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Les Lyonnais reprendraient bien une coupe

Publié le 31 mars 2007 à 07:00 par BV à Enghien-les-Bains

« C’est mon plus beau souvenir à l’OL. J’ai les images de ce match gravées dans ma tête pour toujours ». Des quatre joueurs lyonnais encore présents au club vainqueurs de la finale de la Coupe de la Ligue en 2001, Claudio Caçapa est celui qui en conserve le souvenir le plus impérissable.

« Personnellement, ce fut le début d’une grande histoire. J’étais à Lyon depuis seulement trois mois lorsque j’ai eu le privilège de jouer cette finale et de marquer un but » renchérit le Brésilien.

Les années et les succès passent, certains symboles demeurent vivaces. Comme à l’aube de son insolente domination sur la scène hexagonale l’OL a l’occasion de s’imposer dans une compétition à élimination directe et réparer ainsi une incongruité du football qui le prive de succès en coupe, nationale ou continentale, depuis six ans et qui a peut-être atteint son paroxysme cet hiver face à l’AS Roma en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. « On espérait bien entendu aller plus loin en coupe d’Europe reconnait François Clerc. On a un peu loupé notre match retour contre Rome ; il faut désormais tourner la page et penser à cette fin de saison qui peut s’avérer exceptionnelle ». Après l’immense déception qui a accompagné ce revers continental, les Gones se voient en effet offrir une nouvelle opportunité de marquer d’une pierre blanche cet exercice 2006/2007 en réalisant un historique et inédit doublé (Championnat – Coupe de la Ligue). « Cette Coupe de la Ligue n’est pas un objectif par défaut analyse Florent Malouda. Elle a une saveur particulière car elle peut mettre en valeur notre saison ». « Un doublé serait inédit mais on n’y prête pas attention note Alou Diarra. Si on peut entrer dans l’histoire, tant mieux ».

Pour autant, samedi, l’OL ne jouera pas sa saison à quitte ou double. Si les Lyonnais relèvent le caractère exceptionnel dont se parerait une telle performance, tous s’attachent dans le même temps à prévenir tout catastrophisme que ne manquerait pas de faire naître un échec. « Remporter un titre, c’est déjà extraordinaire. Six sacres d’affilée, personne ne l’a fait. Banaliser tout cela serait l’erreur à ne pas faire » prévient Alou Diarra, relayé par Toto Squillaci : « six titres de champion de France et une finale de la Coupe de la Ligue, c’est quelque chose de grand. Beaucoup d’équipes aimeraient être dans notre situation et jouer les matchs que nous allons jouer en cette fin de saison ».

Avec seize points d’avance à neuf journées de la fin en championnat de France, les quintuples champions de France ont en effet de quoi voir venir sereinement et peuvent s’atteler avec confiance à leur plus proche échéance. « Quand on est en finale, il faut être motivé et espérer la gagner. Il nous reste un match pour avoir un titre et un trophée » souligne François Clerc. « C’est une compétition différente du championnat affirme Toto Squillaci avant de reconnaitre avoir toujours la défaite à Gerland en championnat en travers de la gorge ». Le 24 janvier 2007, les Bordelais étaient en effet venus s’imposer entre Rhône et Saône, équilibrant à une victoire partout leur bilan face aux rhodaniens cette saison. Au crédit des hommes de Ricardo, force est de constater que, depuis la trêve, la machine bordelaise tourne à bloc. Grâce à un bon bilan depuis le début des matchs retour et un ralentissement notable de leurs concurrents pour l’Europe, les Girondins ont réintégré le trio de tête de la Ligue 1 et n’ont plus rien de la formation balbutiante que l’OL avait dominée 2 buts à 1 à Chabon-Delmas en début de saison (2-1).

[IMG41741#R]« On les connait bien. On a déjà joué deux fois contre eux cette saison analyse François Clerc. Cette année, ils ont éprouvé quelques difficultés en début de saison mais ils reviennent vite. C’est une équipe solide avec de bonnes individualités. Une équipe qui nous a toujours posé des problèmes et qui nous en posera encore samedi ».

Les matchs de coupe recèlent de ce périlleux paradoxe : de la consécration à la déception, la frontière est bien tenue. « Si proches du trophée, passer à côté serait difficile à encaisser reconnait Claudio Caçapa. Cela ferait mal. J’espère que l’on va être à la hauteur de ce match. Je ne veux pas penser à une défaite. On positive et on pense seulement à soulever la Coupe. On a envie de faire quelque chose de grand ensemble ». Le jeu en vaut bien la chandelle. Un vague sentiment de « déjà-vu » ? Pas exactement. Samedi soir, les Lyonnais ont rendez-vous avec l’histoire. Le temps n’a guère atténué l’intensité du souvenir et « 2001 » est encore dans toutes les mémoires. Les joueurs de Gérard Houllier savent ce qui leur reste à faire pour revivre ces instants d’exception et marquer un peu plus, si besoin en était, l’histoire du football français.
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