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Les Lyonnais... princes en Turquie!

Publié le 19 octobre 2004 à 22:44 par R.B

[IMG3497L]Quelle prestation des Lyonnais justement récompensés par un succès 3 à 1. Avec 7 points, la qualification aux 1/8ème de finale devient de plus en plus palpable. En jouant de la sorte, ce groupe a indéniablement frappé les esprits. L'OL est fort; l'OL est complet dans toutes ses lignes; l'OL est toujours invaincu cette saison après 14 matches officiels...

A Istanbul, stade Sükrü Saracoglu, Fenerbahçe 1 OL 3 (mi-temps : 0 à 0) ; pelouse : bon état temps ; temps : beau ; spectateurs : 42 000 environ ; arbitre : M. Iouri Baskakov (Russie).



Fenerbahçe : Rüstü – Deniz (puis Yozgatli 46ème), Fabio Luciano, Servet, Alex, Ümit Özat (cap), Serkan Balci, Nobre, Marco Aurelio, Tuncay, Van Hooijdonk…



OL : Coupet – Réveillère, Cacapa (cap), Cris, Abidal, Essien, Diarra, Juninho (puis Diatta 74èeme), Govou (puis Frau 85ème), Wiltord (puis Nilmar 89ème), Malouda



Buts : pour l'OL, Juninho (55ème), Cris (65ème), Frau (87ème). Pour Fenerbahçe, Nobre (67ème)



Cartons jaunes : pour l'OL, Diarra (12ème), Cris (88ème). Pour Fenerbahçe, Serkan (79ème)



Lorsque vous venez à Istanbul disputer un match de football, il doit être frustrant d'aller, en règle générale, de l'hôtel au stade… du stade à l'hôtel… de sa chambre au restaurant… du stade à l'aéroport… L'Histoire est tellement présente à Byzance, Constantinople autrefois ; Istanbul aujourd'hui. 10, 15 voire 20 millions d'habitants entre les 2 rives du Bosphore, ce détroit dangereux par ses courants et son trafic, pour toutes formes de bateaux, qui relie la Mer Noire à la Mer de Marmara. Et si vous empruntez un des ponts qui l'enjambe vous passez, au ralenti, d'un continent à un autre. L'Europe regarde dans les yeux l'Asie à moins que ce ne soit le contraire. Mais sommes nous, d'un côté, vraiment en Europe ? Vaste débat d'actualité…



Si vous avez la chance un jour de mettre les pieds dans cette mégalopole tentaculaire, vous vous sentirez fourmi au milieu d'une immense fourmilière ; le bruit vous envahit ; la diversité des monuments vous captive, vous intrigue tout comme leur beauté; la pollution vous prend, malheureusement aux narines. Il y a heureusement d'autres parfums que ceux des pots d'échappement ; d'autres odeurs, qui vous incitent par exemple à déguster la cuisine locale : c'est la valse des Meze, Kebab et autres loukoums… Est-ce vraiment bon pour le régime ? L'eau est rare ; les espaces verts, aussi… La perfection n'existe pas.



L'Orient Express, Shéhérazade, les Derviches Tourneurs… Tout est extraordinairement présent. Du monde, que de monde et de partout. S'aventurer dans les Bazars revient à se perdre au royaume du commerce à tout crin. Tapis, Bijoux, épices… Le Grand Bazar ressemble à un labyrinthe de couleurs, de marchandises de toutes sortes, de tentations multiples. Une ville dans la ville. Bousculades garanties… ceux qui craignent la promiscuité ne sont pas les bienvenus. Pour respirer un peu, prenez un thé, un café…, turc bien sûr, avant de repartir à l'aventure…



Ici, on repère très rapidement, mais gentiment, l'étranger. Le foot, on ne l'oublie pas, fait partie de la vie ; on affiche, à la méditerranéenne, ses couleurs pour l'éternité et on vous le fait savoir. Il est donc presque systématique d'entendre les supporters de Galatasaray souhaitaient un succès des Lyonnais… Des traîtres qui se retrouvent logiquement ensemble derrière leur équipe nationale. Une nation qui est, au passage, le seul pays musulman doté d'une constitution laïque.



Le bruit, toujours et encore. La foule, aussi. Si vous devez prendre un taxi, accrochez vous comme vous pouvez ! La circulation est un jeu dangereux ; le klaxon, l'organe sonore de la seule priorité reconnue. En avant pour un rallye de folie, toute gomme dehors, avec un conducteur au sourire scotché à la clope qui vous aura demandé rapidement si la fumée ne vous dérange pas! Piétons, traverser dans les clous, sinon… attention à vos petons.

Tout est disproportionné dans ces lieux millénaires aux accents grecs, musulmans, occidentaux. Même le nombre de chats ! Ces matous sortent par milliers, le soir, en même temps que les poubelles. Pas de boîtes de ronron à la maison ? Qu'importe, en route pour la tournée des Grands Ducs made in Turquie ! Les rues appartiennent à ces drôles de mirons… Remarquez déjà à Porto en descendant vers les bords de la Douro, ce félin fréquentait en nombre le bitume.



Porto ? C'était il y a peu de temps, en ¼ de finale de la Champions League 2003-2004. Cela nous ramène dare-dare au match de ce soir qui marque la fin de la phase aller. Pour sortir, comme la saison dernière dans les 16 meilleures équipes européennes de la saison, en attendant mieux, un résultat positif contre ces Turcs de Fenerbahçe renforcés par un Batave, frappeur de coups francs, et par des Brésiliens aux qualités disparates, ouvrirait un peu plus la porte du bonheur. A 60 kms de chez lui, St-Etienne, comme à un millier, Prague, l'OL a montré jusque là son amour des voyages. Alors à 2 500 kms de Gerland, on attend tout simplement le même scénario.



Wiltord, Cris et Juninho sont bien de retour dans le 11 de départ ; Diatta, Frau et Nilmar, au niveau de leurs partenaires contre Caen, sont sur le banc. Ces choix de Paul Le Guen n'étant pas vraiment une surprise. Chez les locaux 4 des 5 Brésiliens sont là dont le fameux Alex. Il y aura des duels sud-américains ce soir ! La poignée de main des 2 capitaines à peine immortalisée par les nombreux photographes, les Turcs montraient leur envie de camper chez les Lyonnais. Pas de round d'observation, mais peu de concret d'un côté comme de l'autre. Une hésitation d'Abidal (4ème) mettait dans l'embarras Coupet ; dans la foulée Essien récupérait une erreur adverse pour tirer, sans cadrer, la première salve des siens. La justesse des passes n'était pas tout à fait au rendez-vous ; une perte de ballon de Govou contraignant Diarra (12ème) à crocheter un jaune et bleu, synonyme de carton pour le Malien. Le premier quart d'heure était passé sans encombres pour les partenaires de Cacapa.



Le rythme était toujours alerte ; la technique olympienne se mettait petit à petit en branle ; son pressing étouffait la fougue adverse ; Govou (22ème) sur un service de Malouda croisait trop sa frappe dans la surface de Rüstü, alors qu'il aurait pu offrir un caviar à Wiltord. Les maillots gris imposaient en un bloc mobile leur supériorité. La charnière Cris-Cacapa régnait dans son jardin. Restez l'essentiel : marquer. La reprise d'Essien (33ème), sur un centre de Govou, était une nouvelle fois contrée; puis la tête de Witlord subissait le même sort. Le rouleau compresseur français laissait des miettes aux copains d'Alex, en manque apparent d'oxygène après leur départ canon. Malouda, Essien… faisaient merveille ; tout comme ce diable de Tuncay qui plaçait un bolide au dessus de la transversale de Coupet (39ème). Mais que dire de ce lob manqué par Govou à 5 minutes du repos ? Seul à 16 mètres, il ne croyait pas en sa tentative… Paul Le Guen pouvait s'arracher les cheveux ! Juninho cognait par 2 fois sans réussite. M. Baskakov sifflait la mi-temps sur ce score de 0 à 0. Les Lyonnais, en regagnant les vestiaires, avaient certainement conscience qu'ils maîtrisaient les débats. A Prague, dans le même temps, Anglais et Tchèques en étaient au même point.



L'enceinte bleue et jaune chantait au moment du retour des 2 formations pour insuffler un peu de vie à ses protégés. En changeant un défenseur par un milieu de terrain, le coach stambouliote, Christoph Daum, faisait monter d'un cran Nobre, placé ainsi aux côtés de Van Hooijdonk. Et cela créait de l'embarras dans le bel ordonnancement des champions de France. Mais Juninho offrait un trésor de passe à Wiltord (51ème) qui "massacrait" cette offrande de but tout fait. Nobre obligeait Coupet à se coucher. L'OL reprenait sa domination ; dans la foulée Essien balançait un pétard, puis Malouda. Diarra y allait de son essai, avant que Juninho (55ème) sur une remise de Wiltord envoie un missile dans la lucarne de Rüstü. Pas le temps d'apprécier, Malouda de la tête sur un centre de Govou était à 2 doigts de doubler la mise. Les Lyonnais étaient les maîtres d'Istanbul !



Un régal pour les yeux ! Jouant à l'unisson, les culottes rouges jouaient aussi au chat et à la souris avec leurs adversaires. Vitesse, technique, force, précision, réalisme… cela donnait logiquement un deuxième but inscrit par la tête rasée de Cris sur une remise de la tête de Diarra après un corner de Juninho (65ème). Un Turc ne meurt pas sans tout donner ! Coupet sortait un arrêt de magicien sur un coup de boule à bout portant de Van Hooijdonk ; le ballon revenait pour la reprise victorieuse à 5 mètres de Nobre (67ème). Ce match devenait fou ; le rythme grimpait encore ; le ballon allait d'un camp à l'autre ; les espaces s'ouvraient et « Greg le funambule » sortait, une nouvelle fois, une claquette salvatrice sur une astuce dangereuse d'Alex (69ème). Pas le temps de respirer ; pas le temps de s'ennuyer. L'OL semblait toujours le plus fort, mais tel un boxeur saoulé de coups, les jaune et bleu répliquaient à l'approche du gong final sans jamais renoncer. La tactique était maintenant celle de l'envie ; du dépassement de soi.



Paul Le Guen sentant le danger, remplaçait Juninho par le sénagalais Lamine Diatta qui sans sourciller se positionnait dans l'arrière garde olympienne. Essien , toujours aussi monstrueux, cavalait comme un lapin et bombardait dès que possible la cage locale avec sa frappe longue portée. Frau entrait à 5 minutes de la fin ; Govou, sortait. Malouda, en bugne à bugne avec Rüstü; manquait le KO que Frau du pied gauche réussissait sur un centre en retrait de Wiltord (87ème). Coaching gagnant de l'entraîneur breton ! Un de plus cette saison...



L'OL pouvait remettre le pied sur le ballon et s'apprêtait à savourer ce magnifique succès qui marquera, enfin on l'espère, les esprits internationaux. Franchement, Messieurs, nous avons aimé votre prestation. A Prague, les 2 équipes sont restés sur la même ligne au tableau d'affichage. A moins d'un cataclysme, avec 7 points à la fin de la phase aller, les Lyonnais sont presque en 1/8ème de finale. Rendez-vous pour le match retour contre ces Turcs et sceller cette qualification.



R.B



























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