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« L’OL a le potentiel pour être champion »

Publié le 22 décembre 2010 à 11:40 par BV

L’entraîneur auxerrois revient sur le début de saison de l’AJA et parle avec méfiance du déplacement de mercredi à Gerland.

Quelle est la différence entre l’AJA qui termina 3e la saison dernière et celle de cette saison ? Est-ce dû à l’absence de Jelen ?
Il n’y pas que l’absence de Jelen même si celle-ci pèse sur notre rendement offensif. Jelen est notre buteur, notre meilleur attaquant, et comme il n’a quasiment pas joué au cours de cette première partie de saison, cela nous pénalise forcément. Nous ne sommes pas préparés à jouer tous les trois jours, notamment au niveau de la logistique. Nous avons laissé beaucoup d’énergie aux niveaux physique et psychologique. C’est la grande différence par rapport à la saison dernière où nous devions gérer un match par semaine. Nous n’avions de plus quasiment aucun blessé par rapport à cette saison.

L’AJA enchaine les séries de bons et de mauvais résultats. A quoi attribuez-vous cette inconstance ?
Par rapport au début de saison, on est mieux dans le jeu, sur le plan défensif. Mais nous avons eu trop d’attaquants blessés (Jelen, Le Tallec, Licata), ce qui pèse forcément sur notre rendement offensif. Aucun de nos attaquants n’est parvenu à inscrire beaucoup de buts. Ce sont de bons attaquants mais ce ne sont pas des buteurs. Julien Quercia  n’a ainsi inscrit que deux buts, comme Roy Contout et Dennis Oliech. Aujourd’hui nos meilleurs buteurs sont Benoît Pedretti (5 buts), Valter Birsa (4 buts), Alain Traoré (3 buts) ou encore Jean Pascal Mignot (3 buts) : ce ne sont pas des attaquants. Le fait d’être bien organisés défensivement explique que nous ne perdons pas beaucoup de matches. Nous faisons beaucoup de matches nuls car nous peinons à nous imposer devant, à marquer des buts.


Quel bilan tirez-vous de votre parcours en Champions League ?
De la frustration. Je pense que nous aurions pu faire encore mieux sans tous nos blessés et si nous étions parvenus à renforcer l’équipe en début de saison, ce qui n’a pas été possible. C’était une politique du club de ne pas renforcer l’équipe et de repartir avec les mêmes joueurs. Nous n’avons pas été ridicules en Champions League mais en étant plus forts, nous aurions pu terminer troisièmes de cette poule prestigieuse et très difficile. Toutefois, nous en sortons renforcés, c’est une certitude ! Notamment dans la gestion des matches. Nous avons joué contre de grandes équipes et dans de grandes enceintes (San Siro, l’Arena, Santiago Bernabeu). Je pense aussi que nous avons progressé individuellement et collectivement. Quand vous rencontrez le Real ou le Milan AC, il y a une gestion spécifique des matches qui nous servira pour notre seconde partie de saison, notamment si nous nous qualifions pour la finale de la Coupe de la Ligue. Je pense que nous serons plus forts sur la seconde partie de championnat en raison notamment de notre élimination en Champions League. Le fait de gérer un match par semaine sera plus facile pour nous. Nous allons également récupérer beaucoup de nos joueurs blessés (Hengbart, Pedretti, N’Dinga, Jelen), qui vont nous permettre d’être plus forts. Même s’il n’y a pas de vérité dans le football, nous avons fait de bonnes deuxièmes parties de saison lors des quatre dernières années. Il n’y a pas de raison pour que cela change.

Benoît Pedretti semble être une pièce essentielle de votre dispositif. Que change son absence dans votre approche du match face à l’OL ?
Beaucoup de choses ! Benoît est non seulement notre meilleur joueur mais c’est également notre capitaine. C’est un leader, celui qui mène l’équipe sur le terrain. C’est aussi un homme de vestiaire, un joueur avec beaucoup d’expérience. Il est évident que l’AJA avec ou sans Benoît, ce n’est pas la même équipe. Pour nous, son absence est un gros handicap.

Quel regard portez-vous sur cet OL 2010 – 2011 ?
Je crois qu’aujourd’hui, il y a quatre équipes pour remporter le titre : Marseille, Paris, Lille et Lyon. L’OL a retrouvé ses cadres, ses joueurs importants comme Lisandro par exemple et on se rend compte qu’actuellement Lyon est l’équipe la plus solide, celle qui joue le mieux au ballon. J’ai vu jouer l’OL à domicile contre Toulouse et dernièrement à Marseille, où les Lyonnais m’ont fait une bonne impression. Ils sont sur une série de 11 matches sans défaite ce qui n’est pas rien. Pour moi, l’OL a le potentiel pour être champion. Ils ont traversé des périodes difficiles en début de saison, avec beaucoup de blessés ainsi qu’une très forte pression médiatique sur le club et sur Claude Puel. Claude a su garder le cap et aujourd’hui c’est en partie grâce à lui si le club est bien placé en championnat. C’est également grâce à Jean-Michel Aulas, qui a su porter sur lui cette pression et qui a toujours maintenu sa confiance à Claude Puel. Aujourd’hui, les résultats donnent raison au président Aulas.

Il y a 5 - 6 semaines, on m’avait posé la question si Eden Hazard était le meilleur joueur de Ligue 1. J’avais répondu que, pour moi, quand il est en pleine possession de ses moyens, le meilleur c’est Lisandro.


Depuis Guy Roux, la phrase « On joue le maintien. » est associée à Auxerre. Jouez-vous le maintien cette saison ?
Oui, comme tous les ans. Je crois que c’est déjà un privilège pour un club comme l’AJA d’être en Ligue 1 depuis 30 saisons consécutives. Ce n’est pas rien quand on voit des équipes de Ligue 2 ou de National à gros potentiel comme Metz, Strasbourg, Nantes, Le Havre ou encore Guingamp, qui n’ont pas pu se maintenir en Ligue 1. Je le répète : pour nous c’est un privilège de rester en Ligue 1. Lors de chaque début de saison, on part pour se maintenir puis pour faire la meilleure saison possible.

Quel joueur lyonnais vous impressionne tout particulièrement ?
Lisandro ! Même si j’ai un faible pour Toulalan.  Jérémy est un joueur qui, quand il est en pleine possession de ses moyens, est capable de faire bien jouer son équipe. Mais aujourd’hui j’ai un faible pour Lisandro. Il y a 5 - 6 semaines, on m’avait posé la question si Eden Hazard était le meilleur joueur de Ligue 1. J’avais répondu que, pour moi, quand il est en pleine possession de ses moyens, le meilleur c’est Lisandro.

Vous étiez venus gagner à Gerland en 2008 – 2009 (2 – 0). Que faut-il faire pour réaliser une telle performance ?
Il faut surtout que Lyon ne soit pas dans un grand jour. En football, sur un match tout est possible, c’est justement ce qui fait tout son charme. Quand nous nous étions imposés à Gerland, c’est aussi parce que Lyon venait de se faire éliminer par Barcelone. Ils avaient pris 5 - 2 et avaient un peu la tête dans le guidon. Si Lyon n’est pas très bien et que nous sommes en forme, nous pouvons leur poser des problèmes. Mais si Lyon évolue à son niveau actuel, ce sera très, très difficile pour nous.

Quel souvenir gardez-vous de Maxence Flachez, que vous avez bien connu et qui commente aujourd’hui les matches pour OL TV ?
C’est quelqu’un que j’ai énormément apprécié. Aussi bien le joueur que l’homme. C’est un super mec ! J’ai gardé de très bons souvenirs de notre collaboration. C’était le capitaine de l’équipe, un garçon très attachant, toujours de bonne humeur, très professionnel et très humain. C’est toujours avec beaucoup de plaisir que je le revois.

Interview extraite du programme de match officiel de l'Olympique Lyonnais spécial "OL - Auxerre" en téléchargemenent ici

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