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Lille 3 OL 2: Pas payés de leur héroïsme!

Publié le 10 novembre 2004 à 21:58 par R.B

[IMG3774L]L'OL est sorti de cette Coupe de la Ligue et s'est incliné pour la première fois de la saison face au LOSC. Mais les Lyonnais n'auront pas à rougir de cette défaite. <br>Le plus décevant étant de terminer à 9, dans la douleur en perdant les 2 buteurs du soir, Eric Abidal et Hatem Ben Arfa.<br> Que dire sinon bravo, bravo aux joueurs pour leur héroïsme. Ils auront fait plus que de la résistance face aux Dogues.

A Lille, au Stadium de Villeneuve-d'Ascq, Lille 3 – OL 2 (mi-temps 0-0 ) ; temps : pluvieux ; terrain : glissant ; Spectateurs : 15 000 ; arbitre : M. Bertrand Layec (Bretagne).



Lille: Malicki - Debuchy, Plestan, Vitakic, Dante - Cabaye (Brunel 66), Makoun, Bodmer, Dernis - Acimovic (Dumont 85), Moussilou (Odemwingie 75)

Lyon: Puydebois - Diatta, Gomez, Abidal, Berthod (Réveillère 83) - Clément, Juninho (M. Diarra 64), Ben Arfa - Govou (Frau 64), Bergougnoux, Nilmar



Buts:

pour Lille: Moussilou (56), Dernis (112), Dumont (120)

pour Lyon: Abidal (90), Ben Arfa (102 s.p.)



Cartons jaunes:

pour Lyon : Clément (36')

pour Lille: Cabaye (25), Debuchy (101)





Le vieux Grimonprez-Jooris en rénovation, direction Villeneuve-d‘Ascq et le Stadium Métropole connu pour son meeting d'athlétisme. Un jour de mai 1978, le 19, l'Equipe de France de Football avait reçu sur cette pelouse la Tunisie, succès 2 à 0 ; Bernard Lacombe ayant joué les 27 dernières minutes en remplaçant Berdoll. Le 5 juin 1996, c'était au tour de l'Arménie de perdre 2 à 0 contre les Bleus de Zidane. Il fait plutôt frisquet les fesses en tribune de presse ; ce soir c'est un temps à courir après un ballon pour se réchauffer. Quelle sera la motivation des Lillois et des Lyonnais dans ce 1/16ème de finale de Coupe de la Ligue ? Multiple. Les Dogues sont les dauphins en championnat des Olympiens invaincus. Ils avaient perdu 1 à 0 à Gerland. Ils en sont ce soir à leur 24ème match d'une saison qu'ils mènent avec beaucoup de brio. Ils sont invaincus sur leur pelouse… Ils auront donc l'envie de faire tomber, en premier, l'invincible armada lyonnaise, de prendre leur revanche du match de championnat, de se qualifier pour la suite de la compétition, de rester maîtres chez eux. Avec les nombreux changements qu'apportent systématiquement le coach lillois, chaque joueur y trouve son bonheur, a l'occasion d'avoir non seulement du temps jeu mais aussi de se montrer.



Les « Lions », de leur côté, ont pris goût à cette invincibilité. Ils savent qu'ils marqueraient encore un peu plus les esprits en se qualifiant ici sur l'herbe de leur dauphin. D'autant qu'ils seront privés de Coupet, Cacapa, Wiltord, Cris, Essien, Malouda ; 6 titulaires restés chez eux. Et Paul Le Guen a ajouté une petite dose supplémentaire d'absences en plaçant sur le banc Réveillère, Diarra et Frau ce qui fait le bonheur de Gomez, Bergougnoux et Ben Arfa. Avec une nouvelle charnière, la cinquième de la saison, Diatta-Abidal, la défense olympienne ne voudra pas manquer aux devoirs si bien réussis jusque là par ses devancières. Juninho est revenu au milieu ; Govou en attaque… ce Lyon considérablement modifié a suffisamment d'arguments pour croquer le Dogue. C'est en tout cas ce qu'a affirmé son entraîneur qui souhaite même aller, dans cette compétition, au Stade de France avec son groupe.



Il faudra se coltiner ce bloc adverse qui s'appuie sur une défense hermétique et un collectif solidaire. « Nous n'avons pas de supers joueurs, ni un super jeu ; ce qui fait la différence, c'est le collectif. Sans lui, il n'y aurait pas d'équipe… ». Ces propos, lus dans le quotidien l'Equipe de ce mercredi, sont du capitaine Philippe Brunel. Finalement, même s'il y aura des supers joueurs à l'OL malgré les absences, la rencontre de ce soir pourrait être une histoire d'oppositions de solidité défensive et de vertus collectives. Et puis franchement… en se déplaçant pour ce 1/16ème de finale de Coupe de la Ligue, quelle pression auront les Champions de France ? Aucune. Il n'y aurait rien d'infamant, dans les conditions que l'on connaît, à se faire éliminer après avoir tout donné ! Une raison de plus pour mordre à pleins crocs dans ces coriaces nordistes.



C'est Nilmar qui ouvre le bal, manquant un face à face suite à une belle action individuelle où le ballon frôlera le poteau droit de Malicki. Les minutes passent et les Lyonnais continuent de pousser et de monopoliser le ballon. Le danger est donc porté vers la cage de Malicki, le gardien remplaçant qui a pris la place du titulaire Tony Sylva dans la cage Lilloise. Après une frappe de Bergougnoux qui occupe ce soir le poste du numéro 10, c'est Nilmar qui apporte encore une fois le danger en reprenant un coup franc de Juninho (20'). La tentative du jeune brésilien est une nouvelle fois repoussée des 2 poings par le portier du LOSC. Jusqu'ici, dans le jeu, les Lyonnais dominent. C'est presque surprenant lorsque l'on observe la composition de l'équipe. Sans remettre en cause la qualité des joueurs qui sont sur la pelouse, avec une nouvelle charnière centrale, avec Bergougnoux en numéro 10, avec Gomez sur le côté droit, avec Nilmar et Ben Arfa en attaque, ces Gones montrent de bien belles choses et mènent aux points, tel un match de boxe.

Dans le dernier quart d'heure, les hommes de Claude Puel commencent à prendre les choses en main et se montrent plus dangereux notamment par Acimovic dont la frappe est détournée par Puydebois (40ème) et surtout par un tir à côté de Moussilou qui était en position d'ouvrir le score (41ème). Avant que Gomez n'expédie un missile du gauche de 30 mètres pour clore cette première période, sans but, jouée sous la pluie.



En seconde période, les Dogues accélèrent tandis que les Lyonnais se montrent maladroits dans leurs relances et nettement moins présents dans leur jeu. Cela permet d'abord à Dernis de tirer à côté, alors qu'il avait une balle de but (46ème); puis ce même très bon joueur oblige Puydebois à repousser brillamment sa nouvelle tentative reprise par Moussilou à bout portant pour l'ouverture du score (53ème) que M. Layec ne valide pas pour une position d'hors jeu qui n'existait pas! L'alerte donnée sera transformée immédiatement en but "accordé" lorsque ce diable de Dernis balance un énième centre dans la surface repris victorieusement par le grand Moussilou (55ème). Les Dogues mènent 1 à 0 fort logiquement. Ils ont mis la pression sur L'OL qui boit le bouillon dans son expression collective. La vitesse de course de Moussilou et le pied gauche de Dernis font des ravages. Dans cette domination sans partage, un coup franc de Juninho (63ème) aurait pu trouver la faille, mais il passe juste à coté du poteau droit de Malicki.



Paul Le Guen a fait souffler Govou et Juninho au profit de Diarra et Frau, avant de changer Berthod pour Réveillère. Les Nordistes oublient de "tuer le match" ce qui redonne quelques couleurs aux Olympiens. Réveillère, installé sur le côté gauche, a une balle d'égalisation... pour fêter ses 25 printemps. Il croise trop son tir (82ème); dans la foulée, Brunel manque le KO... et alors que les supporters lillois commençaient à quitter le stade, une frappe détournée de Nilmar donnait un corner côté droit aux Lyonnais. Benarfa de son pied gauche trouvait au second poteau Abidal qui catapultait le ballon au fond de la cage de Malicki (90ème). Incroyable scénario. Il fallait jouer des prolongations... sans Abidal blessé au genou dans les arrêts de jeu. La pluie redoublait mais n'empêchait pas la cinquantaine de supporters olympiens de manifester leur contentement.



Les Lillois repartaient dans cet "extra time" avec une occasion franche de but pour Makoun. On se disait qu'il était impossible que les Gones fassent autre chose que de subir et d'attendre les tirs au but en faisant une prière à Notre Dame de Fourvière... Mais après 10 minutes de jeu, l'intenable Nilmar provoquait une faute dans la surface de réparation. M. Layec indiquait le point de pénalty. Le minot Benarfa prenait à contre pied Malicki (100ème). L'OL menait 2 à 1... Stupéfiant! D'un côté l'héroisme, de l'autre le refus de perdre, qui plus est en supériorité numérique. Les Nordistes poussent comme des malades; cherchent le décalage en passant par les côtés. "Nico" sort une parade décisive (110ème); les Dogues insistent et le virevoltant Dernis égalise (111ème). On se dit que "les gamins" vont craquer et Benarfa est à deux doigts d'en planter un troisième sur une merveille de centre en retrait de Réveillère (112ème), repassé à droite de la défense depuis la blessure d'Abidal; Clément jouant à gauche et Gomez dans l'axe aux côtés du grand Diatta. Les partenaires de Brunel bombarde tout azimut le camp du champion de France ce qui n'empêche pas Benarfa de remonter le terrain de ses arabesques à filer le tournis. Dans la surface de réparation, Plestant le scotche au sol (115ème). Pénalty? M. Layec n'ose pas le siffler. Pire, le jeune gaucher ne se relève pas. On apprendra plus tard qu'il a une triple fracture de la clavicule! En sport, la pitié n'existe pas... Alors que l'on se dirige vers la fameuse séance des tirs au but, Dumont, sur un centre venu de la droite, repoussé un peu mollement par Puydebois, envoie ses partenaires en 1/8ème de finale... à la 120ème minute de jeu. Trop cruel...



Que dire d'une telle soirée? A l'impossible nul n'est tenu... les Lyonnais ont fait de la résistance; ils ont été héroïques et ont cru pouvoir se qualifier même si les Lillois méritaient leur qualification. L'OL sort donc de cette Coupe de la Ligue et s'incline pour la première fois de la saison. Les partenaires de Govou n'ont pas à rougir de cette défaite. Le plus décevant étant de terminer à 9, dans la douleur ,en perdant les 2 buteurs du soir, Abidal et Benarfa. Que dire encore ? Bravo. Il faut maintenant récupérer et retrouver le chemin du succès contre Nantes, dès samedi en championnat.



Statistiques:





Corners OL: 8

Corners Lille: 7

Hors jeu OL: 4

Hors jeu Lille: 3

Coups francs OL: 25

Coups francs Lille: 14

Tirs cadrés OL: 8

Tirs cadrés Lille: 11

Tirs non cadrés OL: 8

Tirs non cadrés Lille: 20

Arrêts Puydebois: 12

Arrêts décisifs: 2





SR avec RB en direct de Lille
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