masculins / Strasbourg - OL : 1 - 2

L'interview de Jean-Michel Aulas

Publié le 21 avril 2008 à 21:19 par BV

Quelle est votre réaction après la victoire de l’OL à Strasbourg ?
Il faut dire bravo à cette équipe de Lyon qui a su renverser le cours des choses. C’était difficile car la rencontre s’est jouée dans un stade surchauffé contre une équipe qui jouait sa peau. Ce match nous permet de continuer à espérer. Concernant ce qui a été dit à côté, c’est plus délicat. Traiter Fabio Grosso de « Macaroni de m… », dire qu’il n’avait pas renié ses gênes ou sa race, c’est un peu dur. Jean-Marc Furlan, qui est un garçon de qualité, a disjoncté. A ce niveau là, c’est vraiment grave ! J’ai été déçu, outré par ses propos, mais également outré parce que les deux cartons jaunes reçus par Mouloungui étaient parfaitement justifiés. J’ai donc trouvé scandaleux que l’on puisse tenir de tels propos mais également remettre en cause l’arbitrage d’un arbitre qui a, à l’exception de l’action où Karim (Benzema) a été blessé par Ducrocq, réalisé un très bon match.

Comptez-vous porter plainte ?
On doit en parler avec Fabio Grosso. Ce dernier, qui est un grand seigneur, va certainement passer au dessus.

Vous vous confiez ce matin dans L’Equipe. Cela signifie-t-il que vous avez le sentiment que le groupe a, en ce moment, tout particulièrement besoin de la parole de son président ?
Arriver au plus haut niveau, et surtout y rester, demande beaucoup d’unité. Le groupe a besoin de la confiance que je lui porte mais également de la manière dont on analyse les choses pour que demain soit à nouveau synonyme de succès. Pour que l’aventure soit positive, il faut qu’il y ait des gens forts qui réunissent tout le monde vers un objectif commun et puissent s’opposer à ce qui fait du mal au groupe.

Vous parlez d’ « unité ». Avez-vous le sentiment que celle-ci s’est un peu étiolée à un certain moment ?
Nous avons constitué un groupe avec des gens qui venaient d’un autre club, de Sochaux, et puis un staff qui était en place et qui avait déjà gagné des titres. Il a fallu faire une unité, une cohésion, qui a évolué au cours des dernières semaines. Je suis globalement satisfait de ce qui se passe. Le staff technique et les joueurs ont la même ambition qui est que ces derniers jouent tous ensemble. A l’arrivée, si on a des joueurs qui jouent ensemble et de manière complémentaire, on aura réussi la plus belle des missions : faire en sorte que les anciens et les nouveaux puissent travailler avec l’objectif commun de gagner un septième titre et la coupe de France. Mais, quand je regarde le traitement médiatique sur l’OL, je constate que beaucoup de choses dites n’existent pas, nous mettant dans l’obligation de réagir, de nous regrouper. C’est la raison pour laquelle j’ai répondu hier, mais, sans jamais évoquer la possibilité de changer d’entraîneur. Il faut gérer un club comme on gère une entreprise performante. Nous ferons le bilan au terme du championnat et de la finale de la coupe de France. Le conseil d’administration analysera les bilans qualitatif et quantitatif. C’est à l’issue de cette analyse que l’on pourra réfléchir à « comment fait-on pour atteindre les objectifs fixés ? ». Demain, nous verrons comment se préparer aux échéances futures. Mais ce n’est pas le moment de poser ce type de question. Alain Perrin et Christophe Galtier sont sous contrat deux ans, ils font du mieux possible. L’année prochaine, ils seront donc là, sauf si, pour les raisons qui seraient évoquées à ce moment là, on décidait de changer d’objectif et d’organisation, mais rien aujourd’hui ne permet d’imaginer ce qui a été dit. Certains ont parlé de Rémy Garde, de Didier Deschamps. On avait contacté ce dernier l’année dernière avant Alain Perrin, il était à l’époque sous contrat avec la Juventus. Il n’y a depuis eu aucun contact. Concernant Rémy Garde, il fait un travail excellent au sein du club, a toute notre confiance en matière de recrutement mais n’a pas passé ses diplômes d’entraîneur.

Ce matin, dans L’Equipe, vous dites vous interroger sur la préparation physique des joueurs lyonnais… Qu’en est-il exactement ?
J’ai l’impression que nous avons sur certains matchs un peu plus de difficultés en matière de puissance que les autres années. Mais comme Robert Duverne était préparateur physique les autres années et qu’il le sera demain puisqu’il est son contrat court jusqu’en 2010 et que l’on le prolongera dans le futur, je ne vois pas pourquoi on imaginerait qu’il s’agit d’une remise en cause de ce qui a été fait. Ma perception est simplement qu’il y a à un moment ou à un autre, un certain nombre de décisions à prendre. Celle qui a été prise pour préparer les 5 ou 6 derniers matchs qui vont avoir lieu, c’est de faire une préparation complémentaire au travers d’un stage de préparation physique. J’ai aussi indiqué que Robert Duverne avait un rôle de préparateur physique du club mais également de l’équipe de France. Il y a toujours une ambigüité quand on a la chance d’avoir le préparateur physique de l’équipe de France : celle de savoir si les intérêts supérieurs de l’équipe de France sont cohérents avec les intérêts supérieurs du club. Mais c’est bien entendu plus une chance qu’un inconvénient d’avoir quelqu’un qui est, comme Robert, des deux cotés.

La Ligue des Champions devrait-elle constituer une source d’ambition principale dans les années à venir ?
L’année prochaine, ce sera la première fois que nous jouerons la Ligue des Champions avec l’étiquette de tête de série puisque l’on va passer au classement UEFA devant le Real Madrid, devant l’Inter Milan. Cette saison, il y avait si peu d’écart entre nous et Manchester que l’on ne peut pas dire que cela ait été un objectif que l’on a raté. Si les joueurs se mettent en tête de réussir encore mieux, on réussira dans le futur des choses formidables. Aujourd’hui, la priorité des priorités est de gagner le septième titre. Dans les années qui viennent, on va probablement infléchir cette priorité. Stratégiquement, je pense que le conseil d’administration va aller dans les années qui viennent vers une volonté de s’organiser pour gagner le plus rapidement possible une coupe d’Europe.

Pour remporter une coupe d’Europe, il faut faire un gros recrutement et conserver ses meilleurs éléments. A ce propos, où en êtes-vous des négociations avec Hatem Ben Arfa ?
Il est sous contrat jusqu’en 2010. On discute avec lui d’une éventuelle prolongation ; la volonté est de le garder. Nous tiendrons compte de ses ambitions.