masculins / OL 1 - ASSE 0

L'OL assure et se rassure

Publié le 26 août 2007 à 23:05 par BV

Parce que c’est un derby, que l’affrontement entre Lyonnais et Stéphanois ne ressemblera jamais à aucun autre, et parce que l'OL restait sur deux revers de rang, le succès des champions de France, sur la plus petite des marges, a plus de résonance qu’une banale victoire 1 but à 0.

Bien plus que d’une domination tactique ou technique, il découle d’une domination psychologique. Face à l'ASSE, les Lyonnais étaient annoncés plus en danger qu’ils ne l’avaient rarement été ces derniers temps. S’ils ne firent pas tout à la perfection, ils prouvèrent néanmoins qu’ils n’avaient pas perdu ce qui fait depuis longtemps leur force : le refus d’abdiquer et une insatiable soif de succès. Avec ces armes, rien ne leur est impossible.

C’est ainsi au cœur d’une rencontre équilibrée et fermée que Juninho surgit, et que Karim Benzema se chargea de transformer la sentence. Ce n’est certainement pas le plus beau but de sa jeune carrière, et probablement même le moins lointain. Mais l’histoire, celle des derbys, et peut-être celle de cette saison, retiendra que c’est un Lyonnais de naissance, issu du centre de formation de l’OL, qui a délivré les siens. L’histoire et le football raffolent de ces instants où le sport et le cœur s’entremêlent. Il était peut-être le Rhodanien le plus en vue depuis plusieurs semaines. Logique, donc, que l’international français ait permis à ses coéquipiers de retrouver la lumière.

La rencontre avait jusqu’alors été équilibrée. Durant 50 minutes, les joueurs de Laurent Roussey ont en effet fait mieux que résister. Bien moins pâles que lors de leurs dernières venues entre Rhône et Saône, ils ont longtemps fait peser une menace constante sur l’arrière garde lyonnaise. Il faut dire que l’entraîneur stéphanois n’avait pas lésiné sur les moyens pour ramener enfin un succès de la capitale des Gaules. En alignant Payet, Feindouno, Ilan et Gomis, l’ancien enfant prodige du football français avait annoncé la couleur. Il leur eût pourtant fallu plus de réalisme et de lucidité pour mettre fin à treize ans de disette.

Culotté, et à longue distance, Payet n’attrapa pas le cadre (7e et 23e). Doué et entreprenant, Feindouno contraignit Rémy Vercoutre à s’interposer (13e et 21e) avant d’envoyer le cuir dans le virage sud (51e). Mobile à la pointe de l’attaque, Gomis aurait pu ouvrir le score s’il avait mieux négocié ses duels avec le portier rhodanien (8e et 45e).

De leur coté, les Lyonnais s’étaient montrés plus inspirés que lors de leur dernière défaite à Lorient, disposés cette fois-ci en 4 – 3 – 3 "à la lyonnaise", Milan Baros pâtissant de ce retour à un système de jeu « à une pointe » qui dote le milieu lyonnais d’un troisième élément, Juninho prenant place aux cotés de Källström, devant Jérémy Toulalan. En première période, le Brésilien inquiéta Jérémy Janot à deux reprises. Le gardien stéphanois claqua son coup franc puis vit le ballon fuir devant son but sans trouver preneur (14e et 26e). Esseulé à la pointe de l’attaque, Karim Benzema ne bénéficiait que de bien peu de latitude. Sa frappe s’envola (35e). Au sortir d’un exploit personnel, Kader Keita buta sur Jérémy Janot (36e).

Et comme souvent, c’est "Juni" qui délivra les siens ; peut-être dans la position où on l’attendait le moins. Au terme d'un débordement d’ailier droit, le Brésilien centra et Tavlaridis dévia la balle sur son poteau. Seul sur la ligne de but, Karim Benzema n’eut aucun mal à inscrire l’unique but de la rencontre (53e).
Janot s’employa à nouveau sur un coup franc de Juninho que convoitait Kader Keita (64e) puis capta en deux temps la frappe lointaine de Kim Källström (74e).

Appliqués et solidaires, les Lyonnais gérèrent ensuite leur court avantage, ne concédant à leurs hôtes que de rares opportunités. De loin, Guarin et Douala ne cadrèrent pas (78e et 80e).

Grâce à ce succès, les Lyonnais remontent à la dixième place du classement (avec un match de retard). Mais surtout, ils prouvent, si besoin en était, que, même en période de rodage, et accablés par les blessures à répétition de leurs cadres, ils possèdent encore suffisamment d’orgueil et de talent pour faire la différence. Au-delà du bénéfice comptable, ce soir, c’est le regain mental qui constituera leur principal profit. S'il est bien entendu trop tôt pour évoquer un quelconque tournant dans la saison, l’histoire pourrait bien se charger de rendre à ce succès étriqué une valeur fondatrice si l’avenir venait à sourire aux sextuples champions de France.
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