masculins / OL 3 - Nantes 1

L'OL au rendez-vous

Publié le 17 février 2006 à 23:25 par BV

La joie de Gerland au coup de sifflet final est à l’image du soulagement que procure la vicoire dans les rangs rhodaniens. Après une série de trois matchs nuls, ressassée par tous les médias, cette victoire apporte bien plus que 3 points à un groupe que beaucoup auraient aimé voir douter.

De toutes les explications que peuvent offrir les meilleurs analystes du ballon rond, seule celle du terrain dispose de ce caractère péremptoire qui permet ce soir aux hommes de Gérard Houllier d’éclaircir un horizon que d’aucuns semblaient percevoir orageux. A 4 jours de la rencontre la plus importante de ce début d’année 2006, elle les replace dans une dynamique de victoire si annonciatrice de grands exploits.

Pourtant au coup d’envoi, décalé de quelques minutes en raison des fumigènes, les canaris nantais ne présentaient pas les attraits de la proie facile pour ce Lyon affamé. Déjà doubles adversaires des Gones durant cette saison 2005/2006, les hommes de Serge Le Dizet avaient offert deux oppositions de grande qualité aux quadruples champions de France.

Une pancarte « Fiers d’être Lyonnais » déployée par le virage sud dans leur dos, les Lyonnais, leur capitaine brésilien en tête, attaquent la rencontre tambour battant. Dès les premiers instants, le natif de Pernambuco fait taire les critiques qui ont suivi ses performances depuis quelques rencontres. Trois éclairs en 6 minutes suffisent à Juninho pour redevenir Juni. Un passement de jambes « juninhiesque » (2e) suivi d’une magistrale feinte de frappe enchaînée par un tir font renaître l’idole de Gerland en même temps qu’ils annoncent un match au rythme de Samba. Le maestro auriverde ne tarde pas à confirmer. Faisant sienne une entame de rencontre que les Lyonnais dominent physiquement et tactiquement, le numéro 8 des Gones trouve l’ouverture sur un coup franc à l’entrée de la surface (8e). Il ouvre son compteur but dans le championnat 2005/2006 d’une somptueuse frappe enveloppée qui vient mourir au ras du poteau de Tony Heurtebis, remplaçant de luxe d'un soir d’un Michael Landreau expulsé mercredi contre Troyes. Malgré cette ouverture du score précoce, les hommes de Gérard Houllier ne renient pas leurs velléités offensives. Fred effleure la lucarne (14e) et Karim Benzema, profitant de sa titularisation à la place de Tiago, fait feu de tous bois. Trop court (24e, 28e et 30e), trop sur le gardien après un double une-deux avec Fred (32e), au ras du poteau (39e), le jeune attaquant olympien pose les fondations d’un match qu’il compte bien marquer de son empreinte.

Solides grâces aux interventions énergiques de Cris (10e, 18e, et 21e), les Lyonnais s’appuient sur leur bloc défensif pour maintenir sous l’eau la tête de bien pales Canaris. Au fil des minutes, la complémentarité entre Florent Malouda et le revenant Eric Abidal permet aux Gones de presser une défense nantaise sous pression et sur un nouveau coup franc côté gauche de Juninho, « Djila » Diarra bénéficie d’une détente « galactique » de Wiltord pour doubler la mise (34e). Tony Heurtebis n’a pas le temps de laisser refroidir les gants que Florent Malouda, fraîchement libéré de ses dernières tâches défensives, délivre une frappe surpuissante (39e). Il est bien vite imité par son capitaine. Dans tous les bons coups depuis le début de la rencontre, Juni frappe sur le portier nantais après une remise en talonnade de Fred, "Roi des une-deux " (44e).

Nantis de deux buts d'avance au terme d’une première mi-temps parfaitement maîtrisée, les hôtes de Gerland entament la seconde période comme ils avaient terminé la précédente. Djila voit le cadre se dérober (52e) mais pas Fred qui après un nouveau corner de Juninho profite d’une lumineuse ouverture d’Abidal en direction de Patrick Müller pour corser l’addition du pied gauche et laisser entrevoir une fin de match heureuse (56e). Si le début de rencontre avait été principalement animé par Juninho, l’entame de la seconde période mettra en exerce la farouche envie de marquer qui obsède son compatriote brésilien. A la 65e minute de jeu, il a déjà tiré 4 fois sur le but nantais.

Au cour d’un match à sens unique, les attaquants olympiens multiplient les combinaisons et les gestes techniques : petit pont de Malouda, roulette de Karim Benzema (65e)...
Les hommes de Serge Le Dizet attendent l’heure de jeu pour s’extirper quelque peu de l’étau olympien. Da Rocha permet à Grégory Coupet de réaliser une superbe horizontale après un coup franc à l’entrée de la surface et Diallo réduit le score d’une superbe tête lobée (73e). Une semaine tout juste après son triplé réussi contre Sochaux, il réalise la performance d’inscrire son second but contre les quadruples champions de France après celui inscrit lors du match de coupe de la Ligue. Il prend seul la seconde place du classement des buteurs avec 10 réalisations. Dos au mur, les visiteurs se montrent une nouvelle fois dangereux sur une frappe tendue de Toulalan (79e).

Malgré ce léger instant de flottement, les Lyonnais ne seront plus inquiétés durant les 10 dernières minutes et fêtent avec leur public cette puissance de feu offensive enfin efficace. Les sorties de Juninho (76e) et Karim Benzema (81e) ainsi que la frappe puissante de Fred (90e) suscitent les applaudissements nourris d’un Gerland comblé devant le spectacle offert par ses protégés.

3 buts à 1. La victoire est belle. Avec un Juni retrouvé et un Fred de nouveau buteur, les bonnes nouvelles sont nombreuses entre Rhône et Saône. Grâce à ce succès, les protégés du président Jean-Michel Aulas reprennent 10 points d’avance sur leurs dauphins bordelais. L’Olympique Lyonnais était attendu à la veille de leur rendez-vous européen. Sa capacité à répondre présent constitue bien le principal enseignement de cette très riche soirée.
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