de cette rencontre pleine de rebondissements, de douleurs, de promesses...

Avant de revenir sur cette élimination lyonnaise, pas question de se cacher derrière une attitude de supporter « aveuglé » par sa passion. Lille méritait logiquement de se qualifier dans le temps réglementaire. C'est dit ! Nous y reviendrons. En revanche, il est difficile d'apprécier le délire engendré par ce succès. Stade debout, tour d'honneur des héros, maillots jetés à la foule… Un peu de retenue, il nous semble, aurait été de meilleur goût. Ces Dogues coriaces, avec une belle dose de qualité, n'avaient pas que nous sachions remporter la Coupe du Monde. Et puis… à 11 contre 10, puis à 11 contre 9… ce succès sans péril, n'était qu'un « triomphe » sans gloire ! Cela n'empêche pas de saluer comme il se doit leur mental de gagneurs. Et puis pour terminer sur le chapitre « du n'importe quoi », on peut se demander quel est le sens des questions de certains journalistes présents au match, lorsqu'ils demandent à Paul Le Guen si Lille sera bien l'adversaire des Lyonnais pour le titre de champion de France ! Messieurs, sans être donneur de leçon, vous devriez savoir qu'il y avait de nombreux éléments (blessés, absences, choix, infériorité numérique… compétition) pour vous éviter de poser de telles questions et de faire des amalgames absurdes. Ce qui n'a pas empêché Paul Le Guen de dire tout le bien qu'il pensait de ce groupe nordiste.



Les 2 entraîneurs avaient choisi de modifier largement leurs batteries. Plus contraint et forcé pour Paul Le Guen que pour Claude Puel, même si les Lillois en étaient à leur 24ème match de la saison. Le record national. Du coup, le 11 de départ lyonnais avait nettement moins d'expérience que son adversaire d'un soir.



Quelles peuvent être les conséquences, les enseignements d'une telle élimination ? En premier lieu que le jeune Hatem Benarfa est out pour 2 à 3 mois. Après Elber, Coupet, Cacapa, cela commence à faire beaucoup. En espérant qu'il y aura plus de peur que de mal pour Abidal. Sinon… On peut comprendre les mines défaites après le match du staff lyonnais et du président Jean-Michel Aulas qui a dit ouvertement ce qu'il pensait de l'arbitrage de M. Layec. « Je n'ai pas l'impression, qu'il ait tout fait pour protéger l'intégrité des Lyonnais… ». L'entraîneur olympien a fait un effort sur lui-même pour ne pas montrer sa colère qu'il avait manifestée pendant le match. De nouveaux blessés, mais aussi de la fatigue supplémentaire engendrée par cette prolongation et ce match disputé dans des conditions climatiques très difficiles. Et en plus avec la défaite… les organismes récupèrent moins bien.

Une série d'invincibilité qui s'arrête, cela peut-il générer un coup de moins bien ? Mentalement, il peut y avoir un risque de se sentir moins invincible ; mais mercredi soir, Cris, Malouda, Essien n'avaient pas fait le déplacement dans le Nord. Wiltord va bientôt revenir. Ces gars là n'ont pas été « marqués » par cet échec. Sans oublier que Diarra, Réveillère et Frau sont simplement entrés en cours de rencontre. Tomber enfin pour la première fois de la saison, on se dit que les futurs adversaires auront moins les crocs qui pendent pour se payer du « Lyon », en sachant qu'une Coupe de la Ligue n'est pas le championnat. N'oublions pas cependant les cadences infernales. Elles ont de quoi affoler dirigeants, entraîneurs et supporters : Nantes, ce samedi ; le PSG, un vendredi suivant des rencontres internationales. Juninho ne jouera pas contre les Parisiens… De la folie, en sachant qu'il y aura ensuite la finale du groupe D de la Champions League à disputer dans l'enfer d'Old Trafford. Il va falloir sérieusement cogiter la gestion des efforts des uns et des autres.



Mercredi soir, l'OL s'est incliné dans la douleur en allant au bout du bout de son héroïsme. Pouvait-il l'emporter ? Oui, parce que la loi du plus fort n'existe pas toujours en sport. Mais, reconnaissons qu'après une bonne première demi-heure, les partenaires de Govou ont trop subi l'emprise adverse. Parce que ces Nordistes ont de la qualité rehaussée par un mental de guerriers ; mais aussi parce qu'ils ont fait des cadeaux dans leur expression individuelle et collective. En deuxième mi-temps, l'équipe semblait par instant coupée en 2. On a beau dire, mais il est difficile de se passer des caciques. Dans ce genre de rencontre Cris et Essien, par exemple, auraient nettoyé plus d'une situation avec à propos. L'expérience, d'une façon générale, est un fruit mûri dans la répétition des matches, des situations… Le replacement, le sens tactique s'apprennent au fil du temps… Et puis, lorsque vous avez un nom dans ce milieu, cela impressionne forcément plus l'adversaire. Ajoutons que Paul Le Guen n'aura pas été chanceux en faisant ces 3 changements lorsque tout le monde était valide. Pouvait-il deviner qu'il fallait garder une « poire » pour la soif ? Dans ces 120 minutes qui nous ont pris les tripes par son incroyable suspense, le gamin Nilmar aura démontré que c'était un sacré garnement. Chipeur de ballon, rapide comme l'éclair, il ne connaît quasiment que la marche avant. Il s'attaque à plus gros, plus grand que lui. Il pousse ses adversaires à la faute à force de les embêter. Contre Istres, il est fauché… carton rouge ; contre Fenerbahçe, il est descendu… carton rouge et 2 buts ; contre Lille, il est abattu… pénalty. Ce môme à la gueule d'amour a beau se recoiffer sans cesse sur une pelouse, il ne craint pas de se mettre minable ! Il a marqué des points mercredi soir. Benarfa, lui, a alterné le divin et le moins bien avant la fin que l'on connaît. Mais quand on possède un tel pied gauche, un tel sens du dribble, un tel potentiel… on imagine aisément qu'avec les ans, il peut s'inscrire dans la lignée des très grands. Son jeu à risques le prédispose malheureusement aux coups en tout genre.



On pourrait continuer. Arrêtons nous là. Le voyage retour n'a pas été triste pour autant. Dirigeants, entraîneurs et corps médical pensaient avant tout aux blessés. Dans l'avion, Paul Le Guen refaisait le match… Juni, Nilmar, Abidal avaient sorti les cartes ; d'autres récupéraient en silence. Un vol sans histoire ; une arrivée tardive ; le rendez-vous du décrassage était fixé par Yves Colleu. Ce jeudi matin, dans un bureau tabac, le patron des lieux était en colère : « il y avait péno sur Benarfa. Un client a vu le match à la télé, il m'a tout raconté… Moi, tu sais ce que je ferais aujourd'hui ? Au lieu de l'entraînement, j'irai avec tout le groupe faire brûler un cierge à Fourvière… ». Cher Monsieur, ils vont s'en remettre. La malchance va bien s'arrêter… et ils plumeront les Canaris nantais samedi.



R.B