masculins / Bordeaux 1 - OL 3

L'OL en patron

Publié le 07 octobre 2007 à 20:26 par BV

Depuis plusieurs saisons, les Lyonnais ont pris la bonne habitude en championnat de France de ne rien lâcher. Et surtout pas leur place de leader. Vendredi, les Nancéiens avaient pourtant placé la barre très haut en ramenant de Monaco un succès 3 buts à 1.

Pour conserver leur trône, les Lyonnais devaient donc faire aussi bien. Ils y sont parvenus sans trembler. Très logiquement même, tant ils ont dominé leur sujet et des Girondins impuissants.

Les hommes d’Alain Perrin ont tout simplement réduit au rang de simples faire-valoir les troisièmes du championnat et candidats déclarés au podium final. Ce n'est pas là une performance anodine. On s’étonnera tout de même, sans relativiser la production des Lyonnais, de la triste prestation offerte par les coéquipiers d’Alou Diarra. Battus dans les duels, peu inspirés offensivement, guère plus vigilants défensivement, ils ont semblés très éloignés du groupe qui avait tant embêté les joueurs de Gérard Houllier en début d’année 2007. Gênés par le pressing lyonnais, en difficulté à la récupération, ils ne se sont procuré qu’un minimum d’occasions, bafouillant leur football, à l’image de cette incompréhension entre Jussié et Fernando sur un coup franc excentré de Wendel (45e). Ils ont attendu les vingt dernières minutes pour pousser et inquiéter l’arrière garde rhodanienne. Bien trop tard. Et ce n’est pas la réduction de Jussié en toute fin de match qui y changea grand-chose (86e).

A l’inverse, les Lyonnais ont déroulé, retrouvant liant et réussite en attaque, et une solidité égarée mardi en défense. En début de rencontre, ils surent s'appuyer sur la précision des coups de pieds arrêtés de Juninho. Après une faute de Diawara sur Benzema, le Brésilien déposa le ballon sur le crâne de son coéquipier Cleber Anderson. Seul au second poteau, ce dernier n’eut aucun mal à tromper Ramé (5e).
Les Bordelais éprouvaient les plus grandes difficultés à se porter devant le but de Vercoutre en même temps qu'ils laissaient les Lyonnais imprimer leur rythme. Un bien dangereux mélange ! Juninho distilla un nouveau corner sur la tête de Govou. La déviation du numéro 14 olympien heurta la cuisse de Benzema puis la barre transversale avant de rebondir… derrière la ligne de but, sans que monsieur Lannoy n’accorde au meilleur buteur du championnat de France sa dixième réalisation de la saison (11e). Ce n’était que partie remise. Bien lancé en profondeur par Hatem Ben Arfa, l’international français trompa Ramé d’une frappe puissante sous la barre (23e).

A la pause, l’avantage de deux buts était loin d’être usurpé tant les champions de France avaient assuré, réduisant leurs hôtes à la portion congrue : à deux reprises, les coups francs de Wendel s'envolèrent (38e et 41e); dans les ultimes minutes de la première période, d’une frappe écrasée, Fernando permit à Vercoutre d’effectuer son premier arrêt (43e).

Les Lyonnais s'étaient même offert le luxe de gâcher quelques opportunités. De loin, Kim Källström n’accrocha pas le cadre (12e). Sur coup franc à 30 mètres, Juninho l’imita (21e). Fernando sauva devant Benzema qui filait au but (26e). Sur une passe en profondeur de Juninho, Govou perdit son duel avec Ramé (33e).

Les changements tactiques opérés par Laurent Blanc à la pause n’y changèrent rien, et la seconde période démarra comme avait commencé la première. Au sortir d’un une-deux avec Benzema, Hatem Ben Arfa écrasa trop sa frappe (48e). Sur un nouveau coup franc de Juninho, Diawara relâcha à nouveau son marquage et Kim Kälström, esseulé aux six mètres, trompa Ramé à bout portant (60e).

Dans un sursaut d’orgueil, les Girondins offrirent vingt dernières minutes plus conformes à leur statut. Sur un centre d’Alonso, la tête de Diawara s’envola (70e). Obertan contraignit Vercoutre à un arrêt en deux temps (71) et l’arbitre ne leur accorda pas de penalty pour une main de Toto Squillaci (75e). La réduction du score par Jussié intervint trop tard pour infléchir le cours d’une rencontre qui avait depuis longtemps désigné son vainqueur (86e).

Cinq jours après leur lourde défaite à Gerland face aux Glasgow Rangers en Ligue des Champions, les champions de France ont retrouvé le gout du succès et du travail bien fait. Grâce à une rigueur défensive retrouvée, ils ont évité de transposer sur la scène nationale leurs incertitudes européennes, et entamé de ma meilleure des manières série d'octobre essentielle et décisive pour leur avenir.
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