masculins / OL 1 - Strasbourg 0

L'OL à l'arrachée...

Publié le 21 novembre 2003 à 23:50

Au bout du suspense, l'OL a arraché une victoire précieuse et méritée sur un penalty de Luyindula. Réduits à 10 après la sévère expulsion de Mickaël Essien à l'heure de jeu, le Gones y ont cru jusqu'au bout et ont donc été récompensés de leurs efforts face à une équipe strasbourgeoise solide mais curieusement bien timide. A quatre jours d'un important déplacement à Bruxelles, le moral lyonnais est en tout cas plus que jamais au beau fixe !



Il restait une poignée de secondes dans le temps réglementaire. Réduit à 10 depuis près d'une demi-heure, l'OL venait de friser la correctionnelle sur deux contre-attaques strasbourgeoise lorsque Malouda héritait d'un ballon côté gauche pour ce qui allait sans doute constituer la dernière opportunité des Olympiens. Le Guyanais, esseulé, décidait alors de placer une énième accélération avant de centrer au deuxième poteau pour Elber. La défense strasbourgeoise était totalement prise à revers et seul Ehret pouvait encore empêcher le Brésilien de réceptionner le ballon en position idéale. C'est ce qu'il faisait mais, pour cela, était contraint de s'aider de la main...



L'arbitre assistant avait tout vu et M. Veissière n'avait d'autre choix que d'indiquer le point de penalty. Luyindula s'élançait, une pression terrible sur les épaules, mais ne tremblait pas. Dutruel était pris à contre-pied. Gerland pouvait exploser et évacuer tout le stress accumulé durant 90 minutes particulièrement crispante. Car, bien que largement dominateurs et finalement très peu inquiétés, les Gones avaient jusque là fait preuve d'une certaine maladresse devant le but, à l'image d'un Giovane Elber en cruelle panne de réussite, si bien que le tableau d'affichage restait désespérément vierge.

Entrés sous un magnifique tifo, un étendard de 17x100 mètres (!) déployé par les Lugdunum's pour leur 10ème anniversaire, les Champions de France, privés de plusieurs pièces maîtresses au coup d'envoi, n'avaient pourtant pas tardé à prendre le contrôle du match. Dès la 6e minute, Elber profitait de l'excellent travail préparatoire de Malouda pour venir inquiéter Dutruel, d'un tir du gauche à bout portant tout d'abord puis, dans la continuité de l'action, d'une frappe frôlant la lucarne. Le festival des occasions ratées venaient de commencer...



L'OL, en effet, bien que logiquement un peu plus emprunté qu'à l'accoutumée après deux semaines de coupure, réussissait néanmoins à déployé un bon football, mais pêchait dans le dernier geste. Malouda plaçait ainsi un tir hors-cadre (16'), avant que Dutruel ne stoppe une tête d'Elber (21'). Luyindula s'essayait à son tour, sans davantage de réussite toutefois, une première frappe filant à côté, tandis qu'il trouvait la... transversale sur la seconde, à la suite d'un tir repoussé de Govou (34'). Bref, ce n'était pas faute d'essayer, mais la réussite qui avait accompagné les hommes de Paul Le Guen lors d'une dernière semaine de compétition exceptionnelle, semblait s'être envolée au cours des 15 derniers jours.

Strasbourg, n'ayant pas montré grand chose jusque là, tentait alors d'en profiter, mais Le Pen, en contre-attaque, trouvait un excellent Puydebois sur la trajectoire de son tir (35'). De quoi chauffer quelque peu les gants de l'excellent troisième gardien lyonnais qui, pour la deuxième apparition à Gerland de sa carrière à Gerland, passait une soirée tranquille. Et, après ce petit intermède alsacien, la domination olympienne reprenait son cours. Toujours en vain malheureusement, Elber échouant encore à deux reprises juste avant la pause.



Et le début de seconde période n'allait pas vraiment modifier les choses, l'OL poursuivant sur ses bonnes intentions mais ne trouvant décidemment pas la faille. Et Elber devenait, bien malgré lui, le symbole de ce manque d'efficacité, butant encore sur Dutruel après un bon service de Luyindula (50'). Et puisque ce n'était pas la soirée du Brésilien, après une nouvelle opportunité de Govou (58'), il percutait la tête de Drobny au moment de reprendre un centre de ce même Govou et devait ponctuellement quitté la pelouse (59'). La soirée semblait bien mal partie pour l'OL et cette impression n'était que confirmée par la sévère expulsion d'Essien, payant là sans doute un tacle appuyé sur Lacour en première période, qui récoltait un deuxième carton jaune suite à une faute sur Niang (62').



Contraints d'effectuer la dernière demi-heure à 10 contre 11, les Lyonnais se retrouvaient alors partagés entre deux sentiments, celui de continuer à attaquer pour remporter la décision ou celui de préserver le point du match nul. Un cruel dilemme auquel les Olympiens tardaient à répondre, bien aidés en cela par des Strasbourgeois ne se décidant toujours pas, on ne sait trop pourquoi, à jouer leur chance à fond, même en supériorité numérique. Si bien que la rencontre perdait peu à peu de son intensité, même si Elber, bandé à la tête après un nouveau choc, parvenait à tirer dans une position difficile, sans inquiéter néanmoins Dutruel (70'), puis Malouda, surtout, obligeait le portier alsacien à repousser une frappe dont ne profitait pas, ensuite, Luyindula (72').

La partie allait cependant retrouvée tout son attrait dans l'emballage final, offrant un finish à suspense et à tension. Elber, tout d'abord, trouvait enfin les filets, mais son but était refusé pour hors-jeu (85'). Le Pen, ensuite, profitant de la bonne rentrée en jeu d'Arrache, plaçait, en contre, un tir au ras du poteau de Puydebois (87'). Niang enfin, sur un nouveau déboulé d'Arrache,ratait l'immanquable... et le ballon, seul aux 6 mètres (88'). A ce moment là, le sort du match aurait pu basculer d'un côté comme de l'autre, et c'était bien du côté de Strasbourgeois dévoilant enfin leurs velléités qu'il avait été tout proche de basculer. Mais n'ayant pas su saisir leur chance, les hommes de Kombaouré allaient sérieusement le regretter.



Car la suite, on la connaît. Luyindula, ancien strasbourgeois et auteur de l'ultime penalty raté lors de la séance de tirs aux buts à Lens, n'hésitait pas alors, symbole de toute la confiance qui l'habite depuis quelques temps, à prendre ses responsabilités. Cette fois le ballon était au fond des filets, pour de bon, et l'OL tenait sa victoire, la quatrième d'affilée en championnat, confortant son invincibilité qui se porte désormais à 9 matchs et, cerise sur le gâteau, prend, provisoirement, pour la première fois de la saison, la tête du classement ! ça valait le coup d'attendre !









T.L.



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