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Les Poupées sont arrivées à Umea

Publié le 04 avril 2008 à 18:10 par MG

Aéroport St Exupéry, ce vendredi matin, les 19 joueuses de l’OL féminin et le staff s’apprêtent à prendre leur envol… Au bout du voyage, Umea et la Suède pour une possible place en finale de Coupe d’Europe.

Il est 8h. En salle d’embarquement, une discussion s’amorce entre quelques joueuses, Camille Abily, Dorothée Dalum Jensen, Bénédicte Nordby, Sandrine Brétigny, Laure Lepailleur et Sandrine Dusang, autour des croyances. « Quel est la différence entre catholique et protestant ? » demande Camille Abily au docteur Jean-Marcel Ferret. « Tu ne le sais pas ? » lui répond t-il, « les protestants ne reconnaissent pas le Pape ni la Vierge Marie », suffira à satisfaire le groupe de filles. Bénédicte la gardienne Norvégienne et Dorothée le défenseur danois vont retrouver un football qu’elles connaissent bien. Jusqu’en décembre dernier, toutes les deux jouaient en Suède dans le club de Djürgarden. Elles ont vécu à Stockholm, capitale qui leur a laissé de très bons souvenirs, mais rien de vraiment attrayant nous disent-elles du côté d’Umea…

Finalement il est l’heure d’embarquer… un boing 737 de 147 places a été réservé par le club olympien. Nous sommes 29 à bord.
Il est 8h30, la petite voix métallique de l’appareil annonce un décollage imminent. Après s’être assuré que l’oiseau volant était bien équilibré, Sonia Bompastor s’est assise, a serré sa ceinture… et les dents.

Dans l’avion, très vite, c’est le dodo général. La Cinquième Montagne de Paulo Coelho sert de livre de chevet à Laura Georges. PSP pour les autres. J’en profite pour entamer une petite discussion avec Hoda Lattaf restée étrangement éveillée. On évoque le terrain synthétique sur lequel va se disputer leur prochaine rencontre… pas un handicap selon elle, sauf s’il pleut. On parle de l’obligation de marquer au moins un but, de Marta qui attire tous les médias, de son plaisir à elle, attaquante lyonnaise, de jouer en 9 ½ autour de Katia, de son absence en Equipe de France depuis une brouille avec Bruno Bini, et de son envie de reporter le maillot bleu.

Nous sommes à bord d’un cargo de l’aéropostale, compagnie renommée « Europe Airpost » depuis peu. Ces avions transportent notre courrier tout au long de l’année. Parfois, sur demande, ils sont rééquipés de leurs sièges pour le transport passager. L’opération de chargement et déchargement des sièges ne prend qu’une vingtaine de minute. Europe Airpost profite de ses voyages postaux pour proposer des tarifs plus avantageux au départ de la province. J’apprends aussi de l’hôtesse que les joueurs de l’OL, de l’OM et de l’Equipe de France au départ du Bourget utilisent parfois ces avions de la Poste. Je me coucherai moins bête.

Une heure avant l’atterrissage, la porte du cockpit s’est ouverte. Louisa Nécib et Hoda Lattaf se sont infiltrées, suivies par quelques autres…. Elles gagneront un « diplôme du baptême de l’air » signé par Mr Didier Cuaraz, commandant de bord.

Midi, après avoir survolé Rotterdam, Amsterdam et le nord de Stockholm, à une altitude de 11 500 mètres environ, nous arrivons à Umea. Vu d’en haut, le paysage est gelé. Côté gauche, à travers le petit hublot rayé, des lacs immenses entourent Umea et forment de grosses tâches blanches au milieu des forêts de résineux. Côté droit, l’infini H2O : le Golfe de Botnie… On doute que ses plages soient très empruntées à cette époque, mais le décor nous permet d’imaginer un peu la physionomie d’Umea en période estivale.
En sortant du 737, bonne nouvelle, la température est annoncée à 12°C. Un bon point pour la rencontre de dimanche. On aurait presqu’envie de faire sauter la veste ! L’écharpe restera en tout cas à l’hôtel.
Deux ou trois journalistes locaux sont là pour prendre quelques photos du groupe lyonnais à son arrivée sur le sol suédois. Bente Nordby en profite pour répondre à quelques questions.

Les filles grimpent dans le bus qui les attend devant l’aéroport. Il s’agit du bus officiel de l’équipe pro. Le président en a décidé ainsi, ce week-end les coéquipiers de Juninho voyageront en cité phocéenne avec le bus de la CFA.
Je prends place avec les féminines… sur le fauteuil de Grégory Coupet. Ca me va très bien.
Dix petites minutes de circulation dans les rues hivernales d’Umea puis le chauffeur fait halte devant un charmant hôtel traditionnel en plein centre ville. C’est ici que l’Olympique Lyonnais féminin va doucement se conditionner au match décisif qui l’attend.

Place au repas, puis vient l’heure de l’entraînement sur le terrain synthétique… A la surprise des filles et de Farid Benstiti, ce synthétique là ne ressemble pas du tout à celui sur lequel l’OL s’est entraîné jeudi à Meyzieu. Il s’agit d’un terrain qui bloque totalement les rebonds. Il va falloir s’y habituer. Le stade Gammllavallen peut accueillir 10 000 personnes. Un petit tour d’horizon me fait constater que tous ne seront pas assis ! Deux tribunes en face à face composent cette enceinte dans laquelle joue Umea tout le reste de la saison. Dans une loge qui surplombe le carré vert, l’entraîneur suédois supervise l’entraînement des lyonnaises qui ne feront que quelques jeux de balles. Les gardiennes suivent un spécifique avec Damien. Elodie Thomis travaille seule avec Nicolas, le préparateur physique.

L’heure tourne. Il n’est pas encore 16h et le mercure baisse significativement. Je regrette mon écharpe, mes gants de haute montagne et mon pull col roulé. A l’ombre la température alliée au vent devient blessante. Le match se jouera à 13h30 dimanche… une chance.

Le groupe décide de rentrer à l’hôtel. Dimanche, l’OL rencontrera Umea pour le match retour des ½ finales de Coupe d’Europe.
Pour sa première participation, l’OL aurait pu se satisfaire d’avoir atteint ce niveau là, pourtant avant de monter dans le bus Farid Benstiti a avoué : « plus on avance et plus on en veut. Je garderai les filles dans cet état d’esprit. Il y a la place pour gagner. »

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