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Les belles histoires de Nanard

Publié le 09 décembre 2005 à 09:08 par RB

Qui ne connaît pas la fabuleuse mémoire de <b>Bernard Lacombe</b> pour raconter les histoires qu'il a vécues tout au long de sa carrière de joueur, d'entraîneur et de dirigeant. Raconter autant en gestes qu'en paroles. Le souci du détail l'habite… un souvenir en appelle un autre… nous pourrions rester des jours et des nuits à l'écouter égrener ces larges pans de sa vie. Et quand, ce passé devient trop secret, pas question de le divulguer. Alors avant chaque match des Lyonnais, nous demanderons désormais à Bernard de nous raconter quelques souvenirs liés à l'adversaire de l'OL. Ce sont <b>les belles histoires</b> de « Nanard » ou encore "les Nanardises". Raconte nous <b>St-Etienne</b>...

"C'est déjà le trajet. Quand il n'y a pas de derby tu n'y fais pas attention ; mais alors les jours de match, c'est quelque chose ! Cela commence en partant de l'hôtel ; puis une fois dans le bus, tu vois cette route différemment. Arrivé à Rive-de-Gier, tu sais, ce jour là, que tu n'es plus chez toi. A St-Chamond, c'est pire… et après c'est l'enfer. Tu connais la course de vélo Paris-Roubaix ? Et bien tu sais qu'en te rapprochant de St-Etienne, tu seras de plus en plus secoué. Ensuite dans le chaudron, il fait chaud partout. Tu as l'impression dans ce stade que les démons peuvent surgir à tout moment. A la grande époque des Verts, tu croyais que le stade mesurait 50 mètres. Tu ne risquais pas d'abîmer leur partie de terrain… ils étaient toujours chez toi. Curkovic, Lopez… pouvaient amener le transistor pour écouter les autres résultats ; ils ne risquaient pas d'être dérangés ! Quand tu es dans les vestiaires ou encore dans le couloir, tu sais qu'il peut se passer des choses. Dans les vestiaires tu entends le Chaudron ; tu comprends qu'il y a une force invisible qui peut transcender les joueurs locaux. Cela explique, pour moi, certains résultats. Et puis tu as toujours cette impression que leur slogan est encore d'actualité ».

Des souvenirs plus particuliers, Bernard en a bien évidemment plusieurs. « Nous revenions d'Italie en avion après un match avec l'Equipe de France Espoirs. Il y avait Raymond et moi, pour l'OL et Christian Sarramagna pour les Verts. Christian était assis entre nous deux. Le derby était le match du week-end. Raymond avait prévenu Christian : « ce n'est pas la peine que tu joues. Si tu touches le ballon, je te découpe… ». Christian avait eu tellement peur que pendant le match sur une action, il avait attiré sur la piste d'athlétisme qui entourait à l'époque la pelouse de Gerland. Manque de chance, son pied avait heurté la lice et il s'était une entorse de la cheville. Il avait été obligé de sortir… Raymond ne l'avait même pas touché ! »

« Un jour, nous avions perdu 2 à 0 à Gerland. C'était à l'époque de la grande équipe des Verts. Ils venaient de jouer à Liverpool en Coupe d'Europe. Contre nous, ils avaient vraiment bien joué. Le premier but, c'est Jean-Michel Larqué qui l'avait marqué. C'est dans le but adossé au virage sud. Et incroyable, il l'avait mis de la tête, lui qui n'en avait pas fait une de sa vie ! Je n'ai jamais pu oublier ce but. Cela m'avait mis les nerfs… je crois que je les ai toujours… ».

« Il y a eu un match à Gerland d'une violence inouïe. Le journaliste de France soir avait écrit le lendemain : on se serait cru dans le film Rollerball. « Louba » avait déclenché les hostilités en se payant Patrick Revelli ; puis Maneiro avait marché sur la tête de « Doudou » Janvion… après tout le monde s'y était mis ».

« Il y a eu ce pénalty manqué face à Curkovic. Je l'avais tiré trop doucement. Il y avait à 0 à 0 à ce moment du match. Et puis les Verts ont marqué par Rocheteau. Je m'en suis voulu ».

« Je me souviens d'un but de Fleury à Geoffroy Guichard. Nous avions gagné 1 à 0. Nous étions heureux ; à cette époque, nous ne gagnions pas souvent chez les Verts. Il avait trompé le gardien Castel ; une frappe de la pointe. Après nous avions été dans la famille de Fleury pour fêter ce succès ».
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