masculins / PSV 0 - OL 1

L'OL à mi-chemin

Publié le 21 février 2006 à 23:18 par BV

Curieux paradoxe de l’histoire européenne de l'OL : le club lyonnais reprend son parcours dans la plus prestigieuse des compétitions là où l’avait laissé il y a 10 mois. Tout juste peut-il se plaindre d’avoir reculé d’un cran.

10 mois qui auront vu le PSV perdre une partie de ses cadres et l’OL faire inversement sa mue en accueillant des renforts de poids (et de taille) notamment à la pointe de l’attaque. Après un début de compétition en forme de prise d’élan, le club du président Jean-Michel Aulas semble plus que jamais désireux de sauter l’obstacle hollandais. Tremplin indispensable vers le Stade de France, le point de passage du Philips Stadion demeure pourtant un triste souvenir pour les Juni, Govou et autres Coupet. Cruel cimetière des espérances passées, la pelouse du PSV restait cette saison une forteresse imprenable en Coupe d’Europe. En 3 rencontres continentales, leurs hôtes n’avaient jusqu’alors encaissé aucun but. Pis, ils avaient remporté 3 rencontres sur 3 en inscrivant simplement 4 buts.

Etait-ce ce bilan qui incita les Lyonnais à reculer dès les premiers instants ? Le centre d’Affelay trouvait la haute tête de Vennegoor of Hesselink qui obligeait Grégory Coupet, symboliquement tout de bleu vêtu, à une détente exceptionnelle alors que la rencontre venait à peine de débuter (2e).
Etrange début de match. Malgré cette très bonne entame offensive les Hollandais éprouvaient les plus grandes difficultés à inquiéter à nouveau Greg Coupet et multipliaient les erreurs devant leur but. Sid, après une mauvaise passe en retrait de Lamey, était à deux crampons de devancer Gomes (7e). Djila Diarra déposait sa tête sur le portier brésilien (11e). Malouda s’infiltrait dans la surface mais manquait son centre (12e). John Carew décroisait trop sa tête sur un bon centre de Florent Malouda (22e).
Sur la lancée de son superbe hiver, François Clerc multipliait les bonnes interventions, parfaitement secondé par un Cris dont le nez avait souffert sur un rugueux contact en haute altitude avec Venneggor (17e). Si la maîtrise défensive des hommes de Gérard Houllier leur permettait de ne pas être inquiétés sur les actions posées, chaque coup de pied arrêté du PSV venait faire passer des frissons dans les rangs des 1200 supporters olympiens présents dans le Philips Stadion. Après un carton jaune reçu par Juninho pour contestation, Alex écrasait une frappe du droit sur la barre transversale de Coupet. Quelques instants plus tard, ce dernier observait, rassuré, le centre de Culina naviguer dans sa surface sans trouver preneur (26e). L’Australien, excellent centreur en Eredivisie, était une nouvelle fois à deux de doigts de trouver la tête de Vennegoor mais son centre fuyait en 6 mètres (41e).
Malgré ces quelques inquiétudes, la fin de première mi-temps était rhodanienne. Juninho laissait entrevoir sa qualité de frappe sur un coup franc direct excentré (31e). John Carew manquait de peu l’ouverture du score à trois reprises (31e, 41e et 46e) et Florent Malouda envoyait un corner côté droit longer la ligne de but hollandaise sans trouver preneur (42e).

Sans Cris, sorti au repos, mais avec Sylvain Wiltord auteur de 10 buts et 8 passes décisives cette saison, les Lyonnais entamaient la seconde période comme leurs adversaires avaient débuté la première. John Carew déclenchait un nouveau tir du gauche, déviée par Ooijer (46e). La complicité entre Govou et Nino fonctionnait parfaitement et permettait à Nino d’envoyer son ballon lécher le poteau droit de Gomes (49e). Pourtant très présents dans les duels lors de la première période, les Hollandais étaient acculés sur leur but et voyaient les frappes lointaines de Djila Diarra (55e) et François Clerc (56e) inquiéter leur gardien. Très en vue sur son côté droit, le jeune arrière droit multipliait les montées sur l’aile, obtenant deux corners consécutifs (58e et 59e). Sur le second, Assaiti sauvait sur sa ligne après un coup de tête puissant de John Carew (59e).
Comme souvent la délivrance vint d’une frappe lointaine de Juni. Sur un coup franc à 30 m�tres le capitaine rhodanien se rappellait au bon souvenir du vieux continent en ouvrant le score. Déjà auteur de deux grosses fautes de main depuis le début de la rencontre, le Brésilien Gomes évaluait mal la trajectoire du missile de son compatriote et encaissait son premier but de la saison à domicile en coupe d’Europe. Après un réveil remarqué face à Nantes samedi, le natif de Pernambuco inscrivait son 4e but sur coup franc lors de cette Champions League 2005/2006.
Les Bataves, totalement dépassés dans le jeu et par l’enjeu, regardaient les attaquants lyonnais multiplier les actions offensives. Fred (70e et 72e) et Wiltord (71e) s’essayaient à 20 mètres sans succès.

Parfaitement en place, les joueurs de Gérard Houllier ne concèdaient qu’une seule occasion durant les 20 dernières minutes de jeu. L’Ivoirien Aruna Koné tapait le poteau après un contact rugueux avec Grégory Coupet (86e). Après 90 minutes d’un match qu’ils avaient dominé, les Gones mettaient fin à une série de 3 matchs nuls 1 but partout contre le club de Guus Hiddink. Comme lors de la saison 2003/2004 (face à la Real Sociedad), ils s’imposent 1 à 0 à l’extérieur lors de leur huitième de finale aller.
Seule ombre à cette si belle toile hollandaise, Sidney Govou manquera le match retour en raison d’un carton rouge (80e). Au coup de sifflet final, les joueurs de Jean-Michel Aulas auront récolté 6 cartons jaunes contre aucun à leurs adversaires du soir au cours d’un match durant lequel les Rhodaniens ont commis 20 fautes contre 27.

Revanche ? Un terme qui semble désormais bien impropre au regard du match tant l’OL a dominé son sujet. Grâce à cette victoire, hautement symbolique, le club olympien fait un grand pas vers les quarts de finale. Aux hôtes de Gerland de transformer l’essai devant leur public. Peu coutumiers de mauvaises blagues cette saison, ils devront rester fidèles à leurs habitudes afin de continuer à entretenir intacts leurs rêves de fabuleux exploits.
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