masculins / OL 3 - Lens 0

L'OL joue (bien) le jeu

Publié le 09 mai 2007 à 23:31 par BV

Au moment d’établir les traditionnels bilans de fin de saison, Gervais Martel constatera certainement que le club de son homologue Jean-Michel Aulas ne l’a guère aidé dans sa quête de participation à la prochaine la Ligue des Champions.

Après la correction infligée lors du match aller (4 – 0), les Lyonnais ont remis ça. Certes l’addition est légèrement moins salée mais l’impression de puissance et de maîtrise laissée par les Rhodaniens rappelle à s’y méprendre la parfaite copie rendue à l’automne au Stade Bollaert.

Si d’aucuns craignaient que les hommes de Gérard Houllier ne faussassent le dénouement d’une fin de championnat haletante en « bâclant » la réception d’un des plus sérieux concurrents à la qualification européenne, les Lyonnais ont confirmé, une semaine tout juste après avoir égalisé dans les arrêts de jeu face au PSG, que, bien que déjà sacrés pour la sixième année consécutive, ils ne comptent rien lâcher et souhaitent se montrer dignes de leur rang jusqu’au bout.

Si les hommes de Francis Gillot escomptaient rencontrer une formation démotivée, ils ont probablement été déçus devant les velléités offensives affichées par leurs devanciers au classement. Dans leur intarissable soif de victoire, les champions de France n’auront laissé à leurs visiteurs lensois que douze minutes de répit. Juste le temps pour Karim Benzema de donner le ton de la soirée. Après une succession de passements de jambe, le Brésilien envoya le cuir heurter le poteau droit de Charles Itandje. La balle revint sur Juninho, qui, seul aux six mètres, ne put cadrer sa frappe (12e).
Visiblement désireux d’honorer leur sixième titre, les champions de France ne relâchèrent pas leur pression et touchèrent du bois pour la seconde fois de la soirée. Sur un coup franc de Juninho, la reprise de la tête d’Alou Diarra fut claquée sur sa barre par le portier lensois (17e).

Et l’événement dans lequel certains supporters facétieux n’avaient pas hésité à percevoir la surprise promise par Jean-Michel Aulas arriva : Sidney Govou retrouva le chemin des filets en championnat.
Près d’un an ! Depuis la réception du Mans lors de l’ultime journée de l’exercice 2005/2006. Cela faisait bien longtemps que le natif du Puy-en-Velay n’avait plus inscrit le moindre but en Ligue 1. Même s’il préférait souvent en sourire lorsque son mutisme offensif était mentionné, nul doute que l’international français fut soulagé et libéré lorsqu’il reprit acrobatiquement un centre de Florent Malouda d'un ciseau qui justifierait presque à lui seul une si longue attente (21e).
Et Juninho ne put cadrer sa tentative lointaine (22e). Ce n’était que partie remise. A l’entrée de la surface, Karim Benzema décala le Brésilien dont la frappe enroulée vint se loger dans la lucarne droite de Charles Itandje (38e). Le capitaine rhodanien signant à cette occasion son sixième but en autant de rencontres entre Lyonnais et Lensois à Gerland.
La fête annoncée prenait des allures de démonstration pour Tiago et ses coéquipiers. De cauchemar pour Seydou Keita et les siens. Une bien mauvaise blague qui tourna même à la faute de goût aux yeux du portier lensois, furieux lorsqu’Alou Diarra transforma un penalty obtenu par Tiago juste avant la pause (45e).

A la mi-temps, l’affaire semblait entendue. La seconde période n’infléchit guère un dénouement depuis longtemps rendu prévisible par la faute de Lyonnais bien trop appliqués, qui mirent un point d’honneur à concéder un minimum d’occasions. Dans leur quête de perfection, ils réussirent même la performance de n’en laisser aucune à leurs hôtes.

Karim Benzema manqua à deux reprises de doubler le score (55e et 65e). Il ne manqua que quelques centimètres à Sidney Govou pour reprendre un centre de François Clerc et fêter son second doublé de la saison après celui réalisé avec l’équipe de France contre l’Italie (60e). La frappe puissante de Florent Malouda s’enfuit à droite du cadre (78e). En fin de rencontre, seul face à Itandje, Jérémy Toulalan ne put cadrer son tir (87e).

Au terme de ce succès, l’OL possède 20 points d’avance sur son plus proche poursuivant l’OM. Un chiffre qui pourrait bien lui permettre d’établir un nouvel écart référence au terme de l’exercice. Nouvelle preuve, si besoin en était, de sa domination sur la scène hexagonale.
Reste encore le record de victoires à l’extérieur à aller chercher à Monaco et la réception du FC Nantes, relégué ce soir en Ligue 2, en apothéose pour faire vibrer Gerland une nouvelle fois. On voudrait parfois que les saisons durent un tout petit peu plus longtemps. Comme ça, juste pour le plaisir.
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